Sortiesjazznights.com

English

Annoncez | Contact

TOUTE L'ACTUALITÉ JAZZ DU QuÉBEC DEPUIS 2003

JazzBulletin   -   jeudi 21 septembre 2017 au samedi 14 octobre 2017

Recevez gratuitement le JazzBulletin par courriel ou rss chaque jeudi!

Tous les événements jazz du QC dans les clubs, restos, concerts, bars, cafés et festivals !

RSS

Bulletin SJNPRO

Pour les musiciens
et professionnels
du jazz

Toutes nos 15 vidéos du Festival International de Jazz de Port-au-Prince 2016 !


Visionnez nos 15 vidéos du Festival International de Jazz de Port-au-Prince 2016 dans notre playlist YouTube !!!

papjazz2016























Haitian All Jazz Stars (Haïti/USA)
Oliver Jones Trio (Canada)
Thomas Siffling Trio (Allemagne)
Pauline Jean (Haïti/USA)
Quartet Cor des Alpes + Jah Baba (Suisse/Bénin)
Desir & Fiorini (Belgique)
Pie Grande (Mexique)
Jérémie Jones (Canada) et Tanbou Lakaye (Haiti)
Agustin Moya Trio (Chili)
John Bern Thomas (Haiti) invite Godwin Louis
Chano Dominguez (Espagne)
Omar Sosa et Erol Josué (Cuba/Haïti)
Manu Codjia (France)
Wespè pou Ayiti (Caraïbes)
Mario Canonge et Annick Tangorra (Martinique/France)



Politique, Sparks du Haitian All Jazz Stars, Green Dolphin Street du Oliver Jones Trio et In Motion du Thomas Siffling Trio au 10e Festival International de Jazz de Port-au-Prince (PAP Jazz) !


pauline jeanLa 10e édition du Festival International de Jazz de Port-au-Prince (2016) se démarquera des éditions précédentes non seulement pour la musique mais pour la politique et le climat social. Effectivement, même la politique s'est mêlée du PAP Jazz, son sobriquet, car la date du 2e tour de scrutin des élections présidentielle, le 24 janvier 2016, décidée début janvier, s'est inséré en plein milieu du PAP Jazz prévu du 23 au 30 janvier. De plus, étant donné la situation explosive (manifestations et violence), tous les événements publics du 23 et 24 janvier furent interdits par le gouvernement quelques jours avant le PAP Jazz, compliquant la tâche des organisateurs Joel Widmaier et Milena Sandler.

Situation oblige, un remaniement des dates et des concerts prévus les 23 et 24 fera en sorte que le PAP Jazz débutera officiellement vendredi le 22 janvier avec le pianiste canadien Oliver Jones et son trio, le trompettiste allemand Thomas Siffling, également en trio et pour clôre cette 1e soirée l'unique concert du Haitian All Jazz Stars, un projet de l'organisateur et percussioniste/chanteur Joel Widmaier qui incluait les meilleures pointures de cette vague déferlante de jazz créole d'Haïti.

Cette soirée fort réussie démarra lentement, peut-être un peu à cause des manifestations du jour et d'une circulation chaotique, avec une perfomance à la hauteur des attentes d'Oliver Jones qui nous offra son jazz très swing avec les classiques de son répertoire, accompagné avec brio par le bassiste Éric Lagacé et le batteur Jim Doxas. Pour voir Green Dolphin Street, en direct du PAP Jazz, cliquez ici

Ils furent suivis du Thomas Siffling Trio de Stuttgart, qui joue trompette et flugelhorn, et ses compères Jens Loh à la basse et Markus Faller à la batterie, dans un style très intéressant, planant, des fois minimaliste, un peu électro, contrastant de façon peu banale avec les envolées d'Oliver. Pour voir In Motion, en direct du PAP Jazz, cliquez ici

La soirée se termina sur ce jazz à saveur créole du Haitian All Jazz Stars composé du saxophoniste Godwin Louis, le trompettiste Jean Caze, la chanteuse Pauline Jean, le pianiste Mushy Widmaier (frêre de Joel), le bassiste Jonathan Michelle, le batteur Obed Calvaire, et quelques invités tels le pianiste Réginald Policard, le batteur John Bern Thomas, et l'homme aux multiples chapeaux, l'organisateur/percussioniste/chanteur Joel Widmaïer.

On entendit entre autres, Sparks (J. Caze), Siwel (G. Louis), Gaya Kou (O. Calvaire), I'm In The Mood For Love (standard) et Ti Zwazo, un chant traditionel haïtien mettant en vedette la chanteuse Pauline Jean (photo), quel délice ! Pour voir Sparks, un composition du trompettiste Jean Caze, en direct du PAP Jazz, cliquez ici

Voici ce que nous disait Joel Widmaier au sujet du Haitian All Jazz Stars et du PAP Jazz :

"L'idée était de faire jouer sur une même scène ceux qu'on pense être les meilleurs musiciens haïtiens de la planète, plusieurs on déjà joué ensemble soit en concert ou en studio, mais c'était la 1e fois que cette réunion avait lieu et de plus, ici en Haïti. C'est un projet qui pourrait tourner ailleurs dans le monde, soit dans la diaspara haïtienne ou dans les festivals, comme à Montréal !. Comme chacun des musiciens ont leur propre groupe et matériel, tous ont contribué au répertoire de ce concert. Ce type de projet donne une bonne idée de ce qu'est le créole jazz et de ses meilleurs musiciens, cette musique qui a une portée mondiale, que ce soit ici, a l'Île de la Réunion, en Martinique, en Guadeloupe, et à bien d'autres endroits dans la grande famille créole. La démarche du PAP Jazz est de développer et de faire la promotion du créole jazz, et on y croit, moi comme musicien, je pense que le créole jazz à un potentiel énorme au même titre que le jazz latin, le jazz brésilien, etc, je pense que c'est un musique peut aller partout dans le monde, et dans l'universalité du jazz, le créole jazz a sa propre couleur. Depuis 10 ans le public et la scène du créole jazz a beaucoup grandi ici, on peut entendre régulièrement du créole jazz à Port-au-Prince, d'ailleurs beaucoup de jeunes musiciens s'y intéressent à travers les ateliers du PAP Jazz qui ont beaucoup de succès. J'avais plusieurs raisons de démarrer le PAP Jazz il y 10 ans, évidemment l'amour de la musique, aussi je crois qu'Haïti avait besoin de ce genre de festival international, le créole jazz en avait besoin, et créer un tremplin pour cette musique. Je dit aux lecteurs de sortiesJAZZnights.com, venez vivre et faire l'expérience du Festival International de Jazz de Port-au-Prince !"

La programmation se poursuivait jusqu'au dimanche 30 janvier avec une foule de concerts d'artistes des quatres coins du monde et d'Haïti,  pour en savoir plus consultez papjazzhaiti.org.

Claude Thibault
Éditeur, sortiesJAZZnights.com



Le pianiste d'origine cubaine Omar Sosa se joint au chanteur/danseur/prêtre voodoo haïtien Erol Josué, pour un concert unique au 10e Festival International de Jazz de Port-au-Prince. Discussion avec Omar en studio en Afrique du Sud.


OMAR SOSA 2 - photo by Massimo Mantovani_150X150.jpgLe pianiste d'origine cubaine Omar Sosa se joindra à au chanteur/danseur/prêtre voodoo haïtien Erol Josué pour un concert unique au 10e Festival International de Jazz de Port-au-Prince. J'ai discuté avec Omar qui était à Pretoria en Afrique du Sud, tard dans la nuit, après une longue journée d'enregistrement avec des musiciens traditionnels sud-africains, et il faisait chaud.
------------------------------------------------------------
CT - Omar tu te joins au chanteur et danseur voodoo Erol Josué que tu as rencontré au Voodoo To Go Festival, comment s'est passé votre rencontre qui abouti à ce concert ?
------------------------------------------------------------
OS - "C'est simple, on a connecté. Ça fait des années que j'entends parler d'Erol d'une amie en commun, Emmanuelle Honorin, qui s'occupe de la carrière d'Erol depuis un certain temps. Quand elle a commençé à travailler avec Erol, elle m'a dit - Omar, il faut faire quelque chose avec Erol. À ce moment-là j'avais aucune idée. Quand j'ai vu son nom au Voodoo To Go festival (Pays-Bas) ou je jouais et que j'avais un peu de temps, je me suis dit, allons le voir, c'est intéressant. Je connaissais aussi ses percussionnistes, il y en avait un qui était sur mon projet Creole Spirits, un mélange de voodoo et de santeria, avec Jacques Schwarz-Bart, et l'autre le fils d'un prêtre brésilien qui était sur un autre projet, Afreecanos. Leur concert était super, je l'ai rencontré après et la rencontre était super. Nos racines sont les mêmes, nous sommes des caribéens avec un héritage africain, nous sommes des frêres. Il a toute une personalité, et pas un chanteur typique, très théâtral. Tu sais j'aime l'aventure, la vie est trop courte pour toujours faire la même chose. J'ai saisi tout ce qu'il tentait de communiquer avec ses costumes et sa théâtralité. Je suis santero et je sais ce qui arrive quand un esprit tente de s'exprimer dans notre corps physique. J'ai compris chacun de ses mouvements, de ses gestes et sa mise en scène parce que je connais ce mouvement. Je sais ce qu'est être en trance et ce qui arrive. Certaines personnes pourraient penser qu'il est fou mais non c'est homme à une mission, celle de faire vivre une tradition. Plusieurs pensent que ceci est sombre, mais ce l'est pas.  Au début le Festival de Port-au-Prince voulait un concert solo. J'ai pensé à ma rencontre avec Erol and Emmanuelle, et je me suis dit qu'on devrait tenter de faire quelque chose ensemble. J'aime apprendre de nouvelles traditions parce que quand on fait ça, on apprends sur la nourriture, les êtres humains, les costumes, comment on vivait, comment les gens vivait le quotidien. Creole Spirits, est aussi un mélange de santeria et de voodoo, mais ce projet est différent. Je suis santero mais je vais me laisser imprégner par toute l'information qui viendra d'Erol."
 ------------------------------------------------------------
CT - Parlez-nous de la musique et de l'énergie de ce concert du 28 janvier à Port-au-Prince...
------------------------------------------------------------
OS  - "Je ne sais pas ce qui va arriver. Je n'ai pas besoin de savoir ce qui va arriver car c'est une aventure et c'est ça la vie. J'ai quelques idées sur ce qu'on pourrait faire, Erol et moi, mais je ne veut pas trop avancer d'idées car c'est une collaboration. Je ne sais pas si ça sera minimaliste ou autre, il y aura des cordes et des percussions, et ça c'est le point de départ. Qui sait ce qui arrivera. L'important est qu'il y aura de la lumière, de l'amour et de l'énergie."
------------------------------------------------------------
CT - Quelle est l'importance de la spiritualité dans votre musique ?
------------------------------------------------------------
OS - "C'est 100%. Si je ne sentais pas la spiritualité dans ma musique, je changerai de métier. La musique me donne un sens et de la force et l'occasion de profiter de chaque moment de la vie, même de te parler au téléphone maintenant, même si je suis crevé. Parce que c'est la musique et si on en parle ça me donne de l'énergie, c'est ça la spiritualité et je partage cette energie avec toi."
------------------------------------------------------------
CT - Pourquoi avoir quité Cuba ? Musique, politique, ou un peu des deux ?
------------------------------------------------------------
OS - "L'amour est ce qui m'a fait quitter Cuba, je suis tombé en amour avec une fille. Mais c'était de toutes façons dans mes projets de quitter Cuba, parce que j'aime l'aventure. J'aime les surprises, mais quand on vit dans le même petit village depuis toujours, il n'y a pas trop de surprises. Mais quand on fait le tour du monde, tout est une surprise, à chaque moment, à chaque seconde. Aujourd'hui il fait 40 à Prétoria et ça, c'est une surprise. Je veut partager, découvrir et apprendre de nouvelles cultures et la seule façon de faire ça, c'est en voyageant. La politique n'étais pas une raison, même si je ne suis pas d'accord avec qui se passe dans le monde."
------------------------------------------------------------
CT - Qui étaient vos idoles musicales ?
------------------------------------------------------------
OS - "Thelonious Monk, Frédéric Chopin, Erik Satie, Ravel, Debussy, Stravinsky, Aram Khatchatourian, Herbie Hancock. Avec le temps j'apprécie un peu plus les anciens comme Thelonious Monk et Bill Evans. Evans changea la façon de jouer le jazz au piano, tout pianiste de jazz sur la planète aujourd'hui hérite d'un peu d'Evans. Personne jouait les accords comme Evans. J'aimerais qu'il entende ce que je dit. Quand il parti, il se demandait si ce qu'il avait fait était bon ou pas. Il n'a pas été connu comme Miles  mais changea l'architecture complète du piano jazz, jusqu'à aujourd'hui."
------------------------------------------------------------
CT - Quels sont vos meilleurs souvenirs de concerts et avec qui ?
-----------------------------------------------------------
OS - "Quand j'ai écrit la symphonie From Our Mother pour le Oakland East Bay Symphony, dirigé par Michael Morgan. C'était très spécial de découvrir que dans l'univers
de la musique classique, tout était complètement différent desmes attentes. On répétait et dans le milieu du 3e mouvement, l'orchestre s'arrête et la répétition terminée. J'ai
regardé Michael Morgan et il a dit - bienvenue au monde du classique - on se voit demain au concert. Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose, et j'ai pleuré comme un bébé quand j'ai entendu ma musique. Je suis de l'ancienne école et j'écrit toutes mes partitions à la main, je ne savait pas exactement la musique que ça donnerait avec un orchestre, mais dans ma tête oui. J'avait écrit un Si bémol pour les cors français, et ç'est resté dans mon esprit. Pourquoi j'ai pas écrit un Si dièse, je ne sais pas mais c'était une erreur. Les musiciens de classique jouent ce qui est écrit, pas plus. Je vais éventuellement écrire ma musique avec un ordinateur, un jour. De toutes façons c'est un des mes souvenirs marquants."

------------------------------------------------------------
CT - Quelle musique écoutez-vous ?
------------------------------------------------------------
OS - "Il y vingt ans, pour une période d'un an, la seule chose que j'écoutais c'était le Nocturne Mazurka de Chopin. Cette musique est paisible et me détendait.  A un autre moment, environ 6 mois avant le projet Eggun, quand le Festival de Jazz de Barcelone m'a demandé de présenter un hommage à Kind Of Blue de Miles Davis, la seule musique que j'écoutais était, ça va de soi, était Kind Of Blue. Pendant ce projet, à la maison il y avait des vidéos de Miles qui jouait toute la journée et de plusieurs époques, j'étais complètement absorbé. C'est pour ça que j'aime tellement Evans, quand je travaillais sur ce projet, j'ai découvert que même si c'était un disque de Miles, il y un fort esprit Evans. Écoute le disque, tu verras ! Quand j'ai lu la biographie de Miles, j'ai découvert que Miles avait contacté Evans pour un nouveau son, un son plus léger. C'est la raison pour laquelle cet enregistrement, dans cette période de l'histoire du jazz et de la musique, était complètement différent, avec beaucoup d'espace. A cette époque il y avait beaucoup de bebop et de swing qui était joué et ceci était trés différent."  
------------------------------------------------------------
CT - Si vous pouviez jouer avec n'importe quel artiste, ça serait qui ?
------------------------------------------------------------
OS - "C'est une question difficile. Je pense Kenny Garrett (rires), on a parlé de lui aujourd'hui en studio, ici en Afrique du Sud. Les Sud-Africains adorent son jeu de sax, sa vibration et son groove. Et moi aussi j'aime beaucoup, il a une façon très personelle de jouer. Mais tu sais, je pense que je préfère l'écouter plutôt que de jouer avec lui. Des fois je me dit que ça serait bien de jouer avec un artiste, et quand je le voit, je réalise que cette musique est différente de ce que ça donnerait de jouer ensemble. J'ai rencontré Joe Zawinul un jour et il me dit - continue de jouer de la musique et soit honnête - ça m'a donné beaucoup d'énergie. J'ai fait la 1e partie de son concert au Cully Jazz Festival (2003), avant qu'il nous quitte. J'étais tous près de lui, en arrière-scène pour quasiment tout le concert. Ils ont joué une ballade, lui et la chanteuse Sabina Kabongo, et j'ai pleuré comme un enfant. Si je joue avec quelqu'un, il faut que ça me touche comme ça. Ça peut arriver avec des musiciens traditionnels qui ne connaissent même pas le jazz. Je ne sais pas si j'ai répondu à ta question, mais peu importe ce que je dit, je le dit de tout coeur."
------------------------------------------------------------
Pour voir Yon Zanmi Vini Wem du 28 janvier avec Omar Sosa, Erol Josué et les Neges Fla Vodoun, cliquez ici
------------------------------------------------------------
Entrevue : Claude Thibault
------------------------------------------------------------
Omar Sosa et Erol Josué
10e Festival International de Jazz de Port-au-Prince
Jeudi, le 28 janvier 2016 - 20h
Scène Delta (Le Triomphe)



Quelques mots avec le pianiste espagnol Chano Domínguez qui exécutera ses superbes virevoltées jazz espagnoles dans un concert solo au 10e Festival International de Jazz de Port-au-Prince, le 28 janvier 2016.


chano_dominguez_150X150.jpgQuand la tradition espagnole rejoint le jazz classique : Chano Domínguez est un des pianistes les plus recherchés de la scène musicale espagnole, particulièrement pour le flamenco et le jazz, mais aussi pour son interprétation des tangos, fandangos et autres styles espagnols traditionnels, qu’il marie au jazz classique. Il a travaillé avec des artistes tels Gonzalo Rubalcaba, Paco de Lucia, Joe Lovano, Herbie Hancock, Jack DeJohnette et Wynton Marsalis, et a enregistré plusieurs albums. Sa musique a aussi été interprétée par de nombreux orchestres renommés comme l’Orchestre National d’Espagne et le Lincoln Center Jazz Orchestra.

J'ai discuté avec Chano quelques heures avec son concert du Chano Domínguez Trio, à la Sala Clamores de Madrid, le 8 décembre dernier.
------------------------------------------------------------
CD - "Je suis très content de jouer au 10e Festival International de Jazz de Port-au-Prince, ça sera ma première fois à Port-au-Prince, c'est excitant de présenter un concert à Haïti, j'ai déjà visité cette île, mais de l'autre côté, en République Dominicaine. J'y jouerai une musique influencée par les expériences de ma vie, j'ai joué avec plein de grands musiciens issus de toute sortes de cultures, dans un éventail de rythmes et de styles mélodiques variées. Je vais tenter d'apporter tout ce bagage dans mon concert solo. J'y jouerai des pièces originales influencées par la musique flamenco et ses rythmes ainsi que des standards et des pièces d'artistes que j'aime tels Bill Evans, Miles Davis et Thelonious Monk. Je joue ce qui est dans ma vie, car on ne peut pas comprendre la musique sans la vie. C'est tout de même un défi de présenter un concert solo car il y aucun support sauf soi-même mais tu sais, j'adore ça ! En fait je ne sait pas exactement ce que je vais jouer, mais le saurai précisement sur place avec l'énergie du public."
------------------------------------------------------------
CT - Quelle est votre expérience solo ?
------------------------------------------------------------
CD - "Depuis 25 ans j'ai joué beaucoup de concerts solo, donc depuis les années 90. C'était très difficile au début, seul sur la scène avec aucun support rythmique ni mélodique. Je devais trouver une façon de jouer la piano seul. Maintenant je suis très confortable. En 1997 j'ai enregistré un disque double au Café Central de Madrid (En Directo - Piano Solo) et on présentera bientôt un nouvel album enregistré à Barcelone. Donc beaucoup de piano solo."
------------------------------------------------------------
CT - Vous avez commencé à jouer de la musique à la guitare et ensuite le piano ?
------------------------------------------------------------
CD - "Ma mère me disait que j'ai commencé à jouer les instruments de cuisine comme une batterie quand j'avais deux ans. Mon premier instrument à huit ans était la guitare flamenco, j'ai ensuite découvert le clavier à quinze ans."
------------------------------------------------------------
CT - Le flamenco était votre premier amour et ensuite le jazz ?
------------------------------------------------------------
CD - "Quand je grandissait le flamenco était partout autour, donc la flamenco est dans ma vie, je peut pas imaginer ma vie sans le flamenco, tout jeune c'était ma première influence. J'ai découvert le jazz à quinze ans en écoutant un poste de radio de la base navale américaine près de Rota (Espagne). J'ai commencé à écouter et à copier tous les super groupes de jazz-rock, de rock symphonique, groupes fusion de cette période. Les premiers groupes que j'ai entendu étaient Soft Machine, Return To Forever, Weather Report, Mahavishnu Orchestra, Emerson Lake & Palmer. Après ça j'ai découvert Bill Evans, Ahmad Jamal, Errol Gardner, et ce fut le coup de foudre avec cette musique et cette culture. Encore aujourd'hui, chaque jour j'apprends la musique, et chaque jour je dois me surprendre avec une nouvelle musique, ça ne finit jamais."
------------------------------------------------------------
CT - Qu'aimeriez-vous dire au public haïtien au sujet de votre concert du 28 janvier ?
------------------------------------------------------------
CD - "Je dois premièrement remercier les gens du Festival de m'avoir invité et de me permettre de présenter ma musique au gens d'Haïti. J'y serai, à nu, tel quel, seul avec mon piano, jouant de la meilleure façon possible. Je suis un passioné et sur scène quand je joue, je sens plein de choses, j'espère donc que le public sentira les même choses et si c'est le cas, je serai heureux. C'est ce que je souhaites."
------------------------------------------------------------
CT - Qui étaient vos idoles musicales jeune et maintenant ?
------------------------------------------------------------
CD - "Quand j'étais petit, mon père, un grand fan de flamenco, avait un tourne-disque et on écoutait beaucoup de grands chanteurs de flamenco, c'est la première musique que j'ai entendu. Je n'y pensais pas trop, des fois je me demandais, est-ce qu'il pleure ?! bon j'était enfant, qu'est-ce que je pouvais bien savoir ? Donc ils étaient, mon père et son  tourne-disque de l'époque, mes premiers professeurs.  Quand j'ai commencé à jouer la guitare a douze ans j'ai découvert Paco De Lucia avec la pièce Entre Dos Aguas. J'ai tenté d'émuler Paco avec ma guitare, évidemment, je ne pouvais pas parce que, selon moi, c'est le meilleur guitariste de tous les temps. C'était une période formidable et j'ai commencé à suivre la musique de Paco.  Une autre moment important est quand il (Paco) lanca Yo Sólo Quiero Caminar avec Jorge Pardo, Carlos Benavent et Rubem Dantas. Il changea le flamenco avec ces musiciens, il ouvrirent les portes et c'est devenu beaucoup plus universel. La musique de Paco est omniprésente dans ma vie. Fort probablement je jouerai des pièces de Paco à  Port-au-Prince. La meilleure chose que je peut faire est de continuer à jouer sa musique, la garder vivante. Évidemment, j'aime aussi la musique de Monk, Bill Evans, Miles, Coltrane et Charlie Parker."
------------------------------------------------------------
CT - Quels sont les moments importants de votre carrière musicale ?
-----------------------------------------------------------
CD - "Quand Paco m'invita a jouer avec lui au Festival de Jazz Vitoria-Gasteiz en 2006, ce moment a été très spécial pour moi parce que je partageais la scène avec l'idole  de ma vie, quel moment excitant ! Il y aussi en 2000 à Cuba quand j'ai joué avec Herbie Hancock et Chucho Valdez, c'était très spécial pour moi. Aussi lorsque j'ai joué avec Wynton Marsalis, Paquito d'Rivera, et Jack DeJohnette, j'ai de très bon souvenirs des projets avec ces musiciens."
------------------------------------------------------------
CT - Quelle musique écoutez-vous ?
------------------------------------------------------------
CD - "Ces temps-çi, je suis très absorbé par mes études d'orchestration, j'écoute donc du Stravinsky et du Prokofiev, quand j'ai le temps. Stravinky a utilisé l'orchestre comme personne ne l'avait fait avant et il écrivait tout, ce qui est génial pour comprendre sa musique. Il découvrit de nouvelles couleurs musicale à l'orchestre. Et des fois j'écoute du La Paquera de Jerez et du Camarón de la Isla, des chanteurs flamenco. Vous savez, j'ai des goûts eclectiques."
------------------------------------------------------------
CT - Si vous pouviez jouer avec n'importe quel artiste, mort ou vivant, ça serait qui ?
------------------------------------------------------------
CD - "Le chanteur flamenco Camarón de la Isla, Miles Davis et John Coltrane."
------------------------------------------------------------
Pour voir Gracias a la Vida du 28 janvier de Chanon Dominguez, cliquez ici
------------------------------------------------------------
Entrevue : Claude Thibault
------------------------------------------------------------
Chano Domínguez
Festival International de Jazz de Port-au-Prince
Jeudi, le 28 janvier 2016 - 19h
Scène Delta (Le Triomphe)

Pour voir quelques autres vidéos de Chano, cliquez ici
------------------------------------------------------------



On discute avec l'alto sax Kenny Garrett, qui avait un concert prévu le 23 janvier 2016, au 10e Festival International de Jazz de Port-au-Prince, concert annulé à cause des élections présidentielles d'Haïti. Malgré cela, voici notre entrevue avec Kenny.


kenny_garrett.jpg(NDLR : Ce concert est annulé à cause des élections présidentielles d'Haïti, voici tout de même notre entrevue avec lui)

Samedi le 23 janvier 2016, le saxophoniste alto Kenny Garrett sera en concert au 10e Festival International de Jazz de Port-au-Prince, on discute avec lui de la musique de Seeds From the Underground et Pushing the World Away, inspiration, carrière, ses idoles musicales, l'état du jazz,  ce qu'il y a sur son iPod, et un artiste avec qui il aurait aimé jouer.
------------------------------------------------------------
CT - Concernant votre plus récent CD Pushing the World Away (qui veut dire s'éloigner le monde) vous avez dit vous vouliez vous éloigner du monde, dans quel sens ?
------------------------------------------------------------
KG - "Je venais de terminer le CD  - en nomination au Grammys - Seeds From the Underground (2012) - j'étais en tournée, il se passait plein de choses, j'écrivais beaucoup de musique,  je voulais m'éloigner d'un peu tout ça pour faire place a cette musique et ce prochain CD."
------------------------------------------------------------
CT - Vous aviez beaucoup de musique à enregistrer ?
------------------------------------------------------------
KG - "Oui et dans un sens c'était une bonne chose, je ne croyais pas que Pushing the World Away sortirait si rapidement, peut-être l'année suivante, mais la compagnie de disquevoulait le lancer rapidement donc c'est ce qui arrivé et il était en nomination pour un Grammy en 2014 dans la catégorie Meilleur Album Jazz Instrumental."
------------------------------------------------------------
CT - Est-ce qu'il y un message avec votre musique ?
------------------------------------------------------------
KG - "Vous savez ce que j'aime c'est écrire la musique et ne pas trop en parler, laisser l'auditeur trouver son chemin dans la musique, comme les musiciens le font, comme quand on écoute une musique et quelques années plus tard quand on la re-écoute et qu'on entends quelque chose de nouveau. C'est ça que je veut, plutôt que trop en parler."
------------------------------------------------------------
CT - Il y plusieurs musiciens sur ce projet , trois batteurs et deux pianistes, pourquoi et pourquoi ces musiciens ?
------------------------------------------------------------
KG - "Ce sont tous des musiciens qui étaient sur le CD précédent, Seeds From the Underground, j'ai des fois deux pianistes et pour ce qui est des batteurs c'est tout simplement une question pratico-pratique car ils sont tous très occupés et comme ça je suis sur d'en avoir un."
------------------------------------------------------------
CT - Qu'est-ce qui vous inspire?
------------------------------------------------------------
KG - "Le vie en général, mes voyages autour du monde et toutes les expériences qui en découle. J'utilise ces expériences pour créer la musique. Si je suis en voyage dans un pays je vais peut-être écouter la musique locale. Aussi inconsciemment il y des choses là et elles vont peut-être faire surface à un moment donné en composant. Des fois je m'assis au piano et je joue des accords and je vois où ça me mène, des fois sans succès, j'essaierai ensuite une autre façon pour ensuite revenir au morceau quelques jours ou quelques mois plus tard et voir ce qui se passe. Il y a tellement de façons de composer pour moi. J'essai et je voit ce que ça donne, j'ai écrit plein de chansons dans plusieurs clés, j'essaie aussi différentes clés pour voir ce que ça donne. Certaines clés évoquent certains étâts d'âme, certaines sont plus spirituelles, certaines plus légères, sont plus rapides, même si la musique d'un autre."
------------------------------------------------------------
CT - Vous jouez au 10e Festival International de Jazz de Port-au-Prince le 23 janvier 2016, parlez-nous des vos musiciens et du matériel que vous nous présentez...
------------------------------------------------------------
KG - "La musique de mes deux derniers CD : Seeds From the Underground et Pushing the World Away et peut-être un ou deux morceaux du nouveau CD qui sort en avril 2016. Il y aura avec moi le percussioniste Rudy Bird (on jouait ensemble avec Miles Davis), le batteur Marcus Baylor (Cassandra Wilson) le bassiste Corcoron Holt et le pianiste Vernell Brown." (Pour voir ce groupe au Jazzwoche Burghausen en mars 2015, cliquez ici)
------------------------------------------------------------
CT - Votre carrière musicale, comme leader et sideman, s'étends sur trente-cinq ans, êtes-vous rendus où vous pensiez que vous seriez rendus ?
-----------------------------------------------------------
KG - "Vous savez cela à toujours été mon rêve. Je me suis rendu bien plus loin que ce que j'aurai imaginé,  je voulais juste faire de la musique.  J'ai été privilégié de jouer avec des gens comme Miles Davis, Donald Bird, Dizzy Gillespie, cela a donc été une chance de jouer avec tous ces grands musiciens. Je ne savais que c'est ça qui allait  m'arriver et le parcours fut très agréable.  La liste des gens avec qui j'ai joué est des fois dure à digérer, Chick et Herbie, et McCoy. On pense à ces choses-là et c'est  ce qu'on espère. J'était un enfant, je ne pensais pas que je jouerais avec ces grands noms (rire)."
------------------------------------------------------------
CT - Vous avez commencé à jouer très jeune, qui étaient vos idoles musicales du début et maintenant ?
-----------------------------------------------------------
KG - "Ils n'ont pas tellement changés. Au début c'était des gens comme Hank Crawford, Grover Washington Jr., Cannonball Adderley pas quand il jouait avec Miles Davis mais de Mercy Mercy Mercy (1966), et bien entendu, Charlie Parker, Dexter Gordon, Sonny Kris, Sonny Stitt, mes influences premières. Après mon diplôme secondaire je jouais plus, et avec Duke Ellington, et j'ai entendu Johnny Hodges. Plus tard j'ai découvert John Coltrane, une vrai force, Sonny Rollins, finalement tellement de gens et beaucoup de trompettistes."
------------------------------------------------------------
CT - Comment voyez-vous l'avenir du jazz et de la musique?
------------------------------------------------------------
KG - "Le jazz a toujours été une musique pour une plus petite communauté, comme dans les festivals de jazz qui présentent autre chose que du jazz. Donc, je crois, le jazz c'est pour un groupe restraint d'amateurs qui le comprennent et l'apprécient. Je ne sais pas si c'est le même combat qu'avant. Je suis chanceux car la plus jeune génération d'amateurs est à mes concerts autant que mes fidèles fans du début. J'ai trouvé un équilibre entre les deux. La seule chose qu'on peut faire avec le jazz c'est de le jouer pour l'exposer le plus possible. Les préoccupations sont les mêmes qu'avant : jouer cette musique. Il y beaucoup plus de musiciens qu'avant, beaucoup  plus de CD, plus de compétition pour les concerts, il y aussi beaucoup de musiciens de jazz en éducation et l'été ils veulent jouer aussi. Vous savez il y a 30-40 ans il y avait beaucoup moins de musique, il y avait les Miles Davis, John Coltrane, Sonny Rollins...etc. Maintenant tout le monde fait de la musique et tout le monde doittrouver leur façon de se faire connaître ainsi que leur public. J'ai de la chance qu'on joue tellement et qu'on soit en tournée, c'est super vraiment."
------------------------------------------------------------
CT - Qu'est-ce que vous écoutez sur votre iPod ?
------------------------------------------------------------
KG - "Ça dépends. Je n'apporte pas mon IPod donc si je veut écouter un truc en tournée j'apporte des CD ou je vais sur Youtube. Quand je rencontre d'autres artistes
en voyage je vais peut-être les écouter. La plupart du temps j'essaie de garder l'esprit ouvert pour mieux écouter. Quand je suis à la maison j'écoute plus de choses
à cause de mon environnement.
"
------------------------------------------------------------
CT - Si vous pourriez avec n'importe quel artiste, mort ou vivant, ça serait qui et pourquoi ?
------------------------------------------------------------
KG - "J'aurais aimé jouer avec B.B. King, ma mère écoûtait beaucoup de blues et de B.B. King, j'ai toujours voulu apprendre cette discipline qui est de jouer du blues typique, pas dujazz blues, juste du bon blues ben straight, mais ça ne s'est jamais concrétisé, j'aurais aimé jouer avec Prince, à cause de l'influence James Brown, il est comme la
continuation de James Brown.
"
------------------------------------------------------------
Entrevue : Claude Thibault
------------------------------------------------------------
Kenny Garrett Quintet

Pour voir ce groupe au Jazzwoche Burghausen en mars 2015, cliquez ici
------------------------------------------------------------



Ayiti cheri, c'est le 9e Festival International de Jazz de Port-au-Prince (2015) de Stanley Péan, d'ICI Musique (collaboration spéciale).


animation PAP Jazz 2015.gif« Ayiti cheri, pi bon peyi pase ou nan pwen! » chantonne Joël Widmaier, grand manitou du Festival International de Jazz de Port-au-Prince, assis par terre dans le stationnement de la Fokal, sorte de Maison de la culture du centre-ville de la capitale haïtienne. L’ironie est perceptible dans sa voix, et dans ce sourire résigné qu’il esquisse malgré tout. Haïti chérie, il n’existe pas de meilleur pays que toi.

Pour l'heure, Widmaier n’a pas trop l’air de croire à ce refrain patriotique. Nous n’en sommes qu’au troisième jour de la neuvième édition et une panne de génératrice met en péril le programme de ce lundi soir. Tèt chaje. Pas question cependant de jeter la serviette : vite sur pieds, cellulaire à l’oreille, Widmaier cherche, trouve des solutions. De son côté, sa conjointe Milena Sandler, responsable de la logistique et des communications, s’active avec quelques bénévoles à déplier et aligner des chaises au pied de la scène que des ouvriers finissent de monter. Dans environ deux heures, trois artistes se produiront successivement ici : l’extraordinaire trompettiste chilien Sebastián Jordán, le guitariste haïtiano-new-yorkais Chardavoine (de retour chez lui après quarante-deux ans d’exil) et la chanteuse de jazz montréalaise Ranee Lee.

Je trouve admirable de voir le couple mettre l’épaule à la roue pour s’assurer de la bonne marche de ce festival qu’ils portent à bout de bras. Quand le tremblement de terre meurtrier a ravagé la ville en 2010, PAP Jazz (c'est ainsi que les initiés désignent la manifestation) venait de boucler sa quatrième édition mais les éternels fatalistes ne donnaient pas cher de son avenir, ni de celui de tout le pays, pour tout dire. C’était sans compter sur l’opiniâtreté de Widmaier, digne héritier d’une famille très engagée dans les médias et dans la diffusion de la musique en Haïti, et ex-batteur d’une formation-phare de la musique haïtienne, le défunt mais légendaire groupe Zèklè. Le Festival a non seulement survécu au séisme, mais il a prospéré, pour le plus grand bonheur des mélomanes et de ceux et celles qui espèrent voir Haïti se relever et continuer ses lents progrès sous le soleil ardentdes tropiques.

Pour la première fois cette année, le PAP Jazz a mis à l’honneur une nation invitée, en l’occurrence le Mexique, représenté par les musiciens de Troker, un groupe de Guadalajara qui mélange allègrement funk, rock, hip-hop, electronica et improvisations jazz à des échos de musique mariachi. Véritablement international, PAP Jazz s’avère aussi admirablement éclectique, ainsi qu’en témoigne la présence du groupe-culte de jazz fusion américain The Yellowjackets, présenté en ouverture officielle au Parc Historique de la Canne à Sucre le samedi 17 janvier dernier, en programme triple avec Troker et Chardavoine. Comme tout festival qui se respecte, PAP Jazz offre aux festivaliers des découvertes. Personnellement, je me réjouis d’y avoir vu et entendu pour la première fois autant le pianiste belge Igor Gehenot et le trompettiste trinidadien Étienne Charles (champion du jazz profondément caribéen) que des artistes de la scène locale comme le saxophoniste Ti Sax ou le bassiste Gérald Kébreau. Je me réjouis aussi d’avoir pu applaudir les interventions du merveilleux saxophoniste Jowee Omicil, soliste invité au spectacle de clôture du mythique orchestre de konpa, Tabou Combo, dimanche soir le 25 janvier, Place Saint-Pierre.

Parmi les faits saillants de l’événement, puisqu’il faut en citer, je retiens les concerts de Ranee Lee et de Chardavoine à la Fokal, celui de Laurent de Wilde à l’Institut Français avec sa finale spectaculaire mêlant le jazz contemporain à la musique carnavalesque de la troupe de rara Follow Jah. Et le set surprise d’Étienne Charles au Quartier Latin quelques heures après que la pluie ait interrompu son concert dans la cour de l’Hôtel Karibé. À cette occasion, on a même pu voir Joël Widmaier, transfiguré, régénéré même, s’installer aux percussions et se laisser gagner par la fièvre du moment.

Au fond, sur certains aspects, la chanson n’a pas tort : Ayiti cheri
-----------------------------------------------------------------
Impressions du 9e Festival International de Jazz de Port-au-Prince par Stanley Péan, d'ICI Musique (collaboration spéciale).
17 au 24 janvier, 2015 (photos de Josué Azor et Stanley Péan)
-----------------------------------------------------------------



Les émotions, le jazz et la musique du 8e Festival International de Jazz de Port-au-Prince (2014) + quelques vidéos...


animation PAP2C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai vécu cette première expérience haïtienne au Festival International de Jazz de PAP (Port-au-Prince) du 18 au 25 janvier 2014. Une telle joie de vivre et de courage, malgré tous les événements de ce pays que nous connaissons, dans un contexte culturel de jazz et de bonne musique me vont droit au coeur et m'ont impressionné. Dès notre arrivée, j'ai été touché par leurs difficultés et immenses défis et malgré tout, ça roule, ça fonctionne, ça grandit, et la musique elle, vibre fortemment!

Des coups de coeur et de belles découvertes, tels le charismatique chanteur haïtien James Germain (vidéo de Manje ranje), un feeling très gospel, roots haïtien, une  musique savamment orchestré par son fidèle complice, le guitariste Marco Quesada. Une énergie contagieuse et fortemment appréciée de tous les spectateurs d'une soirée à caractère plus "intime" et il faut le dire, gratuite, donc accessible à tous, a Fokal, un lieu de diffusion culturelle important de PAP. Du coeur au ventre ce James ! Vite, vite, vite, qu'on l'invite à Montréal et au Québec dans un de nos festivals !

Dans une veine plus instrumentale, le grand compositeur et pianiste haïtien Réginald Policard était à l'Hôtel el Rancho, sûrement la soirée la plus "chic" du Festival, un jazz haïtien du pays que tous reconnaissaient avec Felipe Lamoglia au sax, David Einhorn, basse et le fougeux David Chiverton à  la batterie (vidéo). Il précédait le guitariste/vocaliste/ compositeur béninois Lionel Loueke qui, encore une fois, nous a ébloui par sa maîtrise de la fusion entre la musique de l'Afrique de l'Ouest, le jazz, la guitare, la voix et une fine utilisation de la technologie, tel un griot bien branché (vidéo de Farafina) . Cette soirée fut la plus réussie en terme de succession musicale avec en 1e partie l'excellent et fort sympathique trompettiste suisse Daniel Shenker qui nous distilla un excellent jazz à saveur européenne influencée par le Brésil, l'Afrique et l'Amérique (vidéo).

Mentionnons aussi Follow Jah, un ensemble de musique carnavalesque haïtien composé d'une quinzaine de jeunes haïtiens jouant percussions variées et plusieurs variations d'une  trompette à la vuvuzela sud-africaine, mais beaucoup plus agréable, qui anima la foule pendant les changements de groupe à Fokal (vidéo). Wow !

Voici les 16 vidéos du Festival PAP 2014 que nous avons réalisé !!!

Page YouTube vidéos SJN au Festival PAP 2014_v2.gif

On ti bo de Strings à Fokal, cliquez ici
La azotea de Stromboli Trio à Fokal, cliquez ici
Bon tan se mwen, move tan se mwen de Claude Carré à Fokal, cliquez ici
Straight As An Arrow
de Hiram Gomez à Fokal, cliquez ici
Yon jou de Josué Alexis à Fokal, cliquez ici
Santeria de Nadège Tippenhauer à Fokal, cliquez ici
Toc Toc Toc de Sandra NKaké au Parc Historique de la Canne à Sucre, cliquez ici
Pote Bambou de Bwakoré à Place Boyer, cliquez ici
This Here
de Pascal Mohy à Fokal, cliquez ici
Farafina
de Lionel Loueke à El Rancho, cliquez ici
Rivière Froide de Réginald Policard à El Rancho, cliquez ici
Jardin Bonatico de Daniel Schenker à El Rancho, cliquez ici
All Blues de Julie Michels au Parc Historique de la Canne à Sucre, cliquez ici
Follow Jah
a Fokal, cliquez ici
Yoyo de Willerm Delisfort au Parc Historique de la Canne à Sucre, cliquez ici
Manje Ranje, musique de James Gemain et textes du poête haïtien James Noël à Fokal, cliquez ici

Pour terminer, encore une fois, voici nos 3 raisons de participer au Festival PAP 2015 :

1) écouter les meilleurs artistes de jazz de la planète ;
2) découvrir les artistes de jazz d'Haïti et des Antilles ;
3) supporter ce pays qui en a grandement besoin ;

Pour en savoir plus : Festival International de Jazz de Port-au-Prince  / 18 au 25 janvier, 2014

Les photos de cette primeur sont d'Alain Mercier.
Les vidéos de Claude Thibault.

Claude Thibault
sortiesJAZZnights.com



Court témoignage d’un mélomane venu d’ailleurs au 8e Festival International de Jazz de Port-au-Prince (2014)


animation Alain Mercier Festival PAP 2014.gifDu 18 au 25 janvier 2014, une fabuleuse occasion s’est présentée à moi.  Celle de me retrouver au 8e Festival International de Jazz de Port-au-Prince magistralement mené par la brillante femme d’affaires Milena Sandler et l’incontestable l’homme-orchestre Joël Widmaier. Tous deux fils d’artistes de renom. Milena fille la chanteuse Marie-Clotilde ‘’Toto’’ Bissainthe. Joel fils d’Herby Widmaier, chanteur et fameux homme de radio, fondateur de la Radio Métropole (Haïti).

C’est avec brio que le couple a su s’entourer  pour nous offrir une programmation aussi étincelante au fil des ans.  Cette année encore du jazz sous toutes ses formes :

Du jazz créole avec Josué Alexis, Bwakoré, Réginald Policard, Mushy Widmaier;
Du jazz moderne par Willerm Delisfort, Daniel Schenker, Pascal Mohy, Stromboli Trio, Jochem Ruckert, Claude Carré;
Du jazz fusion avec Hiram Gomez;
Du jazz africain par Lionel Loueké;
Du jazz manouche avec Swing Brosse System;
Du pop jazz par Julie Michels;

Mais aussi :

Des musiques traditionnelles et variées avec James Germain, Nadège Tippenhauer;
Du jazz New Orléans avec : The Soul Rebels;
Du art rock de Sandra N’Kaké;
Du flamenco tropical avec Strings;
Et Follow Jah, troupe à pied pour déjà baigner dans la période carnavalesque qui frappe à nos portes.

Restaurants, hôtels, et certains centres d’achats de la ville laissaient entendre des trames de jazz. Ce qui, entre autres, explique les salles toujours combles telles qu’au Parc Historique de la Canne à sucre, l’Hôtel El Rancho, Place Boyer, l’Institut Français et particulièrement le Centre culturel Fokal où pullulaient plus d’une centaine de visiteurs qui s’ajoutaient au nombre de jour en jour. L’enthousiasme du public m’a laissé abasourdi. Le désir d’écouter des sonorités venant d’ailleurs transpirait dans le regarde de tout un chacun dans l’audience. Il est à noter qu’il s’agissait d’une audience diversifiée puisque certains viennent d’ailleurs exprès pour le Festival International de Jazz de Port-au-Prince.

Il n’a pas que les visiteurs qui ont bien pu profiter de ce festival mais aussi les artistes locaux et internationaux, grâces aux fructueux échanges qui se déroulaient durant les ateliers en avant-midi, et ce, durant la période du festival. Et en fin de soirée tout s’enchaînait par de succulents jams au Quartier Latin, au Garden Studio, et au Yanvalou, ce dernier toujours bondé de monde.

La fièvre du jazz s’est bel et bien accaparée de la capitale. Bravo aux organisateurs du 8e Festival International de Jazz de Port-au-Prince qui ont su garder le mercure aussi élevé depuis 2007.

Les photos de cette primeur sont d'Alain Mercier.

Alain Mercier
Divertissement Mercier



Facebook Twitter Youtube