Sortiesjazznights.com

English

Annoncez | Contact

TOUTE L'ACTUALITÉ JAZZ DU QuÉBEC DEPUIS 2003

JazzBulletin   -   jeudi 16 novembre 2017 au jeudi 30 novembre 2017

Recevez gratuitement le JazzBulletin par courriel ou rss chaque jeudi!

Tous les événements jazz du QC dans les clubs, restos, concerts, bars, cafés et festivals !

RSS

Bulletin SJNPRO

Pour les musiciens
et professionnels
du jazz

twigg banniere 658x127.jpg

Cette section spéciale sur le Winter Jazzfest  est présentée en collaboration avec Twigg Musique



Le Winter Jazzfest NYC célèbrait le jazz et l'équité sociale du 5 au 10 janvier 2017 et nous y étions. Entrevues avec le harpiste Edmar Castaneda, la clavieriste Rachel Z / le batteur Omar Hakim, le bassiste Omer Avital, et le percussioniste Adam Rudolph.


output_kasIFA.gifsortiesJAZZnights.com a toujours voulu se rendre à NYC pour le jazz, après tout, n'est-ce pas la mecque du jazz et à seulement 6 heures de route de Montréal?

Donc je pars pour NY couvrir le 12e Winter Jazzfest NYC qui présente une programmation fort impressionante avec plus de 130 groupes (600 musiciens) dans une douzaine de lieux sur cinq jours, du jeudi 5 janvier au dimanche 10 janvier. Le concert d'ouverture, le 5 janvier. est nul autre que Pharoah Sanders et Shabaka and The Ancestors au Poisson Rouge mais c'est malheureusement complet!

Mais le coeur du WJF NYC sont les deux journées Marathon Days, Marathon Day 1 - Vendredi 6 janvier et Marathon Day 2 - Samedi 7 janvier qui presente une série de concerts environ chaque heure dans une douzaine de lieux et qui inclut des grands du jazz, des célébrités inconnues, du jazz dans tous les genres avec, entre autres, Andy Milne,  Ben Allison, Bill Frisell, Chano Dominguez, Charlie Haden, Dave Douglas, Donny McCaslin, Edmar Castaneda, Jazz Legends for Disability Pride, Nate Smith, Omer Avital, Rachel Z / Omar Hakim, Adam Rudolph, Chico Freeman, Arturo O’Farrill, Peter Bernstein, Ravi Coltrane, Dee Dee Bridgewater, Terri Lyne Carrington, Uri Caine, Vinicius Cantuaria, et tellement plus.

La liste des lieux des Marathon Days est également impressionante : Le Poisson Rouge, SOBs, Subculture, Bowery Ballroom, The Bitter End, Zinc Bar, Bowery Electric, Roxy Hotel, Nublu et 4 New School Auditoriums - tous dans un rayon d'environ deux kilomètres -  ce qui facilite l'accès à pied aux mordus du jazz comme aux amateurs de bonne musique. Si tout se passe bien je serai au Zinc Bar, Subculture et au New School, vendredi le 6 janvier samedi le 7 janvier pour des entrevues avec la pianiste-clavieriste Rachel Z avec le batteur Omar Hakim, le percussioniste Adam Rudolph, le bassiste Omer Avital et le harpiste Edmar Castaneda. Oh yeah! (entrevues sur cette page)

Dimanche le 8 janvier c'est le Thelonious Monk 100th Birthday Improv Show avec Kris Davis, David Virelles, Shabaka Hutchings, Sam Newsome, Marc Ribot, Charlie Burnham, Erik Friedlander, Linda Oh, Trevor Dunn, Hamid Drake, Andrew Cyrille, and Deva Mahal au Littlefield a Brooklyn. Lundi le 9 janvier c'est Sam Amidon Extended avec Andrew Cyrille, Shahzad Ismaily, Jeremy Gustin, Marc Ribot, Kris Bowers, Richard Sears, Curtis Fowlkes, Ben Goldberg, Sam Gendel et Linda Oh, au Poisson Rouge. Et pour clôturer le tout c'est le concert du Charlie Haden Liberation Music Orchestra, un concert pour l'équité sociale avec l'invitée spéciale Geri Allen, aussi au Poisson Rouge, mardi le 10 janvier.

Pour en savoir plus  : www.winterjazzfest.com

Claude Thibault, éditeur
sortiesJAZZnights.com

Ce reportage du Winter Jazzfest 2017 est présentée en collaboration avec Twigg Musique



Qu'est-ce qui est vraiment génial au Winter Jazzfest 2017 de NYC ? Les Marathon Days! Et c'est là que j'ai entendu Adam Rudolph's Moving Pictures Octet.


Adam Rudolph Moving Pictures Octet 5 solo - 150x150.jpgLe coeur du Winter Jazzfest sont les deux journées Marathon Days, Marathon Day 1 - Vendredi 6 janvier et Marathon Day 2 - Samedi le 7 janvier qui présentent un concert environ chaque heure dans une douzaine de lieux et une programmation avec des grands du jazz, des célébrités inconnues, et dans tous les genres de jazz. Alors chaussures de marches obligatoires pour voir une douzaine de concerts extra.

Le Marathon Day 1, j'ai vu Rachel Z Omar Hakim OZ 4tet (@Zinc), Dave Douglas & High Risk avec Shigeto (@Poisson Rouge), Omer Avital Quintet (@Zinc Bar), Vinicius Cantuaria Quintet (@SOBs), et le Nir Felder Trio (@The Bitter End)...wow! Et le lendemain, Marathon Day 2, c'était Jaimeo Brown Transcendence (@SOBs), Emile Parisien et Vincent Peirani (@Bitter End), Shabaka & The Ancestors (@Poisson Rouge), Adam Rudolph's Moving Pictures Octet (@Subculture), Edmar Castaneda World Ensemble (@New School), Chris Lightcap's Superette (@New School) et finalement Nik Bärtsch's Mobile (@New School).

D'ailleurs ma collègue Coco Jazz (bon plan jazz) m'a invité à son émission de 100,1 CKVL FM mardi le 10 janvier où j'ai présenté mes coups de coeurs du WJF, avec quelques anecdotes, pour écouter ce segment, c'est ici

Voici quelques mots échangés avec le percussioniste/compositeur Adam Rudolph qui présentait son Moving Pictures Octet au Subculture samedi le 7 janvier, un de mes lieux préférrés du Winter Jazzfest, underground, vaste, avec une belle scène et un très bon son. La musique d'Adam Rudolph est singulère et embrasse plusieurs formes musicales, divers languages, et une instrumentation et cosmologie d'Europe, d'Afrique, du Moyen Orient, de l'Asie et de la diaspora africaine. Voici un extrait de l'Octet capté au Jazz Gallery.
------------------------------------------------------------
CT - Adam c'était un excellent concert au Subculture samedi le 7, j'ai beaucoup aimé, je voulais te revoir depuis ta visite au FIJM en 2010...quelle sont tes impressions et commentaires au sujet du concert au Subculture...
------------------------------------------------------------
AR - On était très contents de cette configuration particulière de Moving Pictures, il y avait une chimie, une énergie spéciale avec tous les musiciens qui jouaient cette nouvelle musique que j'avais écrite et qu'on jouait en public pour la 1e fois, nous l'avions enregistré auparavant et elle sera sur le prochain album qui sortira en mars sur Glare Of The Tiger. J'ai beaucoup enregistré et chaque fois je tente de faire quelque chose de nouveau, de frais, qui mets en évidence de nouveaux intérêts et concepts sur lequel je travaille. C'est une combinaison de ça et le travail avec ces musiciens avec lesquels je développe ces concepts depuis plusieurs années. Je collabore avec Kenny Wessel (gtr) et Graham Haynes (cornet/trpt) depuis mon retour a NY en 2005, j'ai rencontré Ralph Jones (flute) a Detroit en 1974. J'ai rencontré Hamid Drake (batteries) dans un magasin de batteries quand j'avais 14 ans en 1969. J'ai enregistré avec Hamid et Don Cherry. Donc on partage depuis des années. Alexis Marcelo (piano/rhodes), je l'ai rencontré en travaillant avec Yusef Lateef. Tous ces musiciens exceptés Ralph et Hamid sont de NY et joue également dans mon Go: Organic Orchestra qui est un ensemble de musique du monde de 33 musiciens. Je ne joue par de percussions dans cet orchestre mais la dirige. Donc tous les musiciens connaissent les concepts qu'on jouent. Je voulais des musiciens que je nomme musiciens de R&D (recherche et développement), on viens de de la même école, comme j'ai appris avec Yusef Lateef où l'emphase dans la recherche d'éléments, de bien étudier, de repousser les frontières. Yusef Lateef disait que nous étions des évolutionaires, pas des révolutionaires. On parle beaucoup de la tradition, mon idée de la tradition n'est pas de jouer la musique de façon traditionelle mais plutôt de jouer comme les musiciens de musique traditionelle. C'est un processus créatif, une attitude créative, d'être capable d'inventer de nouveaux processus, avec de nouveaux éléments, des intervalles et des formes, d'une façon plus poussée. C'est aussi une façon de voir la vie.
------------------------------------------------------------
CT - Adam j'ai entendu beaucoup de musique avec des racines en Afrique, au Moyen-Orient, a Cuba, au Japon, dans la musique avant-garde, dans le jazz...
--------------------------------------------
AR - L'inspiration peut venir d'une foule de choses. Et dans ma démarche avec deux de mes importants mentors, en jouant dans leurs groupe, Don Cherry et Yusef Lateef ils me donnaient beaucoup de pistes. Dans les années 70 tout le monde voulait jouer et collaborer avec des musiciens d'autres cultures. Il ne s'agit pas ici de prendre des instruments et / ou des rythmes et styles d'une région ou d'une culture. Les styles sont transitoires mais les éléments (comme les intervalles et formes dans la façon et le language de la musique de l'ouest) sont universels. J'aime beaucoup travailler avec ces formes. J'ai décidé que je voulais aller plus loin et dépasser les structures d'accords harmoniques traditionnels. Tu as donc entendu des rythmes qui évoquent ces cultures mais en fait aucuns venaient de ces cultures. Il y a des patterns d'Afrique qui peuvent ressembler à des patterns des Indes. Mon idée avec Moving Pictures et Go : Organic Orchestra était de créer et de devenir mon propre prototype. Je veut la musique d'avoir son propre son, il y bien sur des références mais cette musique à son son. Yuseef disait "the tradition is to sound like yourself". Je ne veut pas jouer la musique d'une autre époque. Comme Thelonious Monk, il joue sa vie. Charlie Parker disait "you have to live it to play it". Je suis très inspiré par la façon que dirigait Miles Davis, un des ses grands talents était de savoir comment assembler et faire jouer des musiciens ensemble, en composant avec la chimie des musiciens, il savait comment créer des environnements créatifs. C'est ce que je fait avec Moving Pictures, j'écrit cette musique pour ces musiciens. Comme le dernier morceau qu'on a joué, "Wonderings" qui était en quelque sorte dédié à Yusef et Don. Et la 1e partie je l'ai écrit pour Ralph Jones (flute), la 2e partie pour Graham Haynes (cornet/trpt).
------------------------------------------------------------ 
CT - Il me semblait sentir beaucoup de partage, est-ce que l'aspect collectif est important ?
------------------------------------------------------------
AR - Tout est collectif. D'une certaine façon je suis le conducteur car je compose des pièces qui sont des environnements, des formes et des contextes qui permettent à tous les musiciens de jouer avec le plus de profondeur. J'essaie de trouver des façons de faire briller les musiciens. Je fais le tour du monde avec Go : Organic Orchestra et je dis toujours aux musiciens - qui viennent de divers créneaux comme le classique, le jazz et diverses cultures - trois choses importantes dans ce que j'appele la composiiton spontanée (je ne parles plus d'improvisation) : l'écoute, l'imagination et la troisière chose, le partage. Le partage c'est de projeter ses idées peu importe le jeu car c'est une partie importante au service de la création du moment créatif collectif.  C'est donc très collectif. Et c'est pas un truc d'improvisation free. Tous ont un rôle à jouer, comme un personage dans une pièce de théâtre, comme une conversation. Mais c'est à chacun de s'exprimer.
------------------------------------------------------------
CT - D'où te viens cet amour des percussions?
------------------------------------------------------------
AR - Quand on définit qui nous sommes, notre génétique et nos racines culturelles, on reviens toujours à la famille. Mon père aimait beaucoup la musique, un vrai mélomane. Il assistait a beacoup de concerts et il m'amena voir Duke Ellington, Louis Armstrong, Stan Getz, Max Roach, Mongo Santamaria, le Chicago Symphony Orchestra, et avait une immense collection de disques. Tout petit j'ai fait un peu piano classique mais sans succès. Quand j'avais 14 ans le quartier où je vivais, il y avait beaucoup de musiciens du AACM (Association For The Advancement Of Creative Musicians) et il y avait des gens qui jouaient des percussions dans un parc, j'y allais, j'ai donc joué  à mon tour et ensuite la musique est venue vers moi. J'ai étudié les percussions afro-cubaines, asiatiques, les tablas, je suis allé en Afrique, mais je n'ai jamais voulu jouer ces traditions, je voulais les comprendre, les respecter et je les aimait mais comment pourrais-jouer la rumba comme un cubain? J'ai toujours voulu jouer mon propre language et mon approche aux percussions. Je n'ai jamais étudié à l'école avec de livres et tout ça, j'entendais quelque chose et je trouvais par moi-mème cette façon de jouer, je suis donc autodidacte. J'ai été grandement influencé par Mtume qui jouait avec Miles et ensuite j'ai découvert celui qui enseigna Mtume, un dénommé Big Black, un grand percussioniste qui a joué avec Dizzy Gillespie et Randy Weston pendant des années, il avait une façon très originale de jouer que je qualifierais de percussions afro-américaines. J'ai donc passé beaucoup de temps avec lui et il m'a montré une façon d'aborder les percussions qui a ouvert mon esprit sur une façon pour moi de développer ma propre méthode. Sa façon de jouer les percussions permettait beaucoup d'ouverture. Je ne nommes pas ce que je joue comme du jazz, mais comme disait des fois Yusef Lateef, une musique "autophysiopsychic".
------------------------------------------------------------
CT - Si vous pouviez jouer avec n'importe qui, mort ou vivant, ça serait qui?
------------------------------------------------------------
AR - D'une certaine façon je sens que c'est ce que j'ai fait en partie, avec le trompettiste Don Cherry et le multi-instrumentaliste Yusef Lateef. J'ai connu Ornette Coleman et je crois que jouer avec un de ses groupes aurait été super, et bien sur, comme tout le monde Miles, Weather Report au début, McCoy Tyner aussi. Comme batteur, Thelonious Monk dans les années 60.
------------------------------------------------------------
Adam Rudolph's Moving Pictures Octet : Adam Rudolph - percussions, bidules électroniques / Graham Haynes - cornet, bugle, percussions, bidules électroniques / Ralph M. Jones - flûte, hanches / Kenny Wessel - guitare, bidules électroniques / James Hurt - percussions, bata, claviers / Alexis Marcelo - fender Rhodes, piano, percussions / Damon Banks - basse électrique / Hamid Drake - batterie, voix, frame drum, congas, bata.
------------------------------------------------------------
Liste des pièces de samedi le 7 javnier (toutes les pièces composées par Adam Rudolph) : Drum Call #2 / Estacticized / Dakpa #1 / Rotations / Dakpa #2 / Ciresque / Glare Of The Tiger / Wonderings.
------------------------------------------------------------
Crédit photo : Charles Daniel Dawson

Pour en savoir plus : www.winterjazzfest.com

Claude Thibault, éditeur
sortiesJAZZnights.com

Ce reportage du Winter Jazzfest 2017 est présentée en collaboration avec Twigg Musique



Un de mes coups de coeur du Winter Jazzfest de NY, le bassiste Omer Avital et son Quintet au Zinc Bar, vendredi le 6 janvier.


omer_avital_150X150.jpgUn de mes coups de coeur du Winter Jazzfest de NY, fut le bassiste Omer Avital et son Quintet au Zinc Bar, vendredi le 6 janvier au Marathon Day 1. Je l'avais vu et filmé avec son Quartet au Upstairs en 2012 et c'était un réel plaisir de le revoir. Je l'ai rejoint pour quelques questions à son domicile quelques jours après le concert.
------------------------------------------------------------
CT - Omer, super concert au Zinc la semaine passée, quelle est l'importance de vos racines dans votre musique?
------------------------------------------------------------
OA - C'est une partie intégrante de ce que je fait et ça varie selon la période de ma vie. J'ai été élevé avec un certain genre de musique, j'ai ensuite entendu toutes sortes de musique et je suis tombé en amour avec le jazz, le blues et la musique du Moyen Orient. J'ai étudié et joué ces musiques a fond, j'ai ensuite re-découvert mon héritage et mes traditions, qui est très riche, que ce soit les différentes musiques de l'Afrique du Nord, la musique yemeni en général et la musique du Levant. A certaines occasions c'était plus naturel et d'autres fois j'ai étudié ces musiques, par example j'ai étudié le oud et la musique spécifique à cet instrument. Donc ça s'est intégré dans ma vie et ma musique. Je joue surtout du jazz qui est une musique qui se laisse pénétrer et influencer par ces autres styles tout est demeurant ce que c'est.
------------------------------------------------------------
CT - C'était une première pour ce Quintet à NY...
------------------------------------------------------------
OA - Ce groupe existe avec des pauses depuis une dizaines d'années, les dernières 3-4 années ont été stables et en croissance. C'est mon 3e quintet et celui-çi est très très bon. Je suis très excité de jouer avec ce groupe, en fait tout le monde est bien excité et oui c'est une première pour ce Quintet à NY. Le pianiste Eden Ladin s'est joint à nous cet été. On a enregistré le nouvel album prévu pour l'automne tout de suite après le concert du Zinc et la musique qu'on a joué sera sur l'album.  On part en tournée la semaine prochaine et ça commence avec un grand concert à l'opéra de Tel Aviv avec deux très grands chanteurs de la région, Ravid Kahalani, un chanteur Yemeni et Haya Samir, une des plus grandes chanteuses du coin. On jouera donc un peu plus de musique du Moyen Orient avec ce quintet, ce qu'on a jamais fait dans ce genre de mise en scène. Ensuite on sera à Milan en Italie, ensuite la France, la Suisse, et Londres...et ça continue. On sera en tournée chaque mois en Europe.
------------------------------------------------------------
CT - Vous avez joué "Beauty and The Beast"...très belle pièce et un peu familière...
------------------------------------------------------------
OA - Je comprends cette familiarité. Mon explication - et j'ai déjà entendu ce commentaire sur mes pièces - est que j'écris sans filtre, quand j'écris une pièce et qu'elle est bonne, c'est pas vraiment moi qui l'écris, je ne fait que l'entendre. Je l'ai entendue où? Je sais pas, ça viens comme ça. Donc ce sentiment de familiarité est présent quand je compose. Ça c'est la réponse spirituelle, la réponse pratico-pratique c'est que je suis influencé par plein de choses tout le temps, j'aime la bonne musique de partout au monde et j'essai d'en mettre dans ma musique, donc une pièce comme Beauty and The Beast, quand vous l'entendez la première fois, vous vous dites c'est la chanson parfaite et elle bonne telle quelle, il y a un vibe des années soixante et un peu de Wayne (Shorter) et un peu d'Herbie (Hancock). Ça peu aussi vous rappeler une musique européenne moderne avec un peu de soul. C'est un peu tout ça. Je l'ai écrite en partie quand j'étais à l'Université de Jérusalem il y 14 ans où j'étudais la composition classique et aussi après une dizaine d'années à NY avec un style différent. A cette époque j'écoutais du Bartok et du Stravinksi et j'ai écris plein de trucs que j'ai jamais publiés. Donc il y a des idées sur ce morceau qui viennent de cette période ou je tentais d'être plus chromatique et moderne. C'est ça l'histoire de cette pièce. Elle est très différente de mes autres pièces. Le saxophoniste Greg Tardy l'a enregistré sur son dernier album., Chasing After The Wind.
------------------------------------------------------------
CT - Tu as toujours d'excellent batteurs...a Montréal au Upstairs en 2012 que j'ai filmé "One" - tu y étais avec Jonathan Blake et au Zinc Bar tu étais avec Ofri Nehemya...est-ce qu'un bassiste
a une façon différente de choisir un batteur?
------------------------------------------------------------
OA - Tout le monde est à la recherche de ce genre de batteur mais tu as peut-être raison, j'ai jamais pensé à ça de cette façon. J'ai joué avec toutes sortes de batteurs mais je n'ai pas vraiment de style de batteur avec qui j'aime jouer. Évidemment la connection avec le batteur est important, je suis donc à la recherche d'un certain niveau de précision et de drive.
------------------------------------------------------------
CT - Tes bassistes préférés?
------------------------------------------------------------
OA - Je pense que j'ai transcrit et appris la musique de quasiment tout les bassistes, j'ai eu des périodes, comme tout le monde. A un moment donné ça m'a aider à créer mon son pour que je me différencie. J'ai beaucoup de préférés...tout le monde!. Ray Brown pour son swing, ses solos et le sourire dans son jeu, Ron Carter pour ses lignes et basse et son jeu smooth, Charlie Haden pour ses mélodies, Garrison pour le feeling, Scott LaFaro pour le courage, Mingus pour le soul...c'est sans fin...Jaco Pastorius au début et aussi...Eddie Gomez. A un moment donné j'ai essayé de découvrir tout ce qui me tombait sous la main...Sam Jones était aussi un de mes préférés. Donc toutes sortes des bassistes selon la périodes. Après je me suis intéressé aux saxophonistes comme Charlie Parker, la transcription des solos de sax et de piano m'a aidé afin de m'éloigner d'un son de basse dans mes solos, je voulais jouer des solos comme un saxophoniste.
------------------------------------------------------------
CT - Si vous pouviez jouer avec n'importe qui, mort ou vivant, ça serait qui?
------------------------------------------------------------
OA - Il y en a tellement...Beethoven jouant le 9e Symphonie, aussi Charlie Parker, juste pour être autour de lui, évidemment tous les grands...comme Art Blakey, Elvin Jones. Elvin Jones est un de mes musiciens préférés, c'est une des mes plus grandes influences dans ma musique parce qu'il a re-invité le rythme. Tout mon rythme est influencé par Elvin Jones. Je connais plein de monde qui ont joué avec lui mais je n'ai pas eu ce plaisir, je l'ai entendu souvent et sa musique m'intrigue, elle est magique. J'aurais aimé jouer avec Bud Powell et aussi...Jimmy Hendrix.
Plus jeune j'essayais de comprendre comme le cerveau de Charlie Parker fonctionnait, aussi Beethoven et Mozart.  Zohar Argov - un des très grands chanteurs Yemini, une des mes idoles, j'ai été élevé sur sa musique, il changea une certaine façon de chanter. J'aurai aimé jouer un moment avec lui.

------------------------------------------------------------
Omer Avital Quintet : Omer Avital - basse / Asaf Yuria - sax / Alexander Levin - sax / Eden Ladin - piano et claviers / Ofri Nehemya - batterie
------------------------------------------------------------
Listes des pièces du Vendredi 6 janvier au Zinc : Daber Elay Africa  / Turkish Coffee Blue / Beauty and the Beast  / Immigration  / One Man's Light Is Another Man's Night  / Bombolero
------------------------------------------------------------
Pour en savoir plus : www.winterjazzfest.com

Claude Thibault, Éditeur
sortiesJAZZnights.com

Ce reportage du Winter Jazzfest 2017 est présentée en collaboration avec Twigg Musique



Le harpiste Edmar Castaneda, un autre de mes coups de coeur du Winter Jazzfest, samedi le 7 janvier.


edmar_castaneda.jpgLe harpiste Edmar Castaneda était également au Winter Jazzfest, le Marathon Day 2, samedi le 7 janvier 2017 avec son World Ensemble. Sa musique est un mélange fort intéressant d'une musique folkorique colombienne - le llanera - et le jazz. C'était la première fois que j'entendais du jazz sur une harpe et c'était singulier. Voici le bref échange que j'ai eu avec Edmar de sa résidence de Queens.
------------------------------------------------------------
CT - Le Edmar Castaneda World Project, c'est votre principal projet?
------------------------------------------------------------
EC - J'ai plusieurs projets mais le World Ensemble c'est tout nouveau, un ensemble de neuf musiciens du monde entier...Israel, Suisse, Chile, NY, Colorado et Colombie...
------------------------------------------------------------
CT - L'instrumentation du World Ensemble est unique et le lien entre la harpe, l'harmonica, la flûte et le trombone très intéressant...pourquoi cette combinaison?
------------------------------------------------------------
EC - En fait j'ai choisi cette instrumentation surtout à cause des musiciens. Je joue souvent avec ces musiciens et on se connait bien. Chacun à sa façon de jouer...et une passion pour la musique. De plus chacun apporte l'influence de sa culture, son pays et sa musique dans le World Ensemble. J'ai donc réuni mes amis et fait des arrangements pour ces instruments (flute/soprano sax/harmonica/trombone) comme une grande harpe, et en fait c'est ce que je joue avec ma main droite, avec le support du piano. J'ai orchestré le World Ensemble comme une grande grande harpe. Et chacun a un son. J'adore comment ils jouent.
------------------------------------------------------------
CT - Comment avez-vous commençé à jouer la harpe?
------------------------------------------------------------
EC - En fait tout ça commença quand j'avais 7 ans, je dansais sur le llanera, une musique typique colombienne. La harpe est le principal instrument de cette musique des plaines de la Colombie et du Vénézuela...C'était la première fois que j'ai entendais la harpe, j'ai commençé à l'étudier quand j'avais 13 ans.
------------------------------------------------------------
CT - Et le jazz?
------------------------------------------------------------
EC - Quand j'ai eu 16 ans on a déménagé a NY et c'est là que j'ai entendu du jazz pour le première fois. J'ai découvert Charlie Parker, Duke Ellington, Miles et je suis tombé en amour avec le jazz.
------------------------------------------------------------
CT - Avec le jazz, avez-vous re-inventé votre façon de jouer la harpe?
------------------------------------------------------------
EC - Oui, en jouant la basse, les accords et la mélodie, tous en même temps. Et en fait j'ai étudié la trompette au collège pour mieux comprendre le language du jazz, ce que je pouvais pas faire avec la harpe. Donc la trompette a été un pont pour moi, afin de comprendre et jouer le jazz. Ma musique est influencée par la musique folklorique colombienne, le llanera ainsi qu'un mélange de musique africaine, brésilienne, jazz, funk, musique urbaine de NY, et de l'improvisation. Parce que la harpe est diatonique, j'ai du créer une façon de jouer les demi -tons et l'éloigner du son diatonique typique de la harpe, et afin de pouvoir créer divers modes et possibillités. J'avais déjà changé l'aspect de la harpe, les cordes et autres trucs mais cette harpe que je joue actuellement à été fabriqué par la compagnie française Camac, c'est donc une collaboration. Ils ont crée les leviers qui me permettent de jouer les demi-tons. C'est la EC Llanera.
------------------------------------------------------------
CT - Êtes-vous influencé par les bassistes?
------------------------------------------------------------
EC - Oui, comme Jaco Pastorius par exemple. Il y en a tellement, j'apprends d'eux, comme avec John Patittuci avec qui je joue. Marcus Miller aussi.
------------------------------------------------------------
CT - Si vous pouviez jouer avec n'importe qui mort ou vivant, ça serait qui?
------------------------------------------------------------
EC - Je jouerais avec Dieu, et je serai heureux.
------------------------------------------------------------
CT - Un moment WOW de votre carrière?
------------------------------------------------------------
EC - Il y en a tellement mais un moment WOW serait quand j'ai joué avec Paquito D'Rivera pour le film Calle 54 au Beacon Theatre, je venais de terminer mes études collégiales et j'étais très jeune. Wow.
------------------------------------------------------------
CT - Et tes projets à venir?
------------------------------------------------------------
EC - Une tournée mondiale avec la pianiste Hiromi incluant un concert au Festival International de Jazz de Montréal, le 30 juin 2017.
------------------------------------------------------------
Edmar Castaneda World Ensemble : Edmar Castaneda - harpe /  Sholomi Cohen - sax / Marshall Gilkes - trombone / Itai Kriss - flûte / Andrea Tierra - voix /  Gregoire Maret - harmonica /  Pablo Vergara - piano, claviers /  Dave Silliman - percussions / batterie
------------------------------------------------------------
Liste des pièces du samedi le 7 janvier au New School : Entre Cuerdas / For Jaco / Jesus de Nazareth / Carrao Carrao / Quita Pesares
------------------------------------------------------------
Pour en savoir plus : www.winterjazzfest.com

Claude Thibault, éditeur
sortiesJAZZnights.com

Ce reportage du Winter Jazzfest 2017 est présentée en collaboration avec Twigg Musique



Quelques mots avec Rachel Z et Omar Hakim qui étaient avec OZ Experience au Zinc Bar dans le cadre du Winter Jazzfest.


rachel z omar hakim 150x150 good.jpgRachel Z est pianist/clavieriste et a joué avec Steps Ahead, Wayne Shorter, Victor Bailey, Stanley Clarke, et plus. Sa musique évolue entre le rock, le jazz, le EDM et autres influences et formes, avec le batteur (et mari!) Omar Hakim, elle forme le OZ Experience. Omar a joué avec Weather Report, David Bowie, Sting, Madonna, Dire Straits, Kate Bush and Miles Davis, pour nommer que ceux-là. J'ai découvert Omar en 1988 quand il était dans le house band de l'excellente émission de musique de NBC, Night Music, fort probablement l'inspiration de deux bonnes émissions de musique d'ici, Beau et Chaud et Belle et Bum. Donc quelques semaines après leur concert du 6 janvier au Winter Jazzfest, je les ai rejoint à leur domicile de NY.
------------------------------------------------------------
CT - Rachel et Omar, quelle sont vos impressions après le concert du Zinc au Winter Jazzfest 2017?
------------------------------------------------------------
RZ - Pour préciser, le concert était présenté comme Rachel Z, mais c'était en fait notre groupe et notre musique, le OZ Experience. La réaction du public était intéressante, car certains ne s'attendaient pas à ça. Il y avait des gens plus agés qui se sont dit, c'est quoi ça...c'est fou cette musique!.  Dans la salle Il y avait des jeunes DJ de WBGO (poste de radio jazz de NY), on apprécie beaucoup leur support, ils étaient très excités et avaient hâte de faire jouer notre nouveau disque - Eyes to the Future - en ondes quand il sortira.
------------------------------------------------------------
CT - Les pièces que vous avez joués seront sur votre prochain album "Eyes to the Future", la sortie est prévue quand?
------------------------------------------------------------
OH - Probablement entre l'été et l'automne. Le travail de studio est quasiment fini, nous avons un fun fou et je crois que ça sera super. Pour ce projet nous avons réalisé que nous voulions expérimenter and réellement créer un nouveau son pour le groupe en se servant de notre expérience musicale, de ne pas avoir peur de mélanger des trucs ensemble afin de créer un nouveau son. On a écouté beaucoup de musique, du rock, du EDM (electronic dance music), du rock alternatif, toutes sortes de genres de jazz, du jazz hip-hop, on observe un peu tout ça et en même temps on tente de réagir musicalement de façon créative à tout ce qu'on aime. À l'intérieur de cette expérience ça prends un moment pour distiller le tout dans une idée cohésive, je remarque que plus on joue cette musique en concert, plus ça nous aide à mieux formuler le concept. En bout de piste on aura mis le doigt sur une nouvelle approche pour notre groupe qui rendra nos concerts encore plus intéressants.
------------------------------------------------------------
CT - Quelle est la différence entre le OZ Experience (quartet) et Trio of OZ?
------------------------------------------------------------
OH - Le Trio of Oz est un trio acoustique qui joue des arrangements de jazz acoustiques de nos morceaux préférrés de rock alternatif et de musique originale et le OZ Experience un projet beaucoup plus électrique. Les dernières fois que j'ai joué dans des festivals de jazz européens, il n'y avait pas beaucoup de jazz. Il y avait des artistes comme D'Angelo en tête d'affiche, et plusieurs autres artistes avec de grosses productions. Le public est de plus en plus jeune et j'ai réalisé que ça deviendrait important pour nous si on vise la tête d'affiche d'avoir une production plus importante et un expérience musicale plus agréable pour ce public plus jeune. Je crois aussi qu'a sein du mélange de ces styles, il y toujours une connection avec l'esprit de l'improvisation dans la musique. On n'est pas obligé de définir ça comme du jazz mais on peut toutefois utiliser le language du jazz et influencer le produit final qui sera un nouveau mélange de sons, de musique, et quelque chose qui sera intéressant pour le public. C'est ça l'objectif.

RZ - Le Trio of OZ existe toujours, c'est le trio acoustique, ceci est la formation électrique, et c'est pour ça qu'on l'appelle le OZ Experience. Par rapport aux compositions, ce qui diffère avec notre matériel, on penche un peu vers les harmonies que j'ai utilisées avec Wayne Shorter sur High Life, j'ai donc pris cette expérience avec lui et je l'incorpore dans  certaines de ces pièces, en jouant par-dessus, mais c'est pas facile. Donc des éléments de Giant Steps, qui sont toujours un défi, et des rythmes 4/4, mais bien déguisés.
Les auditeurs ne savent peut-être pas ça, mais c'est ce que nous faisons.
------------------------------------------------------------
CT - J'allais vous demander si vous pensiez que le jazz devait se re-inventer pour survivre, mais vous avez déjà répondu un peu...
------------------------------------------------------------
OH - J'ai joué dans beaucoup des festivals pendant des années et des années, dans toutes sortes de configurations, jazz acoustique, jazz fusion, jazz funk, j'ai même joué au
Festival de Jazz de Montreux avec Nile Rodgers et Chic. J'ai donc vu les festivals présenter une toute nouvelle présentation de la musique qui n'est pas nécéssairement du jazz, et c'est correct. Ce qu'on a toujours su au sujet du jazz, c'est qu'il change toujours, a un moment donné c'était la musique pop de l'Amérique du Nord. Un chose que le jazz a toujours fait est de prendre les rythmes dansants du moment et de créer un musique sur ces rythmes. On tente de pas s'éloigner de ça. Si vous parlez de jazz à quelqu'un qui est plus jeune,  il partira quasiment à courir en criant, on veut donc pas aliéner le public de l'expérience de la musique improvisée et du language du jazz qui rends la musique intéressante. Notre objectif est de trouver une musique qui connecte avec l'auditeur, et en même temps introduire des idées d'improvisation et des concepts qui les interpellent. C'est une super expérience pour nous.
------------------------------------------------------------
CT - Sur votre page FB page on parle d'un nouveau genre qui est le EDM improvisée (electronic dance music)...
------------------------------------------------------------
RZ - Il y a quelques années j'ai découvert le progressive house, une musique que j'adore, un musique de deejays et de groupes comme Tonight, Disclosures, et Daft Punk et j'ai pensé, wow il y beaucoup d'improvisation dans cette musique mais avec la composition du son, dans le sens qu'ils assemblent ensemble divers éléments un peu comme on fait en jazz. J'ai donc commencé à utiliser des loops dans ma musique. On essaie de voir jusqu'a quel point on peut intéger du EDM dans notre musique, une forme d'art que je respecte beaucoup. Des pièces comme Eyes to the Future et aussi Lotus in London, ces pièces en 4/4 on des textures entremêlées de solos de jazz, et aussi UH OH qui a un beat reggae, un clin d'oeil a New Order - un de mes groupes préférrés. Omar a enregistré avec Daft Punk et ils ont utilisé beaucoup de ses rythmes incroyables qu'ils ont assemblés de façon géniale et magique, alors on s'est dit c'est inspirant parce que c'est ce qu'on fait. Beaucoup utilisent des échantillons de jazz donc pourquoi pas s'échantilloner nous-mêmes et développer des trucs avec Ableton Live. Au Winter Jazzfest ce n'est pas exactement ce que l'on a fait, on est en métarmorphose, comme un papillon. On a aussi fait une pièce de Foo Fighters (These Days) un clin d'oeil à ce qu'on fait avec le Trio of OZ, on a fait plusieurs pièces de gens comme New Order, Death Cab For Cutie, Sting, The Police, donc plusieurs covers et la plupart ont adoré qu'on massacre leurs chansons (rires). Dave Grohl (Foo Fighters) est super et il a dit qu'était ok qu'on utilise These Days, on l'a donc joué en 15/8.  On aime beaucoup le monde et l'histoire du rock alternatif. Donc beaucoup de musique de plusieurs genres qu'on peut combiner avec  la sophistication, l'harmonie et les mélodies de musiques comme celle de Wayne Shorter, Weather Report, etc...

OH - Même en tenant compte de ce point de vue je ne voudrait pas qu'on identifie notre musique comme EDM non plus. Pour moi c'est important d'utiliser tous ces languages  mais je ne veut pas créer d'attentes en s'identifiant a une musique spécifique. Je crois qu'on doit explorer les rythmes dance, le son EDM, des textures de rock alternatif, des moments d'improvisation jazz, et ça deviendra ce que ça sera. Quelqu'un trouvera bien un nom pour ce genre (rires). Moi mon boulot c'est de jouer la musique.
------------------------------------------------------------
CT - Et comment vous vivez votre vie de musiciens et en couple?
------------------------------------------------------------
RZ - Pour une femme qui joue du jazz, c'est le rêve parfait. Omar est un homme incroyable et super gentil, il est vraiment extra. Pour moi c'est vraiment génial parce que lorsque je suis en tournée avec d'autres groupes après un certain temps je me sens un peu seule et prendre un verre et sortir ne m'intéresses pas. Donc en tournée sans Omar je fais de la course, de la méditation et la musique doit être vraiment spéciale comme avec Peter Gabriel ou quelque chose comme ça. Donc c'est une situation idéale que mon batteur préféré soit intéressé à ce projet et c'est pas vraiment parce que nous sommes mariés, on n'avait pas vraiment l'intention de jouer ensemble quand on s'est unis. Mais des choses se sont passés, j'ai été futée et j'ai pris des batteurs qui n'allait pas avec mon son et ça il le prenait pas, il est donc venu à la rescousse comme un chevalier sur un cheval blanc (rires). En fait j'avais rien planifié mais j'aurais du parce que la musique était vraiment super, et maintenant on joue ensemble. Je suis sur que je le rends fou (rires).
------------------------------------------------------------
CT - Vous avez joué avec tellement de grands musiciens, est-ce qu'il y un moment WOW dans votre carrière que vous aimeriez partager?
------------------------------------------------------------
OH - Honnêtement, il y en a eu beaucoup. Je vivais toujours chez mes parents et j'avais 22 ans, un jour je suis arrivé et ma mère avait pris un message pour moi, un homme
avait téléphoné de L.A, il y avait une heure, il avait un nom bizarre qui commence avec un Z et quelque chose à propos de Weather Report, après trois secondes de réflexion
j'ai compris qui c'était mais elle avait perdu le numéro! Je l'ai finalement trouvé et téléphoné à Joe Zawinul qui m'engagea sur le champ suite aux recommandations de plusieurs personnes qu'il respectait. Merci à Gil Evans et Miles pour ces recommendations. Un autre moment était quand je travaillais en studio avec Mark Knopfler sur Brothers in Arms, Sting est arrivé et commença à parler à Mark de son nouveau groupe, Mark me présenta et suite à ça j'ai joué avec Sting sur The Dream of the Blue Turtles et Bring on the Night...

RZ - Il y en a eu des moments super en commencant par Steps Ahead, j'ai eu un message que ma coloc avait pris, quelqu'un avait téléphoné et mentionné quelque chose comme "stepping on the head". J'ai pensé que des amis me faisaient une blague et je ne l'ai pas contacté pendant quelques jours, mais il me rappella et j'ai finalement joué avec Steps Ahead, incroyable! Une autre fois pendant une tournée avec Pino Daniele, j'ai eu un message de contacter Real World qui cherchaient un clavieriste pour Peter Gabriel, je me suis c'est une blague d'amis encore une fois et j'ai attendu pour téléphoner. Finalement je les ai contactés et c'était vraiment Peter Gabriel. J'ai fait une audition à l'aveugle, ils m'ont enregistré, ensuite Peter Gabriel à écouté tous les enregistrements et c'est moi qu'il a choisi. Une autre fois j'ai contacté Wayne Shorter pour l'inviter à jouer sur mon disque Columbia, il ne pouvait pas mais m'a proposé la même chose, de jouer avec lui, une bien meilleure idée! Cétait vraiment super parce qu'après ça on a travaillé sur High Life. Ces deux groupes étaient vraiment parfaits pour ce que j'entendais dans ma tête. Avec Peter c'était une question de son, de pop et de mélodie et avec Wayne c'était comment il construisait les mélodies sur des harmonies complexes et comment il trouvait la note parfaite avec 16 accords par mesure! Être sideman a toujours été un apprentissage, mais mon but ultime était de diriger mon groupe, je me suis donc concentré sur ma carrière solo avec d'autres groupes plus jeunes comme celui de Terri Lyne Carrington et en bout de piste le Trio of OZ et le Oz Experience.
------------------------------------------------------------
CT - Si vous pouviez jouer avec n'importe quel artiste, mort ou vivant, ça serait qui? Jimi Hendrix, Beethoven, aucune limite!
------------------------------------------------------------
OH - Justement Jimi Hendrix en serait un, je l'aimais et l'admirait vraiment, j'étais très jeune quand il est décédé et j'avais lu quelque part qu'il y avait une possible collaboration
entre Jimi Hendrix et Miles Davis et j'ai pensé wow, ça va être quelque chose! Une semaine plus tard il mourut et j'avais le coeur brisé, j'aimais beaucoup sa musique et son sens de l'aventure.

RZ - J'aurais bien aimé moi aussi jouer dans cette collaboration Jimi / Miles, quand même!. Kate Bush. Être un robot avec Daft Punk! Jouer la partition de McCoy Tyner's part avec  John Coltrane.
------------------------------------------------------------
Rachel Z Omer Hakim Oz Experience : Rachel Z - claviers / Omar Hakim - basse / Sandro Albert - guitare / Jonathan Toscano - bass électrique
------------------------------------------------------------
Liste des pièces du vendredi 6 janvier au Zinc : Eyes to the Future / Humor & Nudity / UH OH / Sensual / Lotus in London /  These Days
------------------------------------------------------------
Pour plus d'info : www.winterjazzfest.com

Entrevue : Claude Thibault, éditeur
sortiesJAZZnights.com


Ce reportage du Winter Jazzfest 2017 est présentée en collaboration avec Twigg Musique



Facebook Twitter Youtube