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TOUTE L'ACTUALITÉ JAZZ DU QuÉBEC DEPUIS 2003

JazzBulletin   -   jeudi 18 décembre 2014 au mercredi 21 janvier 2015

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et professionnels
du jazz

Commentaires de concerts du 33e FIJM !


Richard Galliano - jeudi, le 28 juin

Vic Vogel - vendredi, le 29 juin
Colin Stetson - vendredi, le 29 juin
Grégroire Maret - samedi, le 30 juin
Dr. Lonnie Smith - dimanche, le 1e juillet
Get the Blessing - dimanche, le 1e juillet
Colin Vallon - mercredi, le 4 juillet
Médéric Collignon - jeudi, le 5 juillet
Tom Harrel - vendredi, le 6 juillet
Neil Cowley - vendredi, le 6 juillet
Tord Gustavsen - mercredi, le 4 juillet au samedi, le 7 juillet

Visitez également notre section Entrevues 33e FIJM



Le pianiste Tord Gustavsen, de l’effeuillage vers l’essence (Gesù les 4, 5, 6 et 7 juillet)


tord_150X150.jpgAu Gesù, l’atmosphère est spirituellement enlevante. Dès les premières notes feutrées - qu’il nous faut presque deviner - un silence s’installe. Car, peu importe la formation avec laquelle le pianiste Tord Gustavsen se produit, chaque expiration lourde de l’audience vient troubler l’ambiance de plénitude que le pianiste installe dès qu’il caresse son piano.

Que ce soit en quartette, accompagné du batteur Jarle Vespetad, du contrebassiste Mats Eilertsen et du saxophoniste Tore Brunborg, ou en duo avec la chanteuse Solveig Slettahjell, Gustavsen a trouvé les homologues parfaits pour restituer le climat vaporeux de sa vision musicale si particulière. Penché en avant, le dos rond, la tête engoncée dans ses épaules, en complet noir, il semble être le prolongement de son instrument.

J’avoue avoir été particulièrement envoûtée par son concert solo, me permettant de m’imprégner de la quintessence de son paysage sonore, lent, spatial, fragile. Le flottement en résultant m’emmène en voyage par une journée pluvieuse, où accoudée à la fenêtre, méditative, je regarde des étendues planes d’un autre monde, tandis qu'il joue des musiques pénétrantes de Norvège.

Revenir à une réalité sonore urbaine après un concert de Tord Gustavsen est un véritable choc émotionnel. Il est l’incarnation du murmure, de la sobriété, d’un jazz effeuillé tout simplement beau.

de Chrystelle Maechler

Pour voir un extrait de Tord Gustaven en duo avec la chanteuse Solveig Slettahjell, cliquez ici

Tord Gustavsen
Série Invitation series

 



Neil Cowley Trio, ramenez-les à Montréal ! (L'Astral, le 6 juillet)


Attention! Cette musique peut avoir été en contact avec du pop, du rock et bien d’autres éléments qui vous feront grincer des dents.

neil_cowley_150X150.jpgBien servi par Rex Horan à la contrebasse et Evan Jenkins à la batterie, le pianiste Neil Cowley a exalté L’Astral! Ces trois joyeux drilles prennent un plaisir fou à surprendre par des breaks extrêmement bien placés et une rythmique trépidante. Dans un tonnerre de groove, des éclats de rock, de pop et une conscience classique; Neil Cowley s’affranchit des conventions et nous offre un nouveau genre de jazz détonant.

Martelant furieusement les touches du piano, Cowley secoue la tête à la manière des fans de métal, bat du pied et fait sauter son genou gauche au dessus-des notes du piano, entraînant ainsi un public dans une exultation totale.

J’avais vu le trio en 2009, et leur évolution scénique est flagrante. Leur maîtrise de leur répertoire est telle qu’ils évoluent maintenant dans une sphère de LIBERTÉ et de ludisme contagieux.  Deux sets et deux « standings ovation » plus tard, le trio doit courir rechercher des CDs car ils n’en ont pas assez.

Irrévérencieux à souhait, énergique, divertissant - ramenez-nous les vite à Montréal car…bon sang que leur musique est bonne !

de Chrystelle Maechler

Pour voir la pièce "Hug the Greyhound" à l'Astral, cliquez ici

pour voir l'entrevue avec quelques extraits de concerts de Neil Cowley, cliquez ici

Neil Cowley Trio
Série Le Club series



Tom Harrell, trompettiste et jouer de bugle, moment de réflexion et magistrale leçon de jazz (Upstairs, le 6 juillet)


tom_harell_150X150.jpgAprès la tornade Seal à la Salle Wilfrid-Pelletier de la PdA, direction le Upstairs où se produisait le fin trompettiste et joueur de bugle Tom Harrell. Un moment de réflexion, vous-dites, plus que cela. Une magistrale leçon de jazz d'un homme qui n'a pas toujours eu la vie facile et que de moments d'émois avec ce jazz...intenses, intelligents, harmoniquement complexe parfois, d'ou sortait souvent des traits de génie.

Avare de paroles, Tom Harrell, fragile, tendre et spectaculaire - oui, il est possible de concilier les trois - offre un jazz hard-bop et plus où l'on décèle en filigrane les fantômes de Miles et Chet. Entouré d'une section rythmique qui vaut son pesant d'or : Billy Drummond à la batterie, Wayne Escoffery, saxophone ténor et le contrebassiste Ugonna Okegwo, le recueillement était d'usage.

Un bonheur que vous pourrez encore partager ce soir, samedi le 7 juillet.

Upstairs (1254, rue Mackay), à 19 h / 21 h 45. 514-931-6808 ou www.montrealjazzfest.com

de Christophe Rodriguez

Tom Harrell
Série Les Soirées jazz au Upstairs series



Médéric Collignon, cornettiste et trompettiste de poche, poudre aux yeux et Miles Davis (L'Astral, le 5 juillet)

 

mederic_collignon_150X150.jpgHier soir, jeudi le 5 juillet à 21 h, le Festival International de Jazz de Montréal recevait le cornettiste et jouer de trompette de poche Médéric Collignon. Adepte d'un jazz pour le moins éclaté - un euphémisme à celui qui a servi de brillantes relectures de Miles Davis (période 68-70), King Crimson ou Porgy and Bess - Médéric Collignon a offert une prestation déroutante. De 21 h à 22 h, deux pièces, nous sommes partis après, l'univers Bitches Brew (Miles Davis) avait lieu de siéger, mais avec beaucoup moins d'intelligence que les idées du Prince Noir (Miles Davis).

Poudre aux yeux, effets de style, et ce, malgré une énergie contagieuse, il me semble que mille fois nous avions entendu cette fission, mais pas nucléaire. Ici et là, je regrettais que le multi-instrumentiste Roland Kirk ne soit pas venu lui donner des conseils, comme Pharoah Sanders ou le flûtiste/ saxophoniste Yussef Lateef. Ce qu'il manquait le plus à ce concert débridé : une ou des lignes directrices, parce que le free-jazz n'est pas n'importe quoi!

par Christophe Rodriguez

pour voir un extrait du 5 juillet à L'Astral, cliquez ici

Médéric Collignon
Serie Le Club series



Colin Vallon Trio, la simple poésie musicale (L'Astral, le 4 juillet)


colin_vallon_150X150.jpgC’est accompagné des excellents Julian Sartorius à la batterie et de Patrice Moret à la contrebasse que le pianiste suisse Colin Vallon, s’est produit à l’Astral.

D’abord debout, il place délicatement des objets non identifiés dans les cordes du piano. Jouant d’une main et déplaçant les objets de l’autre, il nous intrigue par cette procédure paraissant à la fois « naturelle »,  pourtant si insolite.

Ses techniques de piano préparé sont indissociables de l’univers sonore du trio. Il les utilise à l’image de son personnage, de manière fluette et sensible. Les couleurs qui en ressortent transforment l’ambiance de la salle. La concentration est à son paroxysme et le public est happé dans une bulle singulièrement belle.

Le batteur, jouant lui-même avec les sonorités, exacerbe encore l’étrangeté poétique du climat.

Les répétitions, changements d’intensité tout en délicatesse, apportent une forme de transe mystique. Il est captivant de pénétrer dans l’univers d’une formation moderne qui va au-delà de l’étalage de prouesses techniques et nous élève à la simple poésie musicale.

de Chrystelle Maechler

Colin Vallon
Série Le Club series



Voir le Dr. Lonnie Smith, c'est le bonheur ! (Upstairs, le 1e juillet)


dr.lonnie_smith_150X150_upstairs.bmpAh, le bonheur et probablement l'un des grands moments de cette 33e édition. Dans un Upstairs, rempli au maximum, le bon Dr. Lonnie Smith, organiste de profession et sorcier de la note bleue a véritablement envouté son auditoire. Celui qui a côtoyé : Freddie Hubbard, Lee Morgan, George Benson et Lou Donaldson, en somme les patrons du jazz, nous a servi un menu consistant où le blues, le funk, les riffs incendiaires, version Led Zeppelin, était la ligne directrice.

Souriant,  heureux de jouer, cela nous change de certains qui considèrent un concert comme un simple gig de tous les jours, il  fallait voir et entendre avec quelle maestria, ce "diable" d'homme nous servait une certaine histoire du jazz sous toutes ses formes. De l'incendiaire Behive au très beau Frame For The Blues (Slide Hampton) et du du funky : Play It Back jusqu’à  cet hommage à la Nouvelle-Orléans : World Weep, que cette heure et demie fut bénie. Mentionnons le guitariste Jonathan  Kreisberg, aussi à l'aise dans l'univers de Wes Montgomery que celui de King Crimson et l'athlétique batteur Jonathan Blake.

de Christophe Rodriguez

pour l'entrevue avec le Dr. Lonnie Smith, cliquez ici

Dr. Lonnie Smith
Série Les Soirées jazz au Upstairs series



Get the Blessing, un jazz cinématographique (Gesù, le 1e juillet)


get_the_blessing_151X114.jpg
Get the Blessing, quartet originaire de Bristol s’est produit hier soir, dimanche le 1e juillet au Gesù. Avec basse, batterie, saxophone, trompette, pédales de distorsion, ils ont ouvert les portes de leur approche libre où grooves d’inspiration rock ou électro tranchent avec jazz et acid-jazz. On assistait à un enchevêtrement de styles très bien  maîtrisé et amené à un niveau supérieur pour créer un son extrêmement imagé.

Leur dramaturgie musicale très au point me permettait d’imaginer un film pour chaque pièce : d’ambiance de séries B aux  ruelles sombres à une explosion de couleurs, du tragique au burlesque …

Malgré une impression enthousiaste de l’ensemble, j’ai personnellement préféré leur niveau d’énergie à partir de la
cinquième pièce environ, à partir de là, les grooves étaient plus déments. Une mention spéciale pour l’humour
pince-sans-rire des interventions de Jim Barr - un délice!

Get the Blessing, c’est la montée en force des British sur la scène jazz!

de Chrystelle Maechler

pour l'entrevue et quelques extraits de concerts de Get The Blessing, cliquez ici

Get the Blessing
Série Jazz dans la Nuit series



Grégoire Maret, la relève de l'harmonica ? (L'Astral, le 30 juin)


gregoire_maret_150X150.jpgAprès le géant Toots Thielemans, y a-t-il un autre harmoniciste qui peut assurer la relève? Samedi le 30 juin, à l'Astral, le jeune harmoniciste suisse Grégoire Maret (Sting, Pat Metheny, Leon Parker) allait peut-être nous donner une réponse. Pour son premier passage à Montréal et avec la présentation aussi, de son premier opus éponyme, l'attente valait en partie le jeu et la chandelle. Entouré d'une très bonne section rythmique, dont le brillant batteur Clarence Penn, que le regretté Philly Joe Jones aurait été fier, le « bal » pouvait commencer.

Difficile de dire si c'était la nervosité, mais trop de  « Toots » était présent. Dans une atmosphère qui évoquait le disque Affinity : Toots Thielemans/ Bill Evans, votre signataire avait la nette impression de se retrouver aux débuts des années 80 de Toots avec un canevas déjà entendu, et ce, malgré les solos spectaculaires du jeune homme.

« L’art  futur  bouillonne dans la marmite » 
comme disait si bien Boris Vian. Soyons attentifs.

de Christophe Rodriguez

pour voir un extrait du 30 juin, cliquez ici
pour l'entrevue avec Gréroire Maret, cliquez ici

Grégoire Maret
Série Le Club series



Vic Vogel lève le toit de l'Astral (L'Astral, le 29 juin)


vic_vogel_150X150.jpgNous vous l'avions annoncé : le toit de l'Astral a failli lever hier soir, vendredi le 29 juin. En grande formation, le chef d'orchestre Vic Vogel, icône de la note bleu Montréalaise présentait : Influences afro-cubaines, où si vous préférez, la quintessence d'une émulsion qui bouillonne. Dans un registre qui partait de Chano Pozo à Dizzy Gillespie et de Gil Fuller à Duke Ellington et Chucho Valdès, pianiste et fondateur du groupe Irakere, la table était remplie à satiété.
 
Un orchestre puissant, dynamique, des arrangements travaillés sans que cela  perde de son swing et un Besame Mucho, tout à fait surprenant. Le bonheur grâce à un "vieux corsaire" et ses gentils acolytes.

de Christophe Rodriguez

pour l'entrevue avec Vic Vogel, cliquez ici

Vic Vogel
Série Jazz d'ici series



Colin Stetson, un athlète musical (Gesù, le 29 juin)


colin_stetson_150X150.jpg C’est un Colin Stetson à l’allure « cool » qui fait son entrée sur la scène du Gesù. Il met immédiatement son saxophone en bouche et l’hypnose commence. Dans un balancement pendulaire d’avant en arrière, il commence à souffler de façon ininterrompue. Le public est fasciné, car sa technique est déroutante et le résultat sonore singulier.

Alternant saxophone basse et alto, il livre ses compositions utilisant sa technique basée sur la respiration circulaire (lui permettant de jouer en continu), rapidité d’exécution et polyphonie. Le tout fait figure de performance d’athlète où technicité, rapidité, endurance et posture corporelle sont aussi cruciales que sa musicalité. Son visage se crispe, rougit, les muscles de ses avant-bras se contractent de plus en plus vite.

Il souffle sans relâche en lançant parfois des cris étouffés qui résonnent dans nos ventres – comme une bête sauvage rugissant de façon férocement mélodique.


Une performance qui laisse le souffle court!

de Chrystelle Maechler

Colin Stetson

Série Jazz dans la nuit series



Richard Galliano, maitre de l'accordéon, vibre De Bach à Piazzolla dans la Série Sommets acoustiques (Maison symphonique de Montréal, le 28 juin)


richard_galliano_150X132.bmpEn cette première journée du 33e Festival International de Jazz de Montréal, le roi Richard, maître de l'accordéon nous proposait un triptyque. Dans la magnifique Maison symphonique de Montréal, haut lieu de la musique classique et du jazz, espérons-le, Bach, Piazzolla et la musette étaient à l'honneur.

Entouré d'un quintette à cordes qui faisait littéralement corps avec le maître, dans un esprit résolument festif, le concert fut une réussite sur toute la ligne. Même si votre chroniqueur a entendu Richard Galliano plus d'une fois, l'indicible bonheur est toujours présent. Tout en douceur, les passages époustouflants de Piazzolla rejoignaient les bruits de Montmartre et Ménilmontant, avec un passage vers le Concerto pour hautbois (transposions accordéon), tout à fait dans le ton.

Éblouissant !, avec comme cadeau, une Javanaise en choeur avec le public !

de Christophe Rodriguez

pour voir un extrait de Petite Suite Française du 28 juin, cliquez ici
pour l'entrevue avec Richard Galliano, cliquez ici

Richard Galliano Sextet - De Bach à Piazzolla
Série Sommets acoustiques series



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