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JazzBulletin   -   jeudi 8 décembre 2016 au mercredi 4 janvier 2017

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Étant donné que sortiesJAZZnights.com est consacré au millieu du jazz du Québec, nous nous concentrons sur les CD jazz d'artistes du Québec ou qui sont présents sur la scène du jazz au Québec sans toutefois exclure les artistes internationaux.


Les commentaires de Christophe Rodriguez sont indépendants de la rédaction et n'ont pas de lien avec les activités commerciales entre l'artiste et sortiesJAZZnights.com.

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Éditeur - développement des affaires
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claude.thibault@sortiesjazznights.com
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 Misses Satchmo - Is That All There Is

8 décembre 2016

Vous vous demandez pourquoi la formation Misses Satchmo est tant aimée du public? La réponse est toute simple, elle rend les gens heureux! Ayant vu plusieurs fois ces artisans de la note bleue, que ce soit en salle ou lors de multiples apparitions au Festival International de Jazz de Montréal, le travail est toujours bien fait, respectant une certaine tradition tout en y ajoutant une joie de vivre communicative. Certains diront que ce jazz immortel, entendu mille fois devrait être dépoussiéré, et pourtant, c’est bien le meilleur moyen d’initier un large public à des standards qui sont passés dans la culture américaine.

Misses Satchmo, c’est Lysandre Champagne, trompettiste et chanteuse, Blanche Baillargeon à la contrebasse, Marton Maderspach à la batterie, Yvan Belleau à la clarinette et au saxophone ainsi que le guitariste Jeff Moseley. Recréant l’époque des boites mal famées et autres clubs de la Nouvelle-Orléans, ces joyeux drilles puisent dans un répertoire dit traditionnel. Tous ceux et celles qui connaissent le trompettiste Louis Armstrong, les pianistes Fats Waller/Earl Hines, le saxophoniste soprano Sydney Bechet ou le joueur de  trombone Trummy Young trouveront certainement « un coin de paradis» ,  après l’écoute de cette nouveauté. Quand nous regardons de plus près la liste des pièces proposées, c’est presque un retour dans le temps, offertes avec saveur et inventivité. De Old Man Mose à Tight Like This, le répertoire du roi Louis en passant par Jonah and The Wales et Ain’t Necessarily So, nous entrons de plein pied dans «  la légende  ». Pour s’initier au jazz, ce nouvel opus est un cadeau que vous devez offrir à tous et chacun.

www.missessatchmo.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Thomas Carbou Patrick Graham - Impulse

24 novembre 2016

Je connaissais très peu le guitariste et multi-instrumentiste Thomas Carbou. Le percussionniste Patrick Graham, disons que j’en ai des souvenirs lointains. Autant dire que cette nouveauté qui est très loin du jazz m’apparaît comme neuve et en même temps relativement ancienne, si nous avons suivi le parcours de ces musiciens qui ont réalisé plusieurs croisements. Le premier qui me vient à l’esprit est sans contredit le griot Don Cherry, joueur de trompette de poche qui avait bâti son monde, sur le multiculturalisme musical. En fouillant un peu dans notre mémoire, nous citerons le collectif Taraï des Hadouks, Yussef Lateef, certains joueurs de oud et pourquoi pas, le guitariste Carlos Santana dans sa période Aquamarine. Tout cela pour dire que les esprits chagrins, qui croient au jazz pur et dur se détourneront, tandis que d’autres, trouveront dans Impulse de quoi alimenter le pays des rêves ou de la méditation.

En forme de dialogue et de chant, les deux musiciens, sans toutefois réciter des mantras, s’inscrivent dans une veine très musique du monde. Fin guitariste, Thomas Carbou déroule des lignes pures, télescopant les sonorités arabisantes et hispaniques, tout en respectant le dialogue qu’il établit avec le percussionniste Patrick Graham. Comme nous parlions de poésie, les titres sont assez évocateurs : Ombres d’opalines, Topaz, Annica ou Vents et marées. Dans la grande galaxie de la note bleue, nos deux interprètes ont trouvé un lieu d’échanges.


www.thomascarbou.com


http://patrickgrahampercussion.com/

pour quelques extraits d'Impulse  : https://www.youtube.com/watch?v=neAHTdUG01U

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Jean-Pierre Zanella - Quattro Venti

10 novembre 2016

Professeur attentionné au Cegep St-Laurent, homme de jazz et de variétés depuis plus de trente ans, le saxophoniste Jean-Pierre Zanella est un incontournable de la note bleue québecoise. Toujours prêt à aider les plus jeunes, il trouve aussi le temps de broder quelques compositions personnelles, qui font honneur à la profession.  Au début du mois d’octobre, dans le cadre de L’OFF Jazz, il lançait Quattro Venti, disque majeur élaboré pendant un séjour en Italie. Pour cette nouveauté inspirante qui est une ode au voyage, et loin du Brésil qu’il affectionne, nous sommes en présence de titres aussi poétiques que : San Marinella, Molambo, Orti Giancolesi et bien entendu : Quattro Venti. Afin d’éviter toute confusion sur le produit, précisons qu’il n’est question de sérénades napolitaines, mais bien, de compositions tout à fait jazz. Entouré d’une solide équipe, dont le batteur Paul Brochu, le contrebassiste Rémi-Jean LeBlanc, sa fille Sashana - qui chante en portugais, un 2ième batteur, Kevin Warren et autres invités de marque, le voyage peut commencer. 

Dans l’univers de Jean-Pierre Zanella, rien n’est laissé au hasard. En plus de conceptions harmoniques solides qui « trahissent  » le métier et une forte connaissance qui va du swing au hard-bop en passant par des formes plus modernes, l’ami Jean-Pierre livre un très beau message. Un peu comme Duke Ellington le fit avec Tourist Point of View, évocation d’une tournée au Moyen-Orient, Quattro Venti vous fera vivre l’Italie de l’intérieur avec un judicieux mélange de ballades et des compositions, plus acidulées. Sans jamais tomber dans la facilité, Zanella, tel un orfèvre, nous offre un très brillant joyau que vous devez absolument découvrir.

Pour voir notre vidéo de The Ride capté à L'OFF Jazz,
cliquez ici

www.jpzanella.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Jazzamboka - Jazzamboka

27 octobre 2016

Même si les nouvelles ne sont pas très bonnes sur le front de la musique, que ce soit pour les concerts ou l’écoute, sauf enligne, de petites compagnies croient encore à leur métier. Des compagnies comme The 270 Sessions qui mène avec la foi du charbonnier, une offensive bien ciblée autant sur les réseaux sociaux que dans les salles de spectacles. Après le deuxième disque du Hard Bop 5, du swing pur jus et intelligemment, le temps du jazz coopté à la musique du monde se fait sentir. Si l’idée n’est pas nécessairement neuve, il faut convenir que les cinq membres du groupe Jazzamboka ont de très bonnes idées qui toucheront un large public.

Oui, nous sommes en présence de percussions, d’idiomes musicaux africains, mais aussi de funk et parfois de hip-hop, ce qui donne une touche plus que personnelle à cette nouveautée éponyme. De bout en bout et parfois avec des paroles introductives, Jazzamboka nous convie à une certaine joie de vivre, le tout mâtiné de jazz ou plutôt fondu dans un ensemble qui n’est pas sans rappeler les Masters of Morroco avec le pianiste Randy Weston. Comme des chimistes, ils varient les atmosphères au gré des tensions musicales,  invoquent un certain art de vivre que nous retrouvons parfois autour des tam-tams du Mont-Royal. Bref, c’est une jolie nouveauté, parfois inclassable, mais qui devrait trouver preneur auprès d’un public aux oreilles averties.

Émile Farley : basse
Julien Fillion : sax alto et soprano, flûte, clavier
Félix Leblanc : claviers
Elli Miller-Maboungou : ngoma (tambours du congo)
Noel Mpiaza : batterie

Pour voir notre vidéo de Statement à la Journée Internationale du Jazz 2016, c'est ici

Jazzamboka sur Facebook
jazzamboka.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Joe Sullivan Big Band - Unfamiliar Surroundings

13 octobre 2016

Trompettiste et compositeur, Joe Sullivan cultive une nostalgie pour les grands orchestres, et c’est tant mieux. Depuis que le grand Vic Vogel s’est retiré dans ses terres, la relève se fait timide, parce que soutenir une grande formation est tout ce qu’il y a de plus difficile. À part l’Orchestre national de jazz de Montréal, la pianiste Lorraine Desmarais, le saxophoniste Yves Turgeon et leurs big bands respectifs, avouons que ce n’est pas tous les jours que les «  corsaires  » d’ici peuvent s’exprimer en groupe.

Pour cette nouveauté double, précisons-le, Joe Sullivan n’a pas fait de compromis. C’est du lourd, des suites costaudes qui demandent une écoute serrée sans toutefois tomber dans l’académique. Comme il l’avait fait pour illustrer la carrière du regretté trompettiste Laflèche Doré (The Lightning Suite) il y de ça des années, le maitre organisateur a résolument choisi la voie des Suites, moyen hautement inflammable qui permet d’exprimer des idées fortes.  En ouvrant la pochette, nous tombons sur October Suite, qui met en vedette une pléiade de musiciens comme le joueur de trombone Jean-Nicolas Trottier, le guitariste Lorne Lofsky, le batteur Dave Laing et l’éminent pianiste Andre White.

En forme aussi de cartes postales, nous passons à Suite Laurentides, un autre bel hommage à ce coin de pays où le bugliste Joe Sullivan fait état d’une maitrise totale de l’instrument, comme le saxophoniste André Leroux dans la pièce titre de l’album. Jamais sur le même mode, ces compositions offrent un kaléidoscope du jazz avec des essences de Gil Evans, Marty Paich et sans contredit Shorty Rodgers. Saluons ce travail de longue haleine ainsi que la vitalité des musiciens qui n’ont rien à envier à nos cousins américains.

En souhaitant de tout cœur qu’ils se produisent dans une salle de concert près de chez vous.

Pour voir notre vidéo de la pièce Let's Go de October Suite au lancement du 20 sept., c'est ici

Joe Sullivan Big Band sur Facebook
joesullivan.ca


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Andrée Boudreau Michel Dubeau - Da Ha

29 septembre 2016

Associée au jazz depuis des années, la pianiste Andrée Boudreau vous surprendra avec cette nouveauté que nous pourrions aisément qualifier de planante. Comme nous la connaissons grande voyageuse, elle a ramené dans sa besace d’artiste des sonorités japonaises qui se cooptent avec le jazz. En cette période automnale, Da Ha vous suivra certainement un peu partout, tout en apportant le calme nécessaire après avoir passé la journée dans la circulation. Si ce télescopage ne date pas d’aujourd’hui, songeons à ce qui firent à une époque les flutistes/saxophonistes Yussef Lateef, Sam Rivers ou le trompettiste/griot Don Cherry, il faut saluer cette initiative pour le moins courageuse.

En neuf plages, la pianiste et son complice le flûtiste Michel Dubeau, avec en renfort le percussionniste Dany Richard dialoguent. Bien entendu, nous sommes assez loin du jazz pur et dur, mais ayons l’esprit ouvert.  En apesanteur, après deux écoutes, nous voyons comme un fil d’Ariane se dérouler avec des accents toniques jazz qui évoquent parfois, l’univers du grand Randy Weston. Pour comprendre les motifs souvent aériens, il faut tout simplement laisser son esprit baguenaudé au fil du mouvement, et, pourquoi pas, à l'esprit d’un certain Japon ancestral.

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Piano Caméléons - Piano Caméléons

15 septembre 2016

De nos jours, il faut savoir jouer de tout ou presque. Si le jazz reste la matrice de ces deux interprètes, nous en conviendrons que les Piano Caméléons ont de quoi susciter l’attention, surtout quand il est question de John Roney et Matt Herskowitz. Si le premier est rompu à toutes les jam sessions, le second fait carrière aussi bien dans le monde classique que celui de la note bleue.  Samedi le 17 (19h) et dimanche 18 septembre (14h) à l’Espace Oliver Jones (5445 rue de Gaspé), nous assistions au lancement de cette nouveauté, doublée d’un concert qui vaudra certainement son pesant d’or.

Dans un esprit tout à fait serein et jamais compétitif, nous deux interprètes ont soudé leur expérience musicale pour un tour d’horizon particulièrement surprenant. Que vous soyez un mordu des 88 touches, simple amateur ou néophyte, il y a de quoi se faire un réel plaisir. En neuf plages, nous voyageons à travers différents univers comme celui de Bach : Prélude no 2, Debussy, avec son incontournable Clair de Lune, Rachmaninov pour le Prélude en do mineur ou Chopin avec un de ses innombrables nocturnes.

Joignant l’intensité à la réflexion, le tandem John Roney / Matt Herskowitz offre un véritable feu d’artifice,  jamais scolaire, donc réjouissant. Pour ce qui est du jazz, deux morceaux ont été retenu et non pas des moindres : Fascinatin’ Rhythm (Gershwin) et le très capricieux Blue Rondo À La Turk de Dave Brubeck. Là encore, les quatre mains font presque des  miracles avec ces relectures.  Un vrai bonheur automnal!

Piano Caméléons

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 SOA - Reflections

1 septembre 2016

Entre les effluves de soul et le funk de bon goût, la chanteuse Chrystelle Maechler et son trio SOA réussissent de bien belles choses. Avec l’été qui se poursuit, voici une presque nouveauté qui tombe à point. Après deux écoutes, nous sommes surpris par la voix chaude et enlevante qui évoque souvent, le meilleur du soul des années 70. Avec un trio, il n’est pas question d’avoir un filet pour se rattraper, donc la jeune pousse la machine sur des compositions personnelles et certaines reprises. Parlant de ces dernières, elle reprend le très émouvant Smells Like Teen Spirit (Kurt Cobain), le Hallelujah de Leonard Cohen, rendu avec précision et justesse, et plus encore, See Line Woman de la regrettée Nina Simone.

Juste pour ces trois plages, nous achetons les yeux fermés, mais suivez nos conseils, le meilleur est à venir. Dans ses compositions personnelles, la chanteuse offre un véritable tour de chant sans jamais vouloir copier les anciens ou anciennes, même si l’influence se fait nettement sentir. Si Mood swing est une ode au jazz, avec de légères inflexions modernes, Compared To What est tout  « ce qu’il y a de plus sexy  » et estival.  Nous en remettons une couche avec Beauty in Emotion, certainement la plus solide et personnelle de son travail de créatrice tout comme, Why Can't You Say. Entre le passage du flambeau et la modernité, SOA offre tout un amalgame qui se déguste lentement, comme un verre de rosé bien frais sur le bord d’une terrasse.

Chrystelle Maechler, voix et compositions
Thompson Egbo-Egbo, piano
Moïse Yawo Matey, percussions

https://soajazz.bandcamp.com/

NDLR : Chrystelle a également été responsable de la rédaction des bon plan jazz de la semaine et a travaillé sur nos entrevues du FIJM de 2011 à 2014! Bravo Chrys!

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréa


 Beth McKenna Jazz Orchestra - Home : Montréal

18 août 2016

Avouons tout de suite que je connais peu la saxophoniste ténor et chef d'orchestre Beth McKenna. Originaire de la Nouvelle-Écosse, elle a fait une grande partie de ses classes à Montréal, avec des professeurs aussi variés que Rémi Bolduc, Christine Jensen et Chet Doxas. Si je l’ai entendu lors des récents festivals de jazz, ce disque est tout autre, puisqu’elle est avec sa grande formation. Composé en majeure partie de jeunes montréalais, signalons la présence de la tromboniste Hélène Lemay et des trompettistes Rémi Cormier / Hichem Khalfa, ce Home : Montréal propose des idées bien intéressantes.  Avec ces compositions de Beth McKenna - qui on eu un peu de mentorat de la part de Christine Jensen, John Roney, Darcy James Argue et Jim Mc Neely - la jeune saxophoniste pouvait raisonnablement « ouvrir la machine ».

En quatre plages et mouvements bien tassées, nous reconnaissons facilement les influences et les styles d’écriture, et surtout, l’immense apport du maître que fut Gil Evans. Moins hermétique dans son esthétique que l’Orchestre national de jazz de Montréal, sans toutefois sans éloigner, nous parlons ici d’une vue d’ensemble qui demande une écoute attentive. À mille lieues de ce que firent Ellington, Basie ou Kenton, Beth McKenna se fait l’avocate d’une approche poétique où toutes les pièces trouvent leurs appuis dans le maillage des atmosphères. S’il y avait un plus de swing, vous savez, ce genre de truc qui vous fait taper du pied, notre travail est aussi d’encourager ces jeunes qui osent. En conclusion, bravo pour la direction d’orchestre ainsi que du message qui est transmis.

Une jeune dame à suivre attentivement, parce qu’elle a de bonnes idées ainsi que plein de bons musiciens.

Pour voir notre vidéo de Start, d'un autre projet, c'est ici

http://www.bethmckenna.ca/

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 MTL HB5 - Case No 5

4 août 2016

Le légendaire batteur Art Blakey et ses Jazz Messengers avaient compris depuis longtemps « le message ». Pour que le public soit heureux, il fallait du swing, pas du mou, des musiciens costauds et inventifs rompus aux acrobaties musicales et des thèmes accrocheurs. Ce quintette devient au fil des décennies une référence et le Hard Bop Five montréalais puise avec bonheur dans ce courant de pensée. Autour du contrebassiste Frédéric Grenier, du trompettiste David Carbonneau, du pianiste Jonathan Cayer, du batteur Alain Bourgeois et finalement du saxophoniste ténor Cameron Wallis, neuf belles histoires de swing se greffent. Respectant une tradition qui va justement du batteur Art Blakey au trompettiste Lee Morgan, sans oublier les pianistes Bobby Timmons/Horace Silver, cette fine équipe nous offre un petit quelque chose ou le joyeux se soude au redoutable.

Un peu dans l’esprit de ces trames sonores qui accompagnaient les films noirs ou de romans policiers, tout un chacun pourra aisément se faire son cinéma…estival. Que ce soit pour In The Kitchen, Dual Dimension ou Mr. Hitchens, nous tapons inévitablement du pied, et la tête dodeline, parce le hard bop fait son œuvre. Il n’est pas besoin d’être un féru du jazz pour apprécier le travail de cette jeune équipe. Sans copier ni vouloir transformer, il évolue dans un sillon productif qui a fait école. Trop souvent et à «force de se prendre la tête à deux mains» pour faire passer un certain message musical, on ne sait plus très bien où la note bleue veut aller. Dans le cas présent, tout est là pour la réussite. 

Ce qui est déjà beaucoup!

Pour voir EST capté lors du lancement au Quai des brumes le4 juillet, c'est ici

the270sessions.com/artistes/montreal-hard-bop-5/

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Christine Tassan et les Imposteures - Entre Félix et Django

21 juillet 2016

La guitariste/chanteuse Christine Tassan et les Imposteures offrent un jazz manouche qui fait mouche à tout coup. De ce genre musical immortel qui fait encore florès chez nos amis du vieux continent - mais pas seulement - nous pouvons affirmer sans crainte qu’elle est une digne continuatrice.

Avec beaucoup d’élan, un sens de la continuité et de l’histoire, Christine et ses complices tracent habilement des sillons dans cette veine qui attire toujours un public friand de swing, et qui fait inévitablement taper du pied. Ayant l’esprit d’aventure, elle a choisi de jumeler avec ses complices, les chansons de Félix Leclerc à celles du plus grand guitariste manouche : Django Reinhardt.

Idéal pour vos soirées estivales où se remémorer soit l’époque de Saint-Germain-Des-Prés et le Tour de l’Île du grand Félix Leclerc, ce disque est un coup de cœur qui rend inévitablement joyeux. En plus d’offrir une magnifique pochette qui se rapproche beaucoup de la bande dessinée, Entre Félix et Django ressemble à «un tour de force».

Avec une bonne humeur contagieuse, nous passons allégrement du P’tit Bonheur à Minor Swing, de Tears à Notre Sentier ou de la Mouche à feu à La pêche à la mouche.  

Félix aurait été comblé!

Christine Tassan : guitare soliste, rythmique et voix
Martine Gaumond : violon, podorythmie et voix
Lise-Anne Ross : guitare rythmique et voix
Blanche Baillargeon : contrebasse et voix

pour voir notre vidéo de Entre Félix et Django, c'est ici

www.christinetassanetlesimposteures.com/


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Rafael Zaldivar - Oneness

7 juillet 2016

Issu de l'Institut Supérieur des Arts de la Havane, le pianiste d'origine cubaine Rafael Zaldivar est un interprète dont il est difficile de se passer. Depuis son arrivée à Montréal en 2005, il multiplie les collaborations, tout en travaillant au sein de différents groupes. En cette période où la note bleue vibre d’un bout à l’autre de Montréal , il arrive avec une nouveauté qui fera certainement le bonheur de tout un chacun, que vous soyez jazz ou non!

Sous le titre Oneness, nous découvrons un pianiste racontant des histoires au fil de plages, évoquant un imposant bagage musical qui se traduit par une douceur…toute tropicale. Si par hasard, un membre de votre famille ou vous-même tâtez le piano à temps perdu, ce petit bijou vous donnera certainement envie de continuer. Certes il faut prendre le temps, écouter paisiblement et ne pas simplement tendre l’oreille. Entre la finesse de l’écriture, la subtilité des compositions et le phrasé tout aérien, votre été sera encore plus beau.

Les pistes :

1 - Oneness (RZ)
2 - Eyesight (RZ)
3 - Pregonero (RZ)
4 - Besame Mucho (Consuelo Velasquez)
5 - Circularity (RZ)
6 - Danza Negra (RZ)
7 - Décima (RZ)
8 - My Guaguanco (RZ)
9 - Don and Heather (RZ)
10 - Guantanamera (José́ Fernandez Diaz)

http://rafaelzaldivar.com/

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Rachel Therrien - Pensamiento (Proyecto Colombia)

23 juin 2016

La trompettiste et bugliste Rachel Therrien multiplie les projets à la vitesse de l’éclair. Après avoir remporté l’année dernière le Grand Prix du  Festival International de Jazz de Montréal,  elle est partie exercer son art à New York, sans oublier plusieurs collaborations avec des interprètes de musique dite latine. Tout en étant la trompettiste vedette du Kumbia Project, elle a aussi visé l’univers de la Colombie avec Pensamiento qui a sans contredit demandé beaucoup de travail.

Entre le jazz et la musique du monde, Proyecto Colombia est un immense patchwork qui réunit plus de quinze musiciens et des invités. Plus que du travail consistant , qui n’est pas seulement l’apanage de la trompettiste, ce mélange des genres touche et touchera certainement un très large public qui veut allez au-delà d’une certaine forme de jazz. Même si Pensamiento est dansant dans son essence, musclée juste comme il le fait, les onze plages sont un hymne aux sonorités latines intelligentes, et, certainement pas celles du Club Med. Une fois de plus, il faut surveiller cette jeune trompettiste qui fourmille d’idées.

https://racheltherrien.bandcamp.com/album/pensamiento-proyecto-colombia

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Joel Miller Sienna Dahlen - Dream Cassette

9 juin 2016

En prévision de son passage au Festival International de Jazz de Montréal mercredi le 6 juillet, le saxophoniste Joel Miller n’arrive pas les mains vides. Entre la musique du monde et un jazz aérien saupoudré d’une douce poésie, nous sommes en présence d’une nouveauté qui demande réflexion. Surprenant à bien des points de vue, Dream Cassette, qui met en vedette la chanteuse Sienna Dahlen, se veut inspirant et méditatif, comme en fait foi Warm Lake. Inévitablement, nous pensons à la voix diaphane de la grande Karen Young d'une certaine époque.

D’une écoute à l’autre, nous nous surprenons à trouver des bribes de sons du passé, comme le doublé saxophone/guitare, avec les voix en arrière-plan ou un univers rock/fusion tel Streamlined, qui fait sans aucun doute un clin d’œil au groupe-phare Uzeb. Il faut avouer que c’est un disque somptueux avec d’imposants moyens, dépassant pour ainsi dire le cadre de la simple note bleue. En douze plages de concepts évolutifs, nous retrouvons le tromboniste Dave Grott, le trompettiste David Carbonneau, le contrebassiste (et ingénieur de son) Paul Johnston, quand ce n’est pas le joueur de tabla Shawn Mativetsky et plusieurs autres. Une belle surprise.

Joel Miller, saxophones, voix, piano, guitare acoustique, tanbura, percussions
Sienna Dahlen, voix
Dave Grott, trombone
David Carbonneau, trompette
Francois Jalbert, guitare électrique
Jordey Tucker, guitare électrique et acoustique
Daniel Thouin , piano, claviers
Simon Pagé, basse
Fraser Hollins, basse
Paul Johnston, basse acoustique
Kevin Warren, batteries et percussions
Shawn Mativetsky, tabla, Dhol
Amelia McMahon, voix

joelmillermusic.com
siennadahlen.com

Mercredi le 6 juillet, au Club Jazz Casino de Montréal, place SNC Lavalin @ Festival International de Jazz de Montréal

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Lorraine Desmarais Big Band - Danses, Danzas, Dances

26 mai 2016

Ah cette chère Lorraine Desmarais!  Qu’elle soit avec son trio, en duo avec un autre pianiste, en solo ou avec son big band, le travail est toujours celui d’un orfèvre qui travaille son art. Depuis plus de vingt ans, nous suivons la carrière de cette grande pianiste au talent indéniable, et avec cette nouveauté, chapeau! Sans jamais se départir de son travail d’écriture, elle livre avec Danses, Danzas, Dances, un baume à l’ennui et trois clins d’œil au swing. Dans un esprit parfois Billy May, parfois Stan Kenton, nous songeons bien évidemment à Cuban Fire, son big band fait feu de tout bois. Si dans son essence il est question de musique latine, nous sommes aussi en présence de bien plus que cela.

Prenons par exemple Reggae Do!, Olivier ainsi qu’Ultra Triple Swing, et, la note bleue des beaux jours reprend ses droits. Dans un autre rayon, celui-ci beaucoup plus latin, Lorraine Desmarais fait encore des miracles. Il est impossible de résister à son Habanera, Bolero Romantico quand ce n’est pas, cette Milonga qui vous prend aux tripes. Allez, faites-vous plaisir avec cette nouveauté qui n’est pas simplement de circonstance. Dans le cœur et dans l’âme, c’est du travail de professionnel qui vous dit : «Dansez maintenant».

Samedi le 25 juin, Domaine Forget de Saint-Irénée de Charlevoix
Vendredi le 1e juillet, l’Astral dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Philippe Côté - Lungta

12 mai 2016

Jeune saxophoniste ténor, Philippe Côté s’est lancé dans un projet pour le moins ambitieux avec comme acolyte, le saxophoniste alto David Binney. Dans un esprit tout à fait Gil Evans, Maria Schneider, il invite le passionné de jazz à découvrir une aventure contemplative qui réponds au nom de Lungta. Disons-le tout de suite, il faut de la patience, du temps ainsi qu’une oreille exercée pour saisir toutes les nuances de ces compositions personnelles, parfois redondantes. Ne nous méprenons pas sur le sens du travail qui est en soi assez colossal.

Entouré d’une puissante machine, entendons un grand orchestre composé de musiciens aguerris, Philippe Côté exprime une certaine idée du jazz, assez hermétique, qui se doit d'avoir un auditoire. Si nous reconnaissons une plume de compositeur certain, nous pourrons lui reprocher un manque de swing, quelque chose qui prend aux tripes, à la manière de Charles Mingus et ses Workshop, de Duke Ellington ou tout simplement de Gil Evans. De la tenue, il y a, mais tout cela, est beaucoup trop sérieux ce qui donne parfois l’impression d’une prise de tête. Avec un peu de vie, ce long poème prendrait certainement d’autres couleurs.

philippecote.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 MISC

28 avril 2016

Pianiste talentueux comme ses acolytes, Jérôme Beaulieu vient d'opérer en toute collégialité un changement de nom pour son groupe. Sous le nom de MISC comme « miscellaneous  » ou changer un peu de titre sans en perdre son âme, ce trio vous fera passer de belles heures. Authentique dans son essence, ce trio évolue et poursuit sa quête d’un jazz tout à fait accessible, avec un je ne sais quoi de très personnel. Pour sortir du giron actuel qui fait de la note bleue un fourre-tout pas toujours digeste, nos trois larrons tricotent des inventions qui vous feront chaud au cœur. Cette cohésion, ou si vous préférez l’art du trio, se fait véritablement sentir dans : Unlucky, Overgrown, inventif avec La fin, une longue pièce de 8 minutes et rythmiquement chargé dans Respirer dans l’eau.

Il faut aussi souligner le travail impeccable du contrebassiste Philippe Leduc ainsi que du batteur William Côté, deux orfèvres qui font plus qu’accompagner le pianiste.

En résumant, MISC est une très belle nouveauté qui prolonge le travail de ces jeunes hommes de la note bleue qui croient encore à l’inventivité et l’émotion.

À découvrir samedi 2 juillet à l’Astral, dans le cadre du FIJM.

voyez notre entrevue avec le trio en cliquant ici

voyez Les Années Molles en cliquant ici

Pour en savoir plus, misc.band


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Michel Cusson - solo

14 avril 2016

Pour tous les aficionados de la guitare et passionnés de jazz dit fusion, Michel Cusson fut le «  guitar hero  » de la formation Uzeb. Il jouait plus rapidement que tout le monde, enfilait une quantité incroyable de notes au point d’étourdir même le plus coriace des passionnés de six cordes, bref, il en «  mettait plein la vue  », sans que cela soit de la poudre aux yeux.

Homme discret, Michel Cusson est en plus un brillant compositeur. Songeons aux musiques de Séraphin, Omerta, les Légendes Fantastiques ou Cavalia, le travail est toujours impressionnant. Entre deux voyages, et, retrouvant de temps à autre la solitude de son studio, il s'inspire d'une série de photos de famille jetées à la mer par une dame en état de panique. De cette reconstruction est né un fabuleux disque qui prend aux fils des plages, toutes les allures d’un voyage presque interstellaire. Michel Cusson aborde la vie et les  souvenirs, dans une ambiance parfois symphonique, parfois intimiste. Qu’il soit à la guitare sèche, électrique qui évoque plus d’une fois le Aqua Marine de Carlos Santana, cette promenade salutaire en douze plages est une bénédiction.

Sans être un disque d’ambiance, ce Cusson solo ira très certainement chercher un autre public. Une autre façon de redécouvrir ce maître discret, mais oh combien talentueux.

Pour en savoir plus, michelcusson.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Jacques Kuba Séguin - Litania Projekt

31 mars 2016

En 2014, dans le cadre du FIJM, j'ai découvert et entendu la première mouture du Litania Projekt. Malgré quelques réserves, j'écrivais que ce voyage d’est en ouest portait un message, soit celui de combiner certains thèmes classiques avec le jazz. Compositeur, trompettiste et arrangeur, Jacques Kuba Séguin a testé au fil des deux dernières années son matériel, et voici le résultat. Ce projet nous fait découvrir aussi le montréalais Quatuor Bozzini qui touche au classique, ainsi qu’à bien d’autres sphères musicales.

Dans cet esprit, j'ai immédiatement pensé à Astor Piazzolla, mais aussi au Modern Jazz Quartet avec un je ne sais quoi de plus moderne, à Charles Mingus et son Workshop, tout comme certaines suites ellingtoniennes. Connaissant l’état actuel de l’industrie musicale, il faut avoir la foi du charbonnier pour se lancer dans une telle aventure qui demande beaucoup de moyens.

Jacques Kuba Séguin n’est pas du genre à faire les choses à la légère. Ce projet qui embrase le continent européen, pour être plus précis, celui de l’Europe de l’Est est surtout un hommage à sa terre natale : la Pologne. À ceux et celles d’entre vous qui auraient dans l’idée de sauter certaines plages, nous vous le déconseillons fortement. Litania Projekt avec sa suite en quatre mouvements se veut et doit demeurer un ouvrage sur le long terme qui se savoure lentement, avec toutes les nuances qui l’accompagnent. Plus haut, nous  faisons référence à Duke Ellington, mais plus encore à Gil Evans et son Out Of The Cool. Tout cela pour vous dire que le Kuba Séguin, c’est du costaud, de la trempe de champion qui croit à note bleue distillée dans trois brins de musique classique.

À entendre et voir, vendredi le 8 juillet, à l’Astral dans le cadre du FIJM 2016.

Jacques Kuba Séguin, trompettes et compositions
Jonathan Cayer, claviers et piano
Frédéric Alarie, basse
Jim Doxas, batterie


Quatuor Bozzini

Stéphanie Bozzini Isabelle Bozzini
Clemens Merkel Alissa Cheung

Pour en savoir plus : jacqueskubaseguin.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Brubeck en tête - Suite Points On Jazz

17 mars 2016

Tout le monde ou presque connait le pianiste Dave Brubeck. De Take Five à Blue Rondo à la Turk jusqu’à Three To Get Ready, il fit le bonheur de millions de spectateurs qui aimaient ses rythmes un peu étranges. Formé à l’école classique tout comme le clarinettiste Benny Goodman, Brubeck aura tout au long de son immense carrière composé des pièces à caractère symphonique. Points On Jazz du percussioniste Vincent Dionne, que vous allez tenir dans vos mains sous peu, fait partie, de cette ambiance. Réunissant des gens de chez nous comme Jean-Michel Rousseau, pianiste, Michel Dubeau, clarinettiste et saxophoniste soprano, Jean Cyr, contrebassiste,  Marie-Soleil Bélanger, violoniste, ainsi que d’autres interprètes, cette nouveauté est un véritable bonheur.

Il faut l’affirmer, c’est une nouveauté somptueuse taillée dans un écrin de luxe. À travers cet univers feutré aux rythmes parfois étranges, Points On Jazz nous fait redécouvrir le Brubeck des années 60, celui qui donna une autre consistance à la note bleue. Pour les connaisseurs et autres aficionados, il s’agit en partie des œuvres dites européennes comme The Branderbug Gate, The Goldern Horn, Koto Song ou la suite opératique The Light In the Wilderness. Il faut de la patience et une oreille non distraite pour saisir toute la mesure de ce travail que nous considérons, comme titanesque.

Sachant comment il est difficile en ces temps incertains de réunir un aréopage aussi consistant de musiciens et musiciennes, la suite Points On Jazz relève de l’exploit pur et simple. Comme les formes sont hybrides, il ne sera pas étonnant que nous attendions cette formation à la Salle Bougie du Musée des Beaux-Arts, comme au FIJM...

Pour en savoir plus, écouter des extraits de voir des vidéos de ce projet, visitez https://www.reverbnation.com/brubeckentete

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Olivier Babaz - Odd Light

3 mars 2016

Fin contrebassiste, Olivier Babaz aime créer des atmosphères, souvent très inspirantes. Avec cette nouveauté, nous oscillons entre le jazz légèrement fusion et des compositions personnelles qui mettent surtout en vedette le guitariste François Jalbert. Si Corail rouge s’inscrit dans une veine assez douce, les échanges de musiciens - qui inclut également le batteur Mark Nelson - prennent rapidement le pas avec Snark attacks, Monkster ou L’appel du vide P2. Des influences il y a dans cette mouture, surtout si l’on se fie au style du  guitariste, qui nous rappelle souvent beaucoup Pat Metheny et parfois Paco De Lucia.

Chez le contrebassiste qui connaît fort bien l’art du trio, nous devons lui adresser nos félicitations autant pour l’unité, que les larges passages qu’il donne à ses confrères, cherchant à chaque fois le petit moment d’évasion. Si nous classons ce disque dans le courant de la note bleue, il faut bien évidemment aller chercher un peu plus loin, avec des courants musiques du monde et folk qui éveille chez l’auditeur l’appel au voyage. Si la reprise de Footprints (Wayne Shorter) est bien agréable, nous sourions aussi avec la plage 8 ; 
Instant Shape, un hommage non déguisé au grand bassiste Major Holley.

En conclusion, une nouveauté hybride qui demande une écoute attentive.

Pour écouter des extraits :

olivierbabaz.bandcamp.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Gilles Bernard Quartet - 4 rue Durocher

18 février 2016

Je vous confie, je connais peu le pianiste Gilles Bernard. Pourtant, cet interprète au long cours distille une note bleue bien personnelle qui fait plaisir.  Dans une ambiance sereine qui évoque les passages du temps et certains lieux imaginaires ou réels, 4 rue Durocher s’inscrit dans la tenue d’un jazz «made in Québec». Entouré de son vieux complice, le contrebassiste Pierre Côté, certains jeunes viennent se greffer à ce jazz tout en mouvance, comme le saxophoniste ténor Thiego Ferté et le batteur Louis-Vincent Hamel.

Dans les sept plages que vous allez découvrir, ce jazz dit en liberté se déploie comme un carnet de route avec des titres aussi poétiques que : La reine des cimes, Marie, Agathe ou l’énigme du 401 boulevard charest ouest. Sans trop le savoir, c’est presque un roman policier intimiste qui fait appel au cœur et à l’esprit, avec une série de compositions toutes aussi originales les unes que les autres.

Tout est dit, et prenez le temps, le détour en vaut vraiment l’oreille.

gillesbernardjazz.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Alain Bédard Auguste Quartet - Circum Continuum

4 février 2016

Grand patron de la compagnie de disques Effendi, contrebassiste de cœur voué au jazz sous toutes ses formes ou presque, Alain Bédard continue de propager la bonne note bleue. En ce début d’année 2016, le voici avec avec ce Circum Continuum, une nouveauté sous haute sensibilité qui fera sans contredit le pont entre "les classiques et les modernes". Entourée du batteur Michel Lambert, du pianiste Félix Stussi, qui évoque à merveille le regretté Bill Evans, et le saxophoniste alto/baryton Samuel Blais, la table est mise pour un jazz consistant aux allures très personnelles. 

En 13 plages et pas de superstitions qui proviennent du «  patron » et de ses fidèles corsaires, nous sommes en présence d’incubateurs d’idées et de souvenirs tels : Noirceur passagère, Umami de Seine, La Silva Major ou Face Time Oracle. De la basse solide qui soutient, et sert de trame aux compositions, les membres du quartet font plus que se greffer. Ils sont en quelque sorte une âme bien dévolue à cette écriture du jazz, on ne peut plus solide et jamais rebutante, même pour le profane. Jamais de longs discours, mais plutôt une écriture fine et séduisante qui permet à tout un chacun de donner au «  jazz made in Québec  », une couleur qui s’exporte sans problèmes.

pour en savoir plus, cliquez ici

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 Jason Stillman Quartet - Prelude

21 janvier 2016

Comme le disait si bien Boris Vian que nous citons allégrement : «  L’art futur bouillonne dans la marmite ». Malgré les aléas du marché, le fait que les disques se vendent de moins en moins bien, les artistes de jazz continuent à produire, avec la foi du charbonnier ! Saxophoniste alto montréalais, Jason Stillman s’est entouré d’une solide équipe : Josh Rager, piano, Fraser Hollins, contrebasse et Dave Laing à la batterie pour offrir un jazz contemporain. Sans tomber dans l’éclaté, ce Prelude est loin d’être un disque de circonstances. Visiblement moderne dans son approche, Stillman s’invite chez vous avec un son qui est loin d'être scolaire et des compositions originales.

Pensons au très beau Quartet Blues à la sonorité ample, au Suicide Squeeze ou Tribute qui est un hommage à ses maîtres, le travail de groupe est nettement prometteur. Comme l’âme est bien présente ainsi que la densité des architectures musicales, il faut plusieurs écoutes serrées pour comprendre la démarche artistique. Si cela manque parfois un peu de swing, nous saluons cette démarche souvent novatrice qui porte vers de nouveaux horizons. Encore une fois, un jeune homme et son groupe à surveiller, sur la scène d’un club près de chez vous.

Pour voir notre vidéo de Suicide Squeeze, cliquez ici

jasonstillman.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Randa - Subtle Thrills

7 janvier 2016

Avouons que je connaissais peu la chanteuse Randa, mais ce CD lancé en mars 2015 fut une découverte bien agréable. Arpentant la scène du jazz depuis 1992, elle fait souvent le pont entre les États-Unis, l’Europe et Montréal, dont le disque Moon Breeze avec le pianiste Cyrus Chestnut et le contrebassiste Michel Donato est un très bel exemple de tenue jazz dans la continuité.

Pour Subtle Thrills, quatrième sur la liste des productions de Randa, elle s’est entourée d’un aréopage de musiciens américains. Au premier rang, nous retrouvons son complice, le pianiste Cyrus Chestnut, suivi du saxophoniste Antonio Hart, du batteur Lewis Nash, du contrebassiste Dezron Douglas, ainsi que du trompettiste/bugliste Freddie Hendrix et pour conclure, Roger Squitero aux percussions. Collectionnant les standards, ce qui n’est pas toujours une « affaire facile », elle nous tend la perche avec Softly As a Morning Sunrise, How Insensitive, All the Things You Are, ainsi qu’un magnifique Blue Moon. De la voix chaude comme de l’intonation, nous sommes satisfaits ainsi que de la tenue des musiciens. Sans être un grand disque, il est bien difficile de refaire l’histoire, Subtle Thrills s’adresse à une clientèle qui déguste le jazz lentement.

randamusic.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


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