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JazzBulletin   -   jeudi 23 mars 2017 au dimanche 30 avril 2017

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Nous ne pouvons vous garantir que votre CD sera écouté et commenté pour des raisons éditoriales et de temps
Étant donné que sortiesJAZZnights.com est consacré au millieu du jazz du Québec, nous nous concentrons sur les CD jazz d'artistes du Québec ou qui sont présents sur la scène du jazz au Québec sans toutefois exclure les artistes internationaux.


Les commentaires de Christophe Rodriguez sont indépendants de la rédaction et n'ont pas de lien avec les activités commerciales entre l'artiste et sortiesJAZZnights.com.

Pour communiquer directement avec Christophe : rod.chris@hotmail.com
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Claude Thibault
Éditeur - développement des affaires
sortiesJAZZnights.com
claude.thibault@sortiesjazznights.com
514-815-6104



 Éric St-Jean - Résilience

23 mars 2017

Oh, que voilà une belle surprise, pour nous faire penser qu’un jour, le printemps va arriver. Inconnu dans mon livre, et pourtant, il a une longue feuille de route, le pianiste Éric St-Jean est un artisan avec un talent certain. Après 5 ans de durs labeurs, il fait son entrée sur la scène avec Résilience. Comme je ne l’ai jamais entendu, à moins que ma mémoire fasse défaut, cette nouveauté contient de précieuses pépites qu’il convient de déguster lentement. En six plages qui totalisent un peu plus de 40 minutes, il exprime autant son jeu pianistique que l’art du trio. Soutenu par de puissants complices au discours inventif, soit le batteur Martin Auguste et le contrebassiste Simon Pagé, la machine se rôde au quart de tour.

Entre le jeu un peu Bill Evans, un peu Keith Jarrett des beaux jours, songeons à Now He Sings, Now He Sobs (Blue Note), Éric St-Jean offre en plus un discours des plus personnels qui se traduit par six de ses compositions. Nous comprenons très bien qu’à travers Résilience, il raconte certainement l’histoire de sa vie et plus encore, celle de la vie de musicien. Avec Atterrissage qui ouvre la boite de pandore, nous sommes en face d’un style concret, virevoltant, appuyé par une solide main droite qui trace de superbes lignes mélodiques, tout cela en interaction avec des musiciens, et disons-le, les superbes lignes de basse de Simon Pagé. Bienvenue dans le spleen se passe de commentaires, puisque nous imaginons très bien les hauts et les bas d’une vie pas toujours facile, tandis qu’avec The Wheel, l’apport du Fender Rhodes apporte une petite touche qui évoque l’univers fusion des années 70. Vous aurez vite compris que cette nouveauté est un p’tit joyau, tout comme le pianiste.

Pour sa page Facebook, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Rémi Bolduc Jazz Ensemble - Swingin' With Oscar

9 mars 2017

Après son hommage bien senti au pianiste Dave Brubeck ainsi qu’à sa musique, le saxophoniste alto Rémi Bolduc revisite l’univers du géant canadien, le pianiste Oscar Peterson. Découvert par le puissant producteur américain Norman Granz en faisant une course dans un taxi à la fin des années 40, Oscar Peterson devint le pianiste maison de l’imposante compagnie de disques Verve. Après cette rencontre capitale, il côtoya pendant cinq décennies le gotha du jazz. Influencé par Erroll Garner, le petit gars de Saint-Henri représentait la quintessence d’un jazz stylé gorgé de swing, naviguant comme il le voulait entre le swing et le be-bop.

Connaissant Rémi Bolduc et son travail rigoriste quand vient le temps de se lancer dans un projet, l’affaire Peterson touchera sans contredit, un très large public. Chatoyante, d’une plage à l’autre, gorgée de swing comme dans les beaux jours (c’est l’aspect nostalgique du chroniqueur) cette nouveauté a de beaux jours devant elle. Entouré d’une solide équipe qui comprend l’étonnant pianiste Taurey Butler, le contrebassiste Fraser Hollins, le batteur Dave Laing, et la saxophoniste ténor Chantal de Villiers pour une plage, soit The Count, la machine est particulièrement bien rodée. À go, nous sommes partis pour un voyage au pays d’Oscar où les standards sont légion. Plus «  Parkérien  »  que jamais, l’ami Bolduc nous offre un beau jam session comme dans les années 50, où nous sentons que les musiciens en terre de connaissance ont un réel plaisir à partager ces matériaux qui ont véritablement passé la barrière du temps. Sans copier, mais avec un véritable clin d’œil à ce maitre du piano, nous réécoutons avec un bonheur indéfinissable : Place St-Henri, The Touch Of Your Lips, Bossa Beguine, I’Ve Never Been In Love Before ou la méconnue Laurentide Waltz.

Si cette équipe passe près de chez vous, courez et personne ne regrettera sa soirée.

Et justement, ils seront en concert mercredi le 12 avril à la Maison de la culture de Gatineau.

Pour voir Riff Blues, c'est ici

remibolduc.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Bélanger & Bisson - Conversations

23 février 2017

Il y a bien longtemps et dans une autre vie, la chanteuse et pianiste Anne Bisson fut comédienne. Reconvertie dans le domaine du jazz, elle a bien réussi à tirer son épingle du jeu, voyageant sur tous les continents. Sur des modes qui oscillent entre la chanson, la musique d’atmosphère et le jazz bien entendu, elle nous offre ces Conversations avec le violoncelliste Vincent Bélanger, ainsi que sur certaines pièces, les contrebassistes Jean-Bertrand Carbou et Jacques Roy, la chanteuse Charlotte Bélanger et la harpiste Isabelle Corriveau. Comme nous sommes en face d’une multitude de sonorités et d’ambiances, il est bien difficile de catégoriser son approche. Loin du fourre-tout, puisque c’est très bien réalisé, nous entrons dans un monde qui touche bien évidemment un très large public.

Songeons un instant à la composition Fly Away aux accents populaires ou Rêverie sentimentale qui met en vedette la sonorité profonde du violoncelliste. Exploitant aussi la musique de chambre, nous trouvons au détour le Dédéthoven du pianiste et compositeur André Gagnon, ainsi que l’étrange Fantasia For Morel. Pour l’accent blues/funk, le très sympathique Wake Up viendra donner quelques couleurs à votre hiver. Au fil des plages, Anne Bisson se révèle être une vocaliste et pianiste agréable, avec de jolis accents swing et une influence majeure, l’univers de Michel Legrand.  Sans être une curiosité, Conversations vise plusieurs types de mélomanes sans vraiment arriver à séduire.

annebisson.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Carlos Jiménez Michel Héroux - Voices

9 février 2017

Cette nouveauté s’adresse à ceux et celles qui ne peuvent aller se dorer sous un palmier en ce début de février glacial. En tandem, nous retrouvons donc les guitaristes Carlos Jiménez et Michel Héroux, professeurs tous les deux, qui nous dévoilent, avec Voices, une partie de leur travail et surtout leur savoir-faire!  Si nous trouvons plusieurs accents jazz, nous conviendrons que ce nouvel opus se glissera plus facilement dans la catégorie musique latine et / ou du monde, un peu comme le firent à une époque le trio d’Al Di Meola, John McLaughlin et Paco de Lucia. Plus encore, les onze plages proposées sont un matériau pour ceux d’entre vous qui auraient l’idée d’avoir l’avis musical des maîtres en la question.

Sans prétention et avec beaucoup de douceur, nos artilleurs de luxe s’immiscent dans votre subconscient, vous faisant oublier un tant soit peu les rigueurs de l’hiver. Sans être un grand spécialiste de la guitare, on a aimé Voices, mais sans succomber aux charmes de ces œuvres au caractère exotique. Classique tout de même dans la facture, mais qui mérite toute notre attention. Dans un ordre indistinct, il faut saisir toutes les subtilités de Samba, Bobby, Waltz for Kenny ou la pièce introductive : Atravès do Tempo. Ces as de la corde nous donnent le sentiment de partir en voyage, et plus encore, ou faire le plein de ces rythmes que nous attendons peu, de ce côté-ci de l’Hémisphère nord.

Poir voir Blues For Jim filmé lors du lancement montréalais, c'est ici

www.carlosjimenezmusic.com

www.michelheroux.net

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Christine Jensen Ingrid Jensen - Infinitude

26 janvier 2017

Dans les notes introductives, le critique de jazz James Hale se réfère au sentiment de nordicité, cher au pianiste Glenn Gould. En un sens, il a parfaitement raison, puisque les sœurs Jensen : Christine Jensen, saxophoniste alto, et sa sœur Ingrid Jensen, trompettiste à part entière, sont héritières d’un jazz canadien qui va de Vancouver à Montréal, sans oublier New York. Faisant aussi hommage à quelques géants d’ici, dont le pianiste Paul Bley et le guitariste Sonny Greenwich, vous avez une très bonne idée de ce Infinitude, un disque consacré à la note bleue, avec tout cela que cela requiert de savoir-faire et de travail sur le long terme.

Pour injecter un peu plus de puissance évocatrice dans ces paysages sonores, les deux sœurs ont fait appel au guitariste Ben Monder, ainsi qu’au contrebassiste Fraser Hollins et au batteur John Wikan. Comme il est question de pôle parfois magnétique, Christine Jensen insuffle, surtout au soprano, des accents de modernité qui évoque sans contredit  Wayne Shorter.  Pour ce qui est de Ben Monder, disons tout de suite qu’il dialogue avec force, et que sa présence est loin d’être inutile. Prenant très souvent des accents rock, je songe immédiatement à Robert Fripp (King Crimson), l’alliance se fait de communes mesures. Ne lésinant pas sur les moyens, Ingrid trouve rapidement sa place avec des accents électrifiés, dans la lignée de Miles Davis, sans jamais sacrifier une tonalité assez envoutante, presque métaphorique. Pour faire une analogie sportive, nous pouvons affirmer que cette nouveauté doit être écoutée sur la longueur et jamais d’une oreille passive, puisque le travail proposé s’adresse quand même à des oreilles averties. Faisons le pari que nous les entendrons au FIJM.

Liste des pièces:

1 - Blue Yonder (C. Jensen)
2 - Swirlaround (C. Jensen)
3 - Echolalia (B. Monder)
4 - Octofolk (C. Jensen)
5 - Duo Space (I. Jensen)
6 - Old Time (K. Wheeler)
7 - Hopes Trail (I. Jensen)
8 - Trio - Garden Hour (C. Jensen)
9 - Margareta (C. Jensen)
10 - Dots And Braids (I. Jensen)

Mais entretemps, Infinitude sera lancé au Jazz Gallery de NY, vendredi le 17 février (19h30)

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Cerbère Jazz - Entêté

12 janvier 2017

En ces temps où la musique se dématérialise de plus en plus, et, où il très difficile d’émerger, de jeunes loups se lancent dans l’arène. Quand ce chroniqueur reçoit un mot gentil de la part d’une formation au nom prédestiné : Cerbère Jazz (gardien en mythologie grecque), il fait une écoute attentive. Composé de Mäiko Dubuc au piano, Rémi Morissette à la guitare, Christian Pamerleau à la batterie et Sébastien Pellerin à la contrebasse, ce jeune quartet lançait en octobre dernier Entêté. Comme assez souvent, il n’y a point de standards à l’horizon, mais bien 11 plages personnelles aux accents poétiques, finement jouées. Très Bill Evans dans l’âme, avec un soupçon d’Hank Jones, sans oublier le Chick Corea des beaux jours (Now He Sings, Now He Sobs).

C’est à notre humble avis le pianiste Maïko Dubuc qui remporte la palme, avec un jeu fluide et constant, sans jamais oublier ses comparses. f Son jeu, sans toutefois innover en matière harmonique, offre une sonorité brillante et un toucher bien à lui, comme nous pouvons le constater avec la pièce-phare Entêté, ainsi que dans Mouvement perpétuel. À bien y penser, nous trouvons aussi dans cette formation, une filiation avec le trio MISC, soit celui du pianiste Jérôme Beaulieu. Se reposant aussi sur ses accompagnateurs, les phrases respirent et témoignent de l’intelligence du propos.

Si l’art du trio fut souvent évalué, nous pouvons affirmer que ces quatre musiciens ont de beaux jours devant eux, pourvu que vous leur donniez votre appui, coup de pouce nécessaire à l’éclosion de nouveaux talents d’ici, précisons-le.

Et pourquoi pas le faire à leur prochain concert, dimanche le 29 janvier prochain à 15h @ Centre Culturel de Pointe-Claire, 176 Chemin du Bord-du-Lac  514-630-1220

www.cerberejazz.com



Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


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