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JazzBulletin   -   jeudi 18 juillet 2019 au mercredi 31 juillet 2019

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2 entrevues ET 11 extraits vidéos : Le bassiste Rémi-Jean LeBlanc lance Déductions avec le guitariste Nir Felder et plus - Le saxophoniste alto David Binney et son Alhambra Quartet, une référence a un quartier de Los Angeles.


Voici nos entrevues avec le bassiste Rémi-Jean LeBlanc et le saxophoniste alto David Binney et nos 11 extraits vidéos de l'Ensemble Rémi-Jean Leblanc, Sylvain Provost et Norman Lachapelle, Jérôme Beaulieu et François Jalbert, Mike Stern / Randy Brecker Band avec Dennis Chambers et Tom Kennedy, Herbie Hancock Quartet, Mark Guiliana Quartet, Dr Lonnie Smith Trio et Chris Potter, Dominique Fils-Aimé, Vincent Peirani et Émile Parisien, Steve Kuhn Trio et le David Binney Alhambra Quartet en direct du  Festival International de Jazz de Montréal 2018.

Pour voir ces 11 vidéo en format playlist sur YouTube - c'est ici
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RJ Leblanc Deductions 150x150.jpgMaître de son instrument, Rémi-Jean LeBlanc affiche une décontraction déconcertante tandis que ses doigts volent sur le manche avec une dextérité hors du commun. Le prodige de la basse revient à la tête d’un quartette avec l'excellent guitariste Nir Felder - pour interpréter les pièces de son nouvel album, Déductions.
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CT - Rémi-Jean, comment le jazz as-t-il commencé pour toi ?

Rémi-Jean - À Moncton quand j'avais 10-11 ans j'écoutais du Nirvana, du Green Day, et du Smashing Pumpkins. J'ai commencé à jouer avec le trompettiste Roland Bourgeois (père du batteur Al Bourgeois et du saxophoniste André Bourgeois - un vrai acadian jazz mob), il voulait faire un band avec ses fils et cherchait un bassiste. Donc pendant 4 ans tous les mardis on pratiquait et on jammait dans son soul-sol, je slappait et je commençais à improviser. Roland nous donnait des cassettes à écouter et pour pratiquer et il m'avait fait des cassettes de jazz, comme Steve Swallow, beaucoup de Paul Chambers et un band canadien, Metalwood. Roland m'a appris à jouer avec les formes et structures et l'improvisation. Je me souviens d'avoir repiqué des solos de Jean-Pierre Zanella! À 17 ans je suis venu à Montréal pour étudier à l'Université de Montréal.
 
CT - Basse ou contrebasse ?

Rémi-Jean - C'est quasiment égal. Je m'identifie un peu plus à la basse électrique mais j'ai déjà eu des périodes de contrebasse seulement. Ça dépends des projets.  Sur Déductions je joue 2 pièces sur la contrebasse et 5 sur la basse électrique. Mon coeur est un peu plus sur la basse électrique.

CT - Déductions c'est ton 3e album après Neufs histoires plus ou moins courtes pour sept musiciens en 2013 et Ensemble Rémi-Jean LeBlanc en 2009...comment tu le décrit et comment ça s'est préparé et enregistré?

Rémi-Jean - C'était pas vraiment planifié. C'est pas un album conceptuel non plus. C'est comme un aboutissement, au niveau des pièces et du répertoire ce sont des morceaux qui existent depuis 5-6 ans que j'ai travaillé et retravaillé et retravaillé...Je sentais que j'avais une batch de tounes que j'aimait beaucoup. A la fin de l'été passé j'ai décidé que j'allais enregistrer. Il y avait aussi le contact avec le guitariste Nir Felder, on avait joué ensemble à L'OFF Jazz 2017 et au Upstairs en 2016 et on avait gardé le contact. Je lui ai demandé s'il voulait venir jouer avec moi à Montréal et il a accepté. Je me suis dit que c'était une bonne occasion  d'enregistrer avec lui et aussi le FIJM me proposait un concert pour souligner ce nouvel album.

Chanson pour CJ / Déductions / Guidoue / Shanghai / Talk Loud Not Soft / You Do You / Music Will Always Be Your Friend
Miniature No.1 / Miniature No.2 / Miniature No.3


CT - Donc Déductions, jeudi le 28 juin à l'Astral pendant le FIJM avec le guitariste Nir Felder, le pianiste Rafael Zaldivar et le batteur Samuel Joly...on peut s'attendre à quoi comme vibe?

Rémi-Jean -  Il y aura comme un côté jazz/rock que j'ai, et Nir aussi, c'est sur, et Sam aussi, il joue avec Fred Fortin, Marie-Mai etc. Un peu ambiant aussi. J'aimerais jouer un show qui n'est pas nécessairement une toune après l'autre, on va peut-être faire des segue (enchainement d'une pièce à une autre sans pause) et des vamps (forme musicale qui se répète). Une longue pièce ou comme un suite. Donc rock, mais jazz aussi, un peu ambiant, beaucoup d'improvisations, des interludes, des fois juste la basse, des fois juste la guitare, extravagant, groovy, intense.

CT - Qu'est-ce que tu vas chercher à NY comme musicien?

Rémi-Jean - Le niveau de musicalité est vraiment super haut. C'est super inspirant. Tu passes une semaine là et tu reviens super énergisé, t'est toute wired. Il y comme un animal sauvage qui est indomptable, il y a tellement de drive, c'est attirant. J'aime bien le Small's, le 55 Bar et ma place préférré le Cornelia St. Bar.  Quand il y un bon show au Vanguard j'y vais aussi. La semaine passée j'ai vu le trompettiste Keyon Harrold au Blue Note. (Il sera au FIJM).

CT - Comme bassiste tu cherches quoi dans un batteur?

Rémi-Jean - C'est difficile à dire en mots. Ça viens beaucoup de la conception du temps, où tu places ta note dans la pulsation, il y a des musiciens qui ont tendance a feeler le note un peu en avant, et d'autres un peu en arrière, et d'autres directement dessus. Le bassiste et le batteur doivent le feeler au même endroit. C'est un peu indescriptible. Avec Sam Joly par example ça fonctionne incroyablement bien, on feel tellement les mêmes choses, le drum est grounded mais il a tendance a pousser vers l'avant avec les cymbales, il a un feel super particuler Sam. Tout le monde cherche un batteur exceptionel. Le phrasé du batteur peut changer complètement le son d'un band.

CT - Des bassistes que tu écoute?

Rémi-Jean -  Meshell Ndegeocello, Sam Wilks avec Knower, Tim Lefebvre.

CT - Et après le FIJM qu'est-ce qui se passe?

Rémi-Jean - Je m'en vais faire du camping!

CT - Tu écoutes quel musique dans l'char?

Rémi-Jean - Guillermo Klein, Nate Smith, de la musique émergente...

CT - Tu as joué avec plein de super-bon musiciens, tu pourrais partager un moment musical WOW! que tu as eu avec nos lecteurs?

Rémi-Jean - Avec le saxophoniste Ben Wendel à L'OFF Jazz en 2017 et au Upstairs 2016 avec Rafael Zaldivar et Greg Richtie, il y avait tellement de feu! Aussi en 2011 avec Sam Joly, Yannick Rieu et Rafael Zaldivar, c'était un projet de de Yannick avec plusieurs concerts, c'était comme mon dream band.

Pour voir notre vidéo de Guidoue que nous avons capté de Rémi-Jean LeBlanc avec Nir, Rafael et Samuel au FIJM 2018, c'est ici

Rémi-Jean LeBlanc
Nir Felder Rafael Zaldivar Samuel Joly - Déductions
Jeudi le 28 juin 18h
La série Jazz d'ici à L'Astral - pour en savoir plus  www.montrealjazzfest.com

Déductions
sur iTunes et Spotify
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Entrevue : Claude Thibault
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David Binney interview.jpgLe saxophoniste alto David Binney et son Alhambra Quartet, une référence a un quartier de Los Angeles, avec le pianiste Luca Mendoza, le bassiste Logan Kane et le batteur Nate Wood au Gesù dans la Série Jazz dans la nuit, jeudi le 5 juillet au 39ième Festival International de Jazz de Montréal.

J'ai discuté avec David Binney de sa demeure de Los Angeles au sujet de son retour à Los Angeles de NY, la différence entre le millieu de la musique de LA et de NY, comment il a crée l'Alhambra Quartet, ce qu'ils vont jouer jeudi le 5 juillet, ce qu'il aime le plus de la musique, ce qu'il aime le moins de la musique, sa reconnaissance comme compositeur, quelques jeunes saxophonistes prometteurs, ce qu'il entendit jeune qui l'a allumé au jazz, les autres instruments qu'il aimerait jouer, son saxophone, ce qu'il écoute en conduisant et un moment musical WOW qu'il a eu.
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CT - Comment s'est crée l'Alhambra Quartet?

David - Ça fait longtemps que je joue avec le batteur Nate Wood, pendant plusieurs années à NY, et a Los Angeles avant son départ pour NY. Je voulais faire quelque chose avec Nate à Montréal. Je viens de revenir à Los Angeles après plusieurs années à NY et depuis que j'y suis, j'ai joué avec beaucoup de jeunes musiciens, il y un toute nouvelle génération de musiciens très actifs à Los Angeles. Il y eu comme un déclin à NY dans le millieu du jazz et de arts, c'est devenu très dispendieux et beaucoup viennent ici. Aussi beaucoup de jeunes musiciens du Monk Institute et de l'USC restent ici après leurs études. J'ai donc rencontré plusieurs de ces musiciens et j'ai joué avec eux. Comme le bassiste Logan Kane qui viens d'avoir 21 ans et qui est fabuleux. Aussi Luca Mendoza, un superbe pianiste de 19 ans et le fils du fameux musicien Vince Mendoza - Vince vous le dira, Luca a tout un son et est impresssionant. J'ai donc voulu rassembler ces jeunes d'ici, c'est le son que j'entendais et c'était bon. Ça va être un super concert. Originalement c'était un trio mais j'ai ajouté Luca, ça serait donc super si ça se savait et que Luca sera de la partie. Et je voulais amener un band de Los Angeles au concert de Montréal.

CT - Alors vous jouerez quoi jeudi le 5 juillet au Gesù?

David - Beaucoup de nouvelle musique écrite depuis le dernier album. Peut-être une pièce du dernier album et quelques pièces de Luca. Une pièce qu'il a écrit sur un discours d'un prof de Columbia, Cornel West et une autre qui est un morceau odd time qui change beaucoup et qui est très bon. D'autre pièces de moi, peut-être une pièce de Logan. Et peut-être des pièces venant de d'autres albums précédants. Beaucoup d'improvisation, des solos, beaucoup de variété.

CT - Ce que tu aimes le plus de la musique? la créativité ? la rencontre avec les musiciens ?

David - Oui tout ça et plus. Je ne sais pas pourquoi mais ça m'attire et ça me semble être la bonne chose à faire. C'est comme une addiction, j'aime composer, j'aime produire et jouer de la musique, c'est comme la bonne chose à faire avec ma vie, de présenter la musique au public et que le public l'apprécie. C'est quelque chose de positif, ça contribue de façon positive à notre société. Aussi ce qui est vraiment super c'est tout ce monde que j'ai rencontré dans la musique, ils sont ouverts d'esprit et créatifs. c'est aussi l'occasion de voyager comme à Montréal, que je n'aurai pas connu sans la musique.

CT - Ce que tu aimes le moins de la musique?

David - Ce que j'aimes le moins comme dans le vie en général : la célébrité. L'adulation de certaines personnes pour une musique ou un musicien comme étant le meilleur quand en réalité ce n'est pas du tout le cas. Et ça impacte la quantité de nos concerts et engagements vers le bas. C'est aussi une des raisons qui m'a motivé à revenir à Los Angeles. Il y beaucoup de chicanes de clocher à NY parce que c'est si dispendieux et qu'il y moins d'occasion de jouer et ça peut créer une drôle de situation ce que je sens moins ici. On a vraiment un super band que le public aimerait mais on n'est pas engagé et remplacé par d'autres, et quand on voit c'est qui on est estomaqué. A NY a un moment donné j'ai même arrêté de chercher des engagements, j'ai plutôt joué comme sideman, été producteur et mettais ma musique sur Bandcamp.

CT - Ton travail de composition est-il méconnu?

David - Definitivement. Si tu regardes l'influence que mon South band a eu sur plusieurs groupes, si tu écoutes la musique de certaines pièces spécifiques tu peut entendre l'influence. Beaucoup de gens du millieu universitaire a un moment donné ont entendu ma musique et elle devenue assez populaire dans le millieu collégial. Donc oui peut de reconnaissance et je ne suis pas le seul à la dire. Demandez à Chris Potter, Craig Taborn et Brian Blade et ils vous diront la même chose. Peut-être à ma mort dans mon euloge. La politique et les labels font aussi partie de l'équation. Dans le cas de Blackstar, le band de Donny McCaslin avec David Bowie,  ça n'aurait pas eu lieu sans moi et la presse ignora ce fait. Donny ne voulait d'un projet électrique et j'ai du le convaincre, j'ai monté le band, je lui ai dit qui embaucher, j'ai écrit plusieurs compositions mais aucune notorieté.

CT - Quelques jeunes saxophonistes prometteurs?

David - Des jeunes musiciens comme Shai Golan, originalement d'Israël, il a étudié au Manhattan School of Music, j'ai beaucoup joué avec lui au 55 Bar de NY, il a étudié avec Donny McCaslin et Donny disait qu'il ne savait pas quoi lui montrer, il voulait plutôt lui poser plein de questions, alors a surveiller.Henry Solomon qui est aussi ici fait des choses intéressantes. Un autre très bon joueur est Josiah Boornazian, et ils sont tous ici à LA.

CT - Qui as-tu écouté plus jeune qui t'alluma au jazz?

David - J'avais 12 ans et je me souviens du jour exact. Mes parents étaient des amateurs de jazz et avaient une collection d'albums de jazz. J'écoutais du Hendrix et du Sly and The Family Stone et des choses comme ça. Ils étaient dans l'autre pièce et écoutaient la télé et j'écoutais My Favorite Things de Coltrane et un saxophoniste de LA, John Klemmer, qui jouait un peu dans le genre free jazz. Dans les années 80 il avait lancé l'album Touch. J'avais dit à mes parents que je voulais devenir saxophoniste et ils avaient dit ok, on verra ce qu'on peut faire. Deux semaines plus tard j'avais un saxophone et et un prof, à l'école secondaire où j'allais on me permettait de terminer mes cours 15 minutes avant les autres pour aller dans une autre pièce apprendre avec le prof. A 14 ans je savais déjà que je voulais aller vivre à NY et jouer de la musique et suis revenu de NY l'an passé. Ma mère était intensément fière, elle jouait mes albums, et tout ce qui paraissait dans la presse était encadré. Elle était une immense supporteure.

CT - Quel autre instrument aimerais-tu jouer?

David - Probablement le piano pour pouvoir y jouer plus qu'un note à la fois et pour l'écriture, mais plus probable serait la basse électrique, j'en ai une et j'en joue un peu. Peut-être la batterie, j'en ai une aussi mais pas de cymbales.

CT - Qu'est-ce que tu écoutes dans l'auto?

David - Il rit. C'est une bonne question car c'est ce que je disais a quelqu'un et ils étaient assez surpris. Les postes de radio de LA sont meilleures que celles de NY, beaucoup de radios universitaires qui semblent assez libre de jouer ce qu'ils veulent. J'aime bien la musique électronique et le rock et c'est surtout ce que j'écoute ces jours-çi. Mais ce qu'écoute depuis environ un mois quand j'embarque dans ma voiture c'est du nouveau country, il y plein de trucs que j'aime la-dedans, les paroles et les textes, la production, le fait que c'est encore des vrais musiciens - comme à Nashville. Il a quelque chose d'innocent que j'aime, beaucoup de musique d'aujourd'hui est sombre et triste mais pas cette musique. On parle de relations, de sortir s'amuser le vendredi soir et des trucs comme ça. Et c'est bon pour conduire.

CT - On jase sax...combien en as-tu et quel est ton préféré?

David - J'ai un saxophone Melody C que j'utilises autour de LA, un soprano mais 99,99% du temps, comme à Montréal, je joue mon alto Selmer Mark VI.

CT - Parles-nous d'un moment WOW que tu as eu en jouant?

David - Il y eu quelques bons concert au 55 Bar de NY, parce que le musique est demeurée fidèle à la vraie improvisation. Il y eu des moments, comme une soirée  avec Nate Wood à la batterie, Matt Mitchell au piano, Matt Brewer à la basse, c'était malade et c'était WOW. Incroyable. Je devrais tous filmer.

Pour voir notre vidéo du concert du 5 juillet au FIJM 2018, c'est ici

Voyez cette superbe video de David Binney à Los Angeles nommée Future Philosophy :

https://www.youtube.com/watch?v=z0ah6qHEWLs&feature=youtu.be

David Binney's Alhambra (LA)
David Binney au sax
Luca Mendoza au piano
Logan Kane à la basse
Nate Wood à la batterie

Jeudi le 5 juillet 22h30 au Gesù
Jazz dans la nuit
Festival International de Jazz de Montréal
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Entrevue : Claude Thibault
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Voyez nos 11 extraits vidéos du Festival International de Jazz de Montréal 2018  - en format playlist sur YouTube - en cliquant ici

Extraits vidéos FIJM 2018.jpg

 



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