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TOUTE L'ACTUALITÉ JAZZ DU QuÉBEC DEPUIS 2003

JazzBulletin   -   jeudi 16 novembre 2017 au jeudi 30 novembre 2017

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Bulletin SJNPRO

Pour les musiciens
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Entrevues avec Hiromi, MISC, Stacey Kent, Kenny Barron, Jacques Kuba Séguin, Frédéric Alarie, Christian Scott - Elena Pinderhugues, Bilal, Joey DeFrancesco et Cyrille Aimée.


Voici nos entrevues avec Hiromi, MISC, Stacey Kent, Kenny Barron, Jacques Kuba Séguin, Frédéric Alarie, Christian Scott - Elena Pinderhugues, Bilal, Joey DeFrancesco et Cyrille Aimée.
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hiromi_spark.jpgLa pianiste virtuose Hiromi et son Power Trio nous présentent Spark, jeudi le 30 juin au Festival International de Jazz de Montréal.
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J'ai parlé avec la pianiste Hiromi tard la nuit dans sa chambre d'hôtel de Melbourne le soir avant son concert au festival de jazz de la ville australienne, elle y jouera avec son Power Trio, composé du bassiste Anthony Jackson et du batteur Simon Phillips. Elle sera au Festival International de Jazz de Montréal jeudi le 30 juin prochain avec ce même projet, 4 ans après sa dernière performance au Festival, elle nous présentera Spark, son 10e album, sorti en avril. On discute de ce qui l'allume, le répertoire du concert, ses influences de plusieurs genres, l'improvisation, le power trio et ses musiciens, la musique et la technologie, avec qui elle aimerait jouer, ce qu'elle écoute, la bouffe et les voyages.
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CT - Hiromi, votre nouvel album, votre 10e, se nomme Spark (étincelle), pour vous, d'où viens l'étincelle?
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Hiromi - "Ça peut venir de plein de choses, car la vie est pleine d'étincelles, c'est à chacun de nous de les trouver. Dans le vie il y aussi les petites étincelles, comme un beau paysage, une bonne conversation, jouer de la musique..."
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CT - Votre musique est un amalgame de rock, de jazz, de classique avec des racines jazz...êtes-vous influençée par tous ces genres?
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Hiromi  - "Je pense que oui, j'ai été élevée avec plein de bonne musique, et quand j'entends de la bonne musique, je suis inspirée. J'écoute du jazz depuis l'âge de huit ans car mon premier professeur de piano était un grand fan de jazz."
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CT - Comment faites-vous l'équilibre entre les parties écrites et les parties "improvisation" de votre musique?
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Hiromi - "Je laisse beaucoup de place pour improvisation. Nous jouons beaucoup et nous voulons être libres et en profiter, on aime pas trop savoir où ça s'en va."
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CT - Parlez-nous du répertoire du 30 juin et de ces musiciens de votre Power Trio : le bassiste Anthony Jackson et le batteur Simon Phillips...
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Hiromi - "On jouera surtout la musique de Spark. Anthony a joué sur mon 1e et mon 2e album comme invité spécial, il joua quelques morceaux et j'ai toujours voulu faire un album complet avec lui, on en avait parlé pendant des années et en 2010 j'ai senti que c'était le bon moment. J'ai donc commencé à écrire la musique en imaginant ce trio et le plus l'écriture avançait, plus le son du batteur se concrétisait dans mon esprit. J'avais pensé à Simon, Anthony et Simon on joué ensemble pendant des années. Anthony trouvait que c'était une bonne idée, j'ai donc contacté Simon et il était très excité par ce projet. Le Power Trio existe depuis maintenant 6 ans et 4 albums."
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CT - Comment voyez-vous l'avenir de la musique avec la technologie et Internet?
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Hiromi - "Quoique j'en pense, ça ne changera pas grand chose. Le seul chose qui ne change pas sont les concerts. Évidemment ça n'aide pas la musique quand elle complètement gratuite car vous savez faire de la musique coûte des sous, enregistrer, étudier, etc...Quand la musique est consommée gratuitement et qu'on la prends littéralement pour acquise, ça nous fait mal.
Si par contre ça deviens un tremplin pour l'artiste et que ça ouvre des portes et que ça attire un public aux concerts, les concerts c'est tout de même un élément très important pour les musiciens, de plus en plus, bien c'est une bonne chose.
"
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CT - Si vous pourriez jouer avec n'importe quel artiste, mort où vivant, ça serait qui?
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Hiromi - "Frank Zappa."
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CT - Quelle musique écoutez-vous actuellement?
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Hiromi - "J'ai acheté de la musique de Frank Zappa par son site web et je viens de la recevoir, c'est ça que j'écoute ces jours-çi."
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CT - J'ai visité votre blog et pour chaque concert important il y une photo du concert et toujours une photo d'un repas, est-ce que bien manger et être en santé important pour vous où vous aimez simplement la bonne bouffe?
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Hiromi - "J'adore le bonne bouffe. Nous voyageons tellement et avons pas le temps et d'occasions de visiter les villes où nous jouons, donc la bouffe du pays me fait vraiment sentir comme si je voyageais. On est beaucoup entre l'hôtel, l'aéroport et la salle de concert, on rencontre aussi le public dans tous ces pays où nous jouons. Mais c'est encore mieux lorsqu'on peut goûter aux plats typiques de ces lieux, comme la paella en Espagne ou le spaghetti vongole en Italie.  Là j'ai vraiment l'impression de voyager."
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Entrevue : Claude Thibault
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Hiromi
Jeudi le 30 juin 2016 - 20h
Plus plus d'informations sur ce concert, cliquez ici
Pour voir l'EPK de Spark EPK, cliquez ici
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entrevuemisc.jpgMISC - entrevue et musique - en concert dans la série Jazz d'ici, à L'Astral, dimanche le 2 juillet.
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Nous avons rencontré la formation MISC, ex-Jérôme Beaulieu Trio et discuté, entremêlé d'extraits de Messenger, Respirer dans l'eau et Les années molles de leur lancement du ce printemps à la Sala Rossa.

Avec Jérôme Beaulieu (piano), William Côté (batterie) et Philippe Leduc (basse) et on discute de ce nouveau nom et de leur cheminement, le lancement et leur public de 7 à 77 ans, leur vision de la musique, leur version de Respirer dans l'eau (de Daniel Bélanger), la barbe de William, la fougue de Philippe, Les années molles et le climat social du Québec selon Jérôme...

Pour l'entrevue, cliquez ici

Pour Les années molles, cliquez ici
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Entrevue : Ralph Boncy
Caméra/montage/réalisation : Claude Thibault
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MISC sera en concert, dimanche le 2 juillet dans la série Jazz d'ici, à L'Astral au FIJM 2016.
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stacey_kent_micro.jpgStacey Kent chante Tenderly, dimanche le 3 juillet au Festival International de Jazz de Montréal.
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La chanteuse Stacey Kent nous présente son plus récent CD, Tenderly, au Festival International de Jazz de Montréal, ce dimanche 3 juillet. J'ai eu l'occasion d'échanger par courriel avec Stacey sur ce concert, Roberto Menescal, Brésil, le repertoire, ses musiciens, son amour des langues, et plus...
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CT - Stacey, suite à votre collaboration avec le chanteur/guitariste/compositeur brésilien Roberto Menescal sur The Changing Lights, vous vous retrouvez à nouveau avec Roberto sur Tenderly...comment est-ce différent cette fois-çi?
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Stacey - "The Changing Lights était un album de musique d'inspiration brésilienne et de musique brésilienne. Pendant qu'on travaillait sur ce projet, Roberto a dit qu'il n'avait jamais fait d'album jazz et qu'il aimerait en faire un avec moi. C'est un grand fan de Barney Kessel et il aime beaucoup les disques qu'il a fait avec Julie London. Tenderly est donc la réalisation de cette idée. C'est un album de standards joués dans l'intimité de façon minimaliste. Ironiquement, c'est un projet assez "Bossa Nova" car tout est dans la relation entre la voix et la guitare et la façon de jouer des standards, Roberto, un des pères de la Bossa Nova, y apporte une sensiblité Bossa dans sa façon de jouer le swing et les ballades."
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CT - Qu'est-ce qui vous attire dans le musique brésilienne?  Est-ce la phonétique musicale du language ou plutôt les rythmes suaves de la bossa-nova?
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Stacey  - "Vraiment, un peu de tout ça. Avant même que je comprennes le portugais, car le son de ce language est si lyrique. La musique brésilienne, et plus particulièrement la bossa-nova, possède tous le chromatismes que j'aime dans ses mélodies et harmonies. Il y aussi la connection avec la samba. C'est une musique qui peut exprimer la joie et la tristesse en même temps."
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CT - Parlez-nous du répertoire et du choix des pièces...c'était un choix facile?
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Stacey - "Sur Tenderly le répertoire était surtout le choix de Roberto. If I'm Lucky était mon choix. J'ai toujours voulu l'enregister et c'était l'occasion parfaite."
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CT - Et quelques mots sur les musiciens qui vous accompagnent le 3 juillet et votre complicité...
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Stacey - "A Montréal je serai avec Art Hirahara, un grand pianiste de la Californie qui vit maintenant a New York. Nous jouons ensemble depuis des années. C'est un superbe accompagnateur et soliste. À la basse c'est Tom Hubbard. Tom a joué avec tout le monde. Il a tout un groove et un instinct pour jouer  la bonne chose au bon moment. Aux saxes et flutes vous entendrez Jim Tomlinson! Les gens qui connaissent ma musique connaissent celle de Jim aussi. Nous avons une relation musicale symbiotique, et le dialogue entre nous est constant. En plus d'être musicien dans le groupe, c'est mon producteur de disques et mon arrangeur, et il écrit souvent des morceaux spécialement pour moi. C'est difficile de décrire l'intense sentiment de chanter un morceau qui a été si bien écrit pour moi, sur mesure, par quelqu'un qui vous connait et vous aime. Lui et le romancier Kazuo Ishiguro collaborent ensemble pour moi depuis 2007 sur album de ce moment-là, Breakfast on the Morning Tram. The Ice Hotel est la première chanson qu'ils ont écrit pour moi. Je savais que quelque chose de magique se passait…Tous ces musiciens avec qui je joue comprennent que de jouer avec une chanteuse c'est autant les textes que l'ensemble."
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CT - Vous parlez le français, l'anglais, le portugais, d'où vous viens cet amour et curiosité des langues et des mots?
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Stacey - "Mon grand-père a passé plusieurs années dans le sud de la France et parlais français, j'ai donc appris de lui. Je crois qu'être exposé tôt dans ma vie aux langues développa l'intérêt pas seulement dans les langues mais aussi dans la poésie et aussi de partir dévouvrir ce monde. C'est pour ça que j'aime autant les tournées."
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CT - Si vous pouviez jouer avec n'importe quel artiste mort ou vivant, ça serait qui?
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Stacey - "J'ai rencontré et joué avec plusieurs de mes héros. J'aurais aimé rencontrer et chanter un duo avec Elis Regina."
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CT - Qu'est-ce que vous écoutez sur votre téléphone intelligent ces jours-çi?
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Stacey - "Je serai en concert au Brésil en août avec Marcos Valle, Edu Lobo et Dori Caymmi. J'ai donc beaucoup de chansons a apprendre pour ces concerts, c'est ça que j'écoute ces jours-çi. En plus d'être mon gagne-pain, c'est un réel plaisir. Je n'écoute pas de musique sur mon téléphone par contre, j'adole les livres audio. Je suis justement en train de lire une beau livre nommé Portuguese Irregular Verbs d'Alexander McCall Smith.."
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Entrevue : Claude Thibault
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Stacey Kent
Dimanche, le 3 juillet 2016 - 20h
Pour plus d'informations sur ce concert, cliquez ici
Pour voir la vidéo promo de Tenderly, cliquez ici
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kenny_barron_photo John Sann.jpgLe pianiste Kenny Barron est prêt pour ses trois concerts de la série Invitation au Gesù, avec Lionel Loueke le 3 juillet, Elena Pinderhugues le 4 juillet et son trio le 5 juillet.
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C'est 10h du matin, heure de NY. Kenny Barron répond au téléphone du premier coup, de toute évidence en grande forme. Vingt ans après sa première carte blanche au Festival International de Jazz de Montréal (FIJM), un homme fort occupé et un des maîtres du piano jazz, toujours en quête de nouveaux défis, avec cette année, trois soirs dans la série Invitation du FIJM 2016. En premier dans une de ses formules préférrées, le duo, sur deux soirs (Lionel Loueke 3 juillet - Elena Pinderhugues 4 juillet), et le troisième soir, le 5 juillet, avec son trio.  “Je suis prêt” dit-il, d'une voix rassurante.
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RB - Un chanteur-interprête français de votre génération a déjà dit que s'il n'était pas devenu un musicien rock, il se serait retrouvé en prison pour agitation civile.Que serait devenue la vie de Kenny Barron s'il n'avait joué du piano? Autrement dit, est-ce que vous vous imaginez faire autre chose dans la vie?
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KB - Eh bien aujourd'hui...non! (rires) Il y de ça plusieurs années j'ai envisagé d'autres possibillités. Comme devenir écrivain. J'aimais beaucoup écrire. Je n'ai plus l'habileté maintenant mais à ce moment-là c'était ce que je voulais faire. A part de jouer de la basse, car j'était le contrebassiste au secondaire du  “All-City Highschool Orchestra" de Philadelphie. Ce sont donc les deux seules choses que j'ai sérieusement envisagé plus jeune. Mais aucun des deux ne pouvait m'assurer de bien gagner ma vie. Donc...(il rit doucement).
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RB - Vous êtes un régulier du FIJM depuis le début des années 80. Nous avons retracé votre première présence en 1983 suivi d'une première performance comme tête d'affiche le 29 octobre 1984 à la Bibliothèque nationale. Jusqu'a maintenant vous avez présenté au-dessus d'une trentaine de concerts sur une période de plus de 36 ans et finalement, vous vous offrez ces trois soirées au Gesù dans la série Invitation. Est-ce un cadeau ou plutôt une récompense qui tardait?
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KB - Non non, pas du tout. Je ne vois pas ça comme une récompense. Je suis simplement très content que cette occasion s'est présentée. Ça m'est jamais arrivé de me dire "Oh, je devais faire ça". Je ne connais pas cette salle et je suis très confiant du résultat. Et très reconnaissant et honoré de pouvoir y inviter Lionel Loueke et Elena Pinderhugues.
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RB - Justement, parlons-en de vos artistes invités. Premièrement Lionel Loueke : Il est étonnant!
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KB - C'est un guitariste très intéressant. Pas du tout traditionel. Et il fait plein d'autres choses. Avec son instrument ainsi que sa voix. Jouer avec lui c'est comme partir à l'aventure. Nous avons joué en duo une ou deux fois. C'est bien car son jeu n'est pas standard.
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RB - Qu'est-ce qui le rends si unique et si spécial ? Est-ce son son, sa technique, son approche harmonique? 
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KB - C'est vraiment un peu de tout ça. Il est vraiment incroyable.
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RB - A l'exception de ce que vous avez endisqué avec lui en 2008 sur l'album Traveller, que pouvez-vous nous dire de plus sur ce que vous allez jouer avec lui dimanche le 3 juillet?
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KB - Mmmm…je ne sais pas. Avec Lionel, j'aurai tendance à laisser le hasard nous guider. Et en fait, j'aime plutôt ça. On jouera probablement que des compositions originales, mais tout de même accessibles.
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RB - Parlez-nous d'Elena Pinderhughes. On la connait à peine. Comment s'est produit cette connection?
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KB - Oui en effet...elle commence à se faire un nom dans le millieu. C'est une merveilleuse flûtiste de Berkeley (Californie). C'est son frêre qui m'a parlé d'elle (un des mes étudiants de piano de l'École Juilliard). Elle est venue jouer à New York pour son récital senior et je l'ai finalement entendue. J'étais impressioné...Elle à fait une tournée récemment avec Christian Scott et quelques concerts avec moi. On a joué ensemble au Village Vanguard en décembre pendant une semaine. Et elle est très jeune. Elle est toujours au études au Manhattan School of Music. Vous allez l'adorer. Oh yeah…
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RB - Vous semblez très à l'aise avec des artistes de différentes générations. Est-ce la preuve ultime que votre coeur est demeuré jeune?
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KB - Je crois un peu oui. Vous savez quand on s'entoure de gens plus jeunes, on a toutes sortes d'idées plus jeunes qui émergent. Donc oui ça aide à demeurer jeune et on l'espère, garder la musique vivante et on se coince pas. Ça c'est une chose que je ne veut pas. Je ne veut pas rester coincé.(*)
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RB - Des enregistrements du Trasher Dream Trio avec Gerry Gibbs et Ron Carter, on a le goût de vous demander : Que pensez-vous de la musique populaire d'aujourd'hui -
specialement le soul et R&B - comparée au jazz?
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KB - (Il s'éclate de rire). Ha! Le Trasher Dream Trio! C'était super. Le R&B plus vieux, j'aime. J'en écoute encore. J'ai écouté beaucoup de Rhythm and Blues en venant ici. J'écoutais aussi du Do-wop. C'était la musique des années 50, 60 et 70. Et aussi la pop. J'écoutais Earth, Wind and Fire, des gens comme ça, j'adore ces trucs. J'admets ne pas être un grand fan du hip-hop comme certains jeunes musiciens de jazz.
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RB - Sans en faire une compétition, mais vous êtes juste derrière votre ami Ron Carter comme le "musicien de jazz sur les plus d'enregistrements"...
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KB - (Beaucoup de rires) C'est pas un problème. Je ne le rattraperai jamais. Il est sur tellement d'albums. C'est bon.
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RB - Quels sont vos souvenirs et anecdotes du Quartet que vous aviez avec lui (Ron Carter), Buster Williams et Dan Riley?
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KB - Wow. C'était un super groupe. Beaucoup de succès . Le seul quartet avec deux basses. Ron jouait la basse picolo. Nous avons fait notre 1e enregistrement live au  Sweet Basil de Manhattan, un de mes clubs préférrés.
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RB - Vous avez de l'audace. Devrais-je mentionner les duos précédents avec Jim Hall - Dave Holland - Chucho Valdes - Regina Carter - Stefon Harris?
Le jazz est une adventure, non?
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KB - Oui tout à fait. Le jazz c'est une aventure et on apprend quelque chose dans chaque situation. Pour moi jouer en duo est très difficile. Mais j'aime jouer en duo car c'est tout un défi et c'est très exigeant.
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(*). Kenny Barron a 73 ans et présente trois concerts dans la série Invitation dans le salle du Gesù @ FIJM 2016

Kenny Barron Lionel Loueke - dimanche le 3 juillet 18h.
Kenny Barron Elena Pinderhugues - lundi le 4 juillet 18h.
Kenny Barron avec Kyoshi Kitagama (basse) Jonathan Blake (batterie) - mardi le 5 juillet 18h.
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Entrevue : Ralph Boncy
Photo : John Sann
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jks 150x150.jpgQuelques mots et quelques extraits avec le trompettiste Jacques Kuba Séguin en concert avec Litania Projekt et le Quatuor Bozzini le 8 juillet au FIJM 2016.
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Nous avons rencontré le trompettiste et compositeur Jacques Kuba Séguin qui présente vendredi le 8 juillet, dans le cadre de la série Jazz d'ici au FIJM 2016, un deuxième album avec l'ensemble Litania Projekt, Fred Alarie à la basse, Jonathan Cayer aux claviers et Jim Doxas à la batterie, et ce, en tandem avec le Quatuor Bozzini.

Il nous parle de sa motivation et comment s'est produit cette deuxième mouture du Litania Projekt, en collaboration avec le quatuor à cordes Quatuor Bozzini, l'écriture de cette musique, les mouvements I, II, III et IV de l'Étude des Lueurs, une des pièces importantes de l'album, ses inspirations, le jazz européen et polonais, le mariage entre le jazz et le classique, avec qui il aurait aimé jouer, les musiciens du Litania Projekt et plus...

Jacques nous offre un album grandiose où mélodies sensibles et envolées musicales puissantes se cotoient dans un univers sonore riche et fascinant. À mi-chemin entre l’improvisation et la musique écrite, cet album imagé, voir cinématographique, est une fresque musicale qui, bien que mélancolique, ne sombre jamais dans la tristesse. Dans le processus de composition, il s’est amusé à briser les barrières stylistiques qui définissent parfois la musique classique ou le jazz pour créer une musique sans etiquette, accessible et où les formes attribués normalement à chacun des styles sont inversées.

Sur cet album, les interpètes Alarie, Cayer et Séguin, le noyau de Litania Projekt, sont unis et forts d’une complicité musique acquise au fil des tournées en Allemagne, en Pologne et en Chine réalisées en 2015. Jim Doxas s’est greffé à l’ensemble en apportant des textures rythmiques aux delicats paysages sonores de l’éloquant pianiste qu’est Jonathan Cayer et à la viruosité de Frédéric Alarie.

Entrevue : Claude Thibault

pour voir l'entrevue, cliquez ici

Jacques Kuba Séguin
Litania Projekt
Quatuor Bozzini
Vendredi le 8 juillet 18h à L'Astral
Série Jazz d'ici du FIJM 2016
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fred150X150.jpgFrédéric Alarie, la basse de Scott LaFaro 12 heures par jour et le 6 juillet...
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L’audacieux contrebassiste Frédéric Alarie part sur les traces des somptueuses sonorités du célèbre Scott LaFaro, acolyte extraordinaire de Bill Evans qui a révolutionné le jeu de la contrebasse. S’emparant de la contrebasse de Scott LaFaro, celle-là même qui était dans la voiture lors de son accident mortel il y a 55 ans, il nous conviait à une rencontre musicale hors du temps qui avait lieu le 5 juillet au FIJM 2016.

La contrebasse de Scott a été fabriquée en 1825 par Abraham Prescott à Concord (New Hampshire).  Il a joué avec cette contrebasse jusqu'à sa mort. Elle a été gravement endommagée lors du fatal accident de voiture de LaFaro. Sam Kolstein, luthier, avait rencontré Scott et s’occupait de son instrument. Il avait été grandement impressionné par le talent de celui-ci. Après sa mort, il achète la contrebasse gravement endommagée de la mère de Scott et voulait la remettre en état afin que l’on puisse l’utiliser à nouveau. Mais il a fallu attendre plusieurs années avant que son fils Barrie, luthier lui-même, entreprenne finalement la très difficile restauration de l’instrument mythique qu’il a présenté, restauré, lors de la conférence de l’International Society of Bassists en 1988 à Los Angeles. Depuis Barrie Kolstein a été le gardien du précieux instrument, prêtant celui-ci pour de rares enregistrements.

Bill Evans a dit de la contrebasse Prescott de LaFaro: « It had a marvelous sustaining and resonating quality. He [LaFaro] would be playing in the hotel room and hit a quadruple stop that was a harmonious sound, and then set the bass on its side and it seemed the sound just rang and rang for so long

Le 6 juillet est un date significative pour Frédéric Alarie et ce projet. Scott LaFaro est décédé le 6 juillet 1951, la basse actuelle de Frédéric, La vie et la Mort, du luthier Mario Lamarre, est née le  6 juillet 2013, le jour même que la triste tragédie de Lac Mégantic, et il enregistre un projet avec la basse de Scott le 6 juillet 2016, exactement 55 ans après la mort du célèbre bassiste.
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CT : Comment cette basse s'est retrouvée entre tes mains pour quelques semaines et pour ce concert du 5 juillet au FIJM 2016?
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FA : Le 2 juin 2015, sur l’invitation de Mark Dresser, contrebassiste de renommée internationale et curateur pour la conférence de l’International Society of Bassists (ISB) en 2015, j’ai été invité à donner un concert dans le cadre de la série New Music Summit, série qu’il a lui-même initiée lors de l’édition 2009 de cette conférence. Cette série comprend des ateliers, des tables rondes portant sur l'improvisation et des concerts de musique contemporaine. C’est à la suite de ce concert, donné au Colorado State University que Nicholas Walker, un autre officiel de l'ISB, m’a présenté a Barrie Kolstein, dépositaire de la contrebasse de Scott LaFaro, et qui m’a proposé une opportunité rare, celle de pouvoir jouer sur l’instrument de ce musicien de génie pour n’importe quel projet que je voulais faire. Je pourrai donc découvrir cet instrument mythique et explorer toutes ses possibilités. Scott LaFaro, malgré son jeune âge, possédait un talent exceptionnel et une dextérité éblouissante ce qui lui a permis de révolutionner le jeu sur cet instrument, sa place dans un ensemble de jazz et de développer le caractère et la «personnalité» de cette contrebasse. J’écoute Scott LaFaro depuis mon adolescence et c’est grâce à mon mentor, Michel Donato, qui me l’a fait découvrir et m’a expliqué son jeu et initié à ses enregistrements. LaFaro est un musicien hors du commun qui a eu un impact transformationnel sur toute une génération de contrebassistes, de bassistes et de musiciens, génération dont je fais partie.
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CT : Tu honores Scott LaFaro en présentant pour ce concert un répertoire issu de ses diverses formations, en solo, en trio avec Bill Evans, son quartet avec le trompettiste
Joe Gordon, le quartet de Pat Moran avec la vocaliste Bev Kelly et Ornette Coleman...parles nous de ces diverses formations, le répertoire et ceux qui étaient avec toi le 5 juillet...
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FA : De 1959 jusqu’en 1961, il est membre avec le batteur Paul Motian du Bill Evans Trio. Ce trio est engagé pour jouer durant deux semaines au fameux jazz club Village Vanguard de New York. Le trio faisait beaucoup parler de lui pour son style novateur. Le dernier jour de la série de concerts, le 25 juin 1961, un enregistrement live a été réalisé dans son intégralité pour un éventuel disque; deux albums «Sunday at the Village Vanguard» et «Waltz for Debby» en ont résulté, albums considérés parmi les meilleurs enregistrements de jazz de tous les temps. Cette formation révolutionne l'histoire du trio de jazz. Rompant avec la tradition où contrebassiste et batteur se cantonnaient à un rôle d'accompagnement, les trois musiciens se livrent à une véritable improvisation à trois où les instruments dialoguent de façon égale autour d’une idée musicale commune. C'est cet «interplay» - cette synergie constante entre les musiciens - qui fait la spécificité et la modernité de ce trio. Scott LaFaro est alors un des premiers bassistes à s'échapper de la «walking bass» pour se livrer à un échange constant avec le soliste. C’est la technique prodigieuse de LaFaro qui a rendu possible ce changement. LaFaro est mort dans un accident d'automobile le 6 juillet 1961 à Flint (New York) quatre jours après avoir accompagné Stan Getz au Newport Jazz Festival. Sa mort est survenue à peine dix jours après les enregistrements du Village Vanguard avec le Bill Evans Trio. La mort de LaFaro a causé un véritable choc à Bill Evans qui était, selon le batteur Paul Motian, assommé par la peine, dans un état de choc tel «qu’on l’aurait pris pour un fantôme» forçant Evans a faire une pause après la mort de LaFaro pour une période de plusieurs mois. Quelques mois avant, le 21 décembre 1960, il enregistrait aussi au sein du double quartet d'Ornette Coleman le disque qui allait ouvrir une nouvelle direction pour le jazz : «Free Jazz: A Collective Improvisation».

J’ai donc choisi de jouer en solo, ainsi qu'en trio, quartet, quintet et sextet pour un résumé de musique d’ensembles - et le répertoire - avec lesquels Scott a joué.
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NDLR : Il était en concert avec Sonia Johnson, voix / John Roney, piano / Ron Di Lauro, trompette / Samuel Blais, saxophone / Andre White, batterie
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CT : Un basse d'une telle valeur se transporte comment? Par avion, par transport, comment?
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FA : Je suis allé la chercher au Collège Ithaca (New York) en voiture et l'ai ramenée il y a quelques jours de la même façon.
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CT : Tu as également une suberbe basse de Mario Lamarre (La Vie et la Mort) construite en 2013 qui a magnifique son...comment vivras-tu le retour à ta basse originale?
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FA : Oui, et cette basse a gagné deux prix de la conférence ISB ; un "Howard" et le “Convention Favorite” a la compétition de luthiers. J’ai eu le privilège de jouer douze heures par jour pendant 3 semaines avec la contrebasse de Scott LaFaro. Je reste transformé (musicalement) a vie par cette expérience. 
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CT : Est-ce qu'il y a eu des enregistrements avec la basse de Scott?
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FA : Oui! c'est fait, j’ai enregistré un album solo avec quelques invités sur 2-3 morceaux.
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Voici deux extraits du concert du 5 juillet 2016, à l'Astral.

En quintet avec Sonia Johnson, John Roney, Ron Di Lauro, Andre White - You Don't Know What Love Is - c'est ici
En quartet avec Samuel Blais, John Roney, Ron Di Lauro, Andre White - Solar - c'est ici

Entrevue : Claude Thibault
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christian 150.jpgLe trompettiste Christian Scott, la flûtiste Elena Pinderhugues et la magie de jouer Stretch Music à Montréal.

Nous avons rencontré le trompettiste et bandleader Christian Scott qui était au Gesù pour trois soirs dans la série Invitation. Il s'est pointé avec la flûtiste et vocaliste Elena Pinderhugues qui se joint à lui pour les trois soirs, le premier le 30 juin, qui présentait son projet Christian Scott aTunde Adjuah, ensuite le 2e soir avec le guitariste Charlie Parker le 1e juillet et finalement la vocaliste Lizz Wright le 2 juillet.

On a discuté de son plus récent prix Rising Star Composer issu du 64th DownBeat Critics Poll pour son travail de composition, les reconnaissances professionelles Elena et son jeu de flûte, son frêre Samora (au piano et claviers), la musique dans sa famille, le fait qu'elle à l'occasion de jouer dans deux séries Invitation au Gesù (elle a également jouée avec Kenny Barron), sa définition - et celle de Christian - de Stretch Music, la relation privilégiée de Christian avec Montréal, son 1e concert au Festival en 1999 avec son grand-oncle Donald Harrison Sr. et son propre groupe en 2008, la magie de jouer à Montréal, son dernier CD Stretch Music, les titres des pièces et leur signification sociale, son point de vue sur la politique de construction de murs en opposition à l'unification des gens.

Entrevue : Ralph Boncy et Claude Thibault

Pour voir l'entrevue (en anglais) avec quelques extraits, c'est ici
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bilal_150X150 pour primeur.jpgNotre rencontre avec l'artiste R&B / nu soul Bilal au FIJM 2016, quelques heures avant son concert du 6 juillet au Club Soda.

Avec l'artiste R&B / nu soul Bilal, on discute de Soul Sista de son 1e disque 1st Born Second, ce qui arriva en premier, le classique ou le jazz, comment il a commencé à chanter dans les églises, comment il sent dans le millieu R&B / nu soul, l'histoire derrière le titre de son dernier In Another Life et son état de conteur d'histoires, quelques autres titres et vidéos tels Money Over Love (avec Kendrick Lamar) de In Another Life, la vibe de l'album, l'utilisation de technologies d'enregistrement analogue, et son passage à LA.

On poursuit sur sa collaboration avec Adrian Young après South by Southwest (SXSW) et ses jams avec lui, comment la critique l'a encensé pour son groove nu soul mais c'est plutôt old school et nu soul, on parle encore de Bury Me Next To You qui en fait est une tendre chanson d'amour, et Holding It Back, inspiré du Kama Sutra, son travail avec Robert Glasper et Kendrick Lamar, l'avenir du hiphop et sa conscience qui refait surface.

Pour l'entrevue, c'est ici

Entrevue : Ralph Boncy et Claude Thibault
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joey 150.jpgL'organiste Joey DeFrancesco nous parle de son dernier album Trip Mode et pourquoi il se nomme ainsi, What's Your Organ Player's Name inspiré par un moment Miles Davis, et plus...

On discute avec l'organiste Joey DeFrancesco au sujet de son dernier album Trip Mode, pourquoi il l'a nommé ainsi, le nom des pièces Who Shot John et What's Your Organ Player's Name, inspiré par un moment Miles Davis, le fait qu'il joue autre chose que l'orgue, (il joue d'autres claviers, la trompette et chante), comment il changea la façon de jouer l'orgue, les qualités du fameux "organ trio", son trio du dernier 18 mois avec
Jason Brown à la batterie et Dan Wilson à la guitare, l'expérience de jouer avec George Benson, Miles Davis, Jack McDuff et John McLaughlin, ses influences principales - Jimmy Smith et Miles Davis, sa longue domination de l'orgue dans le Downbeat Readers and Critic's Poll, et finalement comment Ralph et sa famille on aimé son album des Fêtes en 2014.

Pour l'entrevue en anglais, c'est ici

Entrevue de Ralph Boncy et Claude Thibault
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cyrille2Entrevue Let's Get Lost avec la merveilleuse chanteuse Cyrille Aimée.

On devait la rencontrer à L’Astral avant leur concert du 2 juillet au FIJM mais tout a déboulé pour la formidable chanteuse Cyrille Aimée et ses quatre musiciens qui arrivaient, ce soir-là, des États-Unis. Chose promise, chose due, cette fille pleine d’humour et débordante de bonne humeur nous a donc accordé une entrevue par téléphone au retour de sa tournée européenne par un jour de véritable canicule newyorkaise.
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RB - Quel temps fait-il à New-York?
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CA - Très, très, très, très...très chaud!...
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RB - Cyrille, est-ce un prénom répandu en France? Il semble qu’en Amérique il est plus fréquemment masculin que féminin ; avec ou sans les deux “l”
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CA - Oui, en fait c’est les deux. Mais vous avez raison, il est plus commun chez les hommes.
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RB - Vous n’avez rien d’un garçon manqué,en tout cas.
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CA - Ah! (flattée, elle rit de bon coeur) Ben, merci!
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RB - Vous avez attaqué votre concert du FIJM avec des pièces de Stephen Sondheim (US), suivi de Georges Moustaki (FR) puis de Juan Luis Guerra (RD). Depuis le temps que je fais ce métier, c’est la première fois que je vois une chanteuse de jazz afficher d’entrée de jeu un tel tiercé gagnant. (NDLR : cliquez ici pour voir notre vidéo de la 1e pièce du concert)
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CA - (Elle rit encore un bon coup) Ouais…C’est vrai que ce n’est pas commun!
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RB - Est-ce là le reflet naturel de votre double nationalité franco-dominicaine émigrée aux États-Unis?
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CA - Ben, j’imagine, oui. Enfin, tout est en moi. Je ne fais pas exprès. Ça fait partie de moi, c’est qui je suis… Du coup, oui! Ça ressort dans ma musique.
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RB - Avez-vous jamais rencontré Juan Luis Guerra ou assisté à un de ses concerts?
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CA - Non, jamais. Mais nous avons fait une vidéo de la chanson Estrellitas Y Duendes qui est sur mon nouvel album - Let's Get Lost - et il l’a publiée sur son facebook. Donc on se connait…de loin.
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RB - Contrairement à ce que vous avez fait auparavant, votre nouvelle formule de scène est un quartette plutôt guitare avec deux virtuoses, l’un électrique, moderne, urbain et l’autre acoustique dans le pur style jazz manouche. Cette combinaison fonctionne vraiment bien; surtout en alternance. Comment avez-vous goupillé tout ça?
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CA - Ben, c’est exactement ce que je voulais. Je voulais des guitaristes qui se complètent. Adrien Moignard, je le connais depuis plus de 15 ans. Je l’ai rencontré au Festival Django Reinhardt qui se tient chaque année à Samois-sur-Seine, dans mon village. Et Michael Valeanu, on s’est connus à New York; on collabore depuis 5 ans. Alors, ça faisait longtemps déjà que je voulais faire un disque avec Adrien mais je ne savais pas quoi. Je savais tout au plus que je ne voulais pas faire un disque exclusivement jazz manouche. Et quand j’ai eu l’idée de mélanger ces styles avec différentes guitares, j’ai appelé Michael et on a commence à travailler tous ensemble sur ce projet.
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RB - Qui vous a appris à scater? Ella, Sarah ou Dee Dee?
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CA - C’est plutôt Ella, je pense…
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RB - J’ai eu l’impression que les chanteuses avaient tendance à faire moins de scat ces dernières années, Comme si c’était soudain mal vu ou que cela appartenait à une autre époque. Comme si le scat avait besoin qu’on le défende contre une espèce de préjugé…
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CA - Peut être, oui. Enfin, j’imagine qu'après Ella Fiitzgerald, c’est difficile d’oser. Le scat, c’est pas comme prendre un instrument et puis jouer des notes. Il faut vraiment oser. C’est profond, c’est compliqué, ça ne s’apprend pas comme ça. Y`'a pas un dictionnaire du scat, par exemple. Mais moi je me fous un peu de si j’ai le droit de le faire ou pas. J’adore le faire et je m’amuse TROP! Pour moi, le scat c’est la liberté totale. J’adore improviser, j’adore écouter les garcons improviser à leur tour. Pour moi, c’est un bonheur à chaque fois, quoi!
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RB - Quelle est la chanson la plus difficile que vous ayez eu à interpréter? Une qui représente un vrai défi ou un casse-tête, un truc qui vous a fait hésiter…
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CA - Y en a plusieurs. Pour plein de raisons différentes. Mais si je ne le sens pas, je ne le fais pas. De toute façon, reprendre des classiques - quels qu’ils soient - c’est toujours délicat. Qu’il s’agisse du répertoire jazz ou de celui de Michael Jackson, ou de Piaf, comme vous le disiez tout à l’heure. Celles-là, ce sont les plus difficiles. C’est pour cela qu’il faut vraiment, toujours faire sa version, sa propre version, et se détacher de l’original.
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RB - Il faut dire, par ailleurs, que vous avez commencé à signer vos propres textes sur cet album. Comptez-vous continuer à faire cohabiter les standards avec vos nouveaux textes?
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CA - Oui, tout à fait. J’ai envie d’écrire, et de plus en plus. C’est exactement ce que j’ai envie de faire.
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RB - Là, vous venez de passer 10 ans à New-York…
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CA - J’y suis toujours!
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RB - Vous ne comptez pas déménager?
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CA - En fait si! Je vais déménager en mars prochain pour la Nouvelle-Orléans. Ça va être la prochaine étape. Mais je vais toujours revenir à New York.
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RB - Le nouvel album “Let’s Get Lost” est bien reçu partout?
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CA - Oui, on joue sans arrêt et les gens apprécient, ils sont contents. Nous, on s’amuse beaucoup ensemble. Il y a une grande complicité. Et, en plus, on est fiers de ce qu’on défend.
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RB - Question de culture générale: comment appelle-t-on les habitants de Fointainebleau?
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CA - Des Bellifontains!
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RB - Êtes-vous une fière Bellifontaine?
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CA - Je suis née à Fontainebleau mais je n’y ai jamais vécu. J’ai grandi à Samois-sur-Seine. Je suis samoisienne! C'est mon village.
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Pour notre vidéo de Live Alone And Like It (de Stephen Sondheim) capté le 2 juillet, c'est ici
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Propos recueillis par Ralph Boncy.
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