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JazzBulletin   -   jeudi 12 septembre 2019 au jeudi 31 octobre 2019

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Nous ne pouvons vous garantir que votre CD sera écouté et commenté pour des raisons éditoriales et de temps
Étant donné que sortiesJAZZnights.com est consacré au millieu du jazz du Québec, nous nous concentrons sur les CD jazz d'artistes du Québec ou qui sont présents sur la scène du jazz au Québec sans toutefois exclure les artistes internationaux.


Les commentaires de Christophe Rodriguez sont indépendants de la rédaction et n'ont pas de lien avec les activités commerciales entre l'artiste et sortiesJAZZnights.com.

Pour communiquer directement avec Christophe : rod.chris@hotmail.com
Pour en savoir plus, contactez :

Claude Thibault
Éditeur - développement des affaires
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514-815-6104



 Carl Mayotte - Fantosme

12 septembre 2019

Oh que voilà une belle plongée dans le temps, avec un émule d’Alain Caron et de toute la période fusion des années 70. Ne connaissant pas le bassiste Carl Mayotte, c’est avec le sourire aux lèvres que j’écoute cette nouveauté, avec des musiciens de très haut calibre qui donnent un sacré bon show. Coproduit par le guitariste émérite Michel Cusson, la sonorité qui émane de Fantosme me rappelle les belles années d'Uzeb évidemment, mais aussi Chick Corea et Weather Report. À bien y penser, nous trouvons aussi des emprunts à la période Stax.

Pour connaitre la bonne recette, prenez des cuivres et des souffleurs qui en ont dedans : les saxophonistes Jean-Pierre Zanella, Damien Jade-Cyr, Patrice Luneau, le trompettiste Rémi Cormier, le tromboniste Emmanuel Richard-Bordon, un percussionniste dont la réputation n’est plus à faire, Luc Boivin, un claviériste qui connait l’essence du Moog ; Francis Grégoire, la chanteuse Raymonde Gagnier, le guitariste Gabriel Cyr, le batteur Stéphane Chamberland et un bassiste, Carl Mayotte, maitre des lieux. Avec cet alliage qui réunit donc les meilleurs corsaires des modes fusion, nous sommes en présence d’un disque au «  potentiel inflammable  ». Foisonnant de rythmes, évitant les répétitions, Carl Mayotte et ses complices brillent par leurs improvisations soutenues. Par une judicieuse alchimie qui donne autant « la parole » aux instruments acoustiques qu’aux technologies pas si nouvelles que cela, les dix plages qui nous sont offertes, et ce sont des compositions personelles (sauf Crépuscule de Gabriel Cyr et Marise avec Janek Gwizdala), rendent le chroniqueur très heureux et espèrons-le, feront de même pour vous!

Le Fantosme (partie 1 - Le Poltergeist / partie 2 - Le Polisson) / Grand Prix / O Commodoro / Crépuscule / Haynarket Square /
Smoky Chicks / La Cavalerie s'envole / Marise / Mirroir Hélicoïdal / Spiritus


Pour voir une vidéo en direct du studio de Grand Prix, c'est ici

https://carlmayotte.com

Lancements de Fantosme : jeudi le 26 septembre au District St-Joseph de Québec et vendredi le 27 septembre au Dièse Onze.
(Carl Mayotte, Damien Jade-Cyr, Gabriel Cyr, Francis Grégoire, Stéphane Chamberland et Saud)

Jeudi le 26 septembre 20h
District St-Joseph
240 St-Joseph E, QC
418-717-0240

Pour l'événement sur Facebook, c'est ici

Vendredi le 27 septembre 18h30
Dièse Onze
4115A St-Denis, Mtl
514-223-3543

Pour l'événement sur Facebook, c'est ici
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Christophe Rodriguez (rod.chris@hotmail.com)


 Carlos Jiménez Quintet - Don’t Fall

29 août 2019

Sous le signe de la rentrée, le guitariste Carlos Jiménez nous offre une très belle leçon de swing sous haute tension. Renouant avec l’esprit de Jim Hall, de Joe Pass et un tout petit peu de Wes Montgomery, Don’t Fall présente a tout ce qu’il faut pour donner un bon show, comme disait si bien l’ami Plume. Subtilement enregistré, faisant ressortir un à un les chorus de sa fine équipe, l’atmosphère qui en découle suinte le club de jazz par une belle journée d’été. Connaissant un peu le musicien et son goût certain pour le partage entre amis, parce que ce n’est pas juste un disque pour et sur la guitare, la complicité est évidente.

Comme aux belles heures de Cannonball Adderley et de Dave Turner dont il est sans contredit l’un de ses héritiers, le saxophoniste alto Alexandre Côté donne son «  110 %  », pour reprendre une expression sportive. Dialoguant de vive voix avec le guitariste dans Keep It Simple et Don’t Fall, nous sommes en présence d’un musicien chaleureux qui ne «  s’enfarge pas dans les fleurs du tapis ».

Au côté du guitariste , nous retrouvons également le brillant pianiste Pierre François, le contrebassiste Dave Watts et le batteur Dave Laing. Comme tous les thèmes sont de sa plume, Carlos Jiménez a donc choisi des complices pour qu’ils explorent en sa compagnie, de superbes idées mélodiques à l’équilibre parfait.

Entre la précision et la maitrise des tempos souvent ultras rapides (East of The Village, Still Ringing), cette nouveauté nous fait  croire que le jazz est encore bien vivant. Pour l'entendre, Don't Fall sera lancé au Dièse Onze vendredi le 6 septembre à 18h30...
 
Keep It Simple / Don't Fall / The Fifth Element / Virgo / Still Ringing / The Process / Samba New Life / East Of The Village

Carlos Jiménez Quintet - Don't Fall

Carlos Jiménez, guitare et compositions
Alexandre Côté, saxophone
Pierre François, piano
Dave Watts, basse
Dave Laing, batterie

https://www.carlosjimenezmusic.com/

Lancement :

Vendredi le 6 septembre 18h30

Pour l'événement sur Facebook, c'est ici

Dièse Onze Jazz Resto   
4115A St-Denis   
514-223-3543


Christophe Rodriguez (rod.chris@hotmail.com)


 Simon Legault Trio - Liminal Spaces

15 août 2019

Ah, je connais certains amoureux de la guitare qui vont courir de ce pas chez leur disquaire ou le télécharger. Jeune musicien talentueux, le guitariste Simon Legault cultive avec ses complices le contrebassiste Adrian Vedady et le batteur Michel Lambert, l’art du trio. Comme il l’explique si bien, ce projet a pris sa naissance lors de multiples rencontres avec ses collègues, puis est née la chimie qui a donné naissance à Liminal Spaces. Pour donner du poids à cette nouveauté, les standards furent mis de côté au profit de treize plages aussi personnelles les unes que les autres, qui évoquent à notre humble avis, le travail d’un guitariste et compositeur des plus contentieux. Ce disque aérien empreint de poésie, sans toutefois tomber dans la « bouillie new age »,  s’apparente beaucoup à ce que fit Pat Metheny à une époque.

Il faut du temps et un certain état d’esprit pour se couler dans les douces ambiances de Liminal Spaces puis A Moment Ago. Pour le swing, nous retiendrons Solus I et Into the Unknow qui met en vedette le trio. Pendant que la guitare me chatouillait les oreilles, j’ai eu une douce pensée pour le regretté Jacques Languirand et son émission Par Quatre Chemins. Liminal Spaces aurait fait la joie du maitre des espaces infinis, qui fut aussi un passionné de jazz. En conclusion, Simon Legault expose avec sagesse et creuse les thèmes avec intelligence et sincérité. Du très beau travail pour qui aime la guitare et l’art du trio. Entre l’art vibrant et la chaleur communicative des musiciens, le travail de recherche est exemplaire.

Liminal Spaces / A Moment Ago / Inflexion / Solus I / Reenvision / Inevitable Certainty / Solus II / Adrift Solus / Interwoven / Prestidigitize / Solus III / Into the Unknown / Solus IV

Simon Legault Trio - Liminal Spaces

Simon Legault, guitare et compositions
Adrian Vedady, contrebasse
Michel Lambert, batterie

simonlegault.com


Christophe Rodriguez (rod.chris@hotmail.com)


 Jim Doxas Quartet - Homebound

1 août 2019

Batteur de profession, Jim Doxas est avec son frère Chet, saxophoniste et clarinettiste, l’un des piliers du Montréal/Québec jazz. Au mois de juin, pendant le premier Festival Québec jazz en Juin qui connut un franc succès, Jim dévoilait Homebound avec quelques corsaires de la note bleue. Comme il est de notre devoir d’encourager la production des gens d’ici, disons que cette envolée presque céleste est une jolie réussite. Ne lésinant pas sur les moyens, ni sur les compositions, puisque ce sont douze plages très personnelles qui nous sont offertes, l’amateur de jazz ainsi que celui qui aime la découverte y trouvera largement son compte.

Disons-le tout de suite, c’est du lourd, qui évoque tout à fait l’univers coltranien, surtout quand le saxophoniste ténor Al McLean y injecte son souffle (Caledon East). Nous pourrions en dire autant du trompettiste Lex French, habile mélange du Miles Davis des années 70, à la sonorité cassante et ombragée. Il existe aussi de très belles ballades sortie de cette boite à idées, comme A Ringing Endorsement qui me fit beaucoup penser au tandem Sami Rivers/Pharoah Sanders. Si ce n’est pas un disque de la maturité, cela y ressemble beaucoup. Au centre, le batteur Jim Doxas fait plus que battre la mesure. Il accompagne, soutient, ponctue comme le fit Art Blakey et sans contredit Elvin Jones, son modèle. Homebound est un message collectif et vivace où nous découvrons de complexes figures rythmiques.

Entre l’art vibrant et la chaleur communicative des musiciens, le travail de recherche est exemplaire.

Caledon East / Homebound / Home / Improv 3 / For Bill /
A Ringing Endorsement Improv 4 / Rosemarkie / Interruption / Improv 2 / Hymn for the 51 / Improv 1


Jim Doxas, batterie et compositions
Al McLean, sax tenor
Lex French, trompette
Adrian Vedady, contrebasse

jimdoxas.com


Christophe Rodriguez (rod.chris@hotmail.com)


 Nicolas Villeneuve - Interstices

18 juillet 2019

L’été nous permets de faire de belles découvertes. Prenez le cas du jeune pianiste Nicolas Villeneuve. Avec sa fine équipe de musiciens, il nous propose un joli voyage, tout estival, ancré dans huit compositions personnelles comme c’est la mode actuellement. Plutôt que de revisiter certains standards, bien que nous aurions aimé, il fait place à la créativité. Du jazz doux, semblable à une brise de vacances qui évoque parfois Sergio Mendes. Parce que Interstices fait place aussi à des sonorités latines, soutenu par la très belle voix de la chanteuse Eugénie Jobin et du saxophoniste Jules Payette qui appose soit un contrechant ou un accompagnement soutenu.

Imaginons un instant que vous êtes sur le bord d’un lac et à la troisième plage, Deux Océans vient accompagner la petite brise et le calme, avec en vedette, la voix cristalline d’Eugénie Jobin. À bien y penser, cette chanteuse que nous découvrons a certainement dû écouter Christiane Legrand, pilier des Doubles Six et sœur du grand disparu. Il ne faudrait pas oublier la contrebassiste Sylvaine Arnaud, dont le jeu tout en finesse rehausse la voix de sa complice. Pour ce qui est du pianiste Nicolas Villeneuve, nous pouvons d’ores et déjà affirmer qu’il se nourrit aussi bien du jazz que du classique. Un brin de Satie, deux cuillérées de Bill Evans, et hop, le tour est joué. Du jazz certes, mais bien plus que cela.

Été / La Cumbia de la Amistad / Deux Océans / Reunion de los Espiritus del Bosque / Continuidad de los Parques / Las Ruinas Circulares / Mémoires Fossiles / Atardecer

Nicolas Villeneuve, piano
Eugénie Jobin, voix
Jules Payette, sax alto / soprano
Sylvaine Arnaud, contrebasse
William Javier Machado, batterie

Le groupe sera au Festi Jazz Mont-Tremblant, samedi le 3 août @ 13h15.

Pour la vidéo-promo, c'est ici

www.nicolasvilleneuve.ca

Interstices sur Facebook


Christophe Rodriguez (rod.chris@hotmail.com)


 Laura Anglade - I've Got Just About Everything

4 juillet 2019

Ah, voilà du jazz délicieux d'une jeune chanteuse qui est originaire du sud de la France, mais élevée dans le Connecticut, puis établie à Montréal. La chanteuse Laura Anglade perpétue la tradition des grandes dames du jazz. Cultivant le raffinement dans l’interprétation, nous pouvons aisément rapprocher son style d’Helen Merrill, parfois Julie London avec un bien d’Anita O'Day quand vient le temps d’augmenter la pression. Cette nouveauté qui est un judicieux assemblage de standards presque immortels est un passe-partout. Que vous connaissiez le jazz ou non, un seul mot nous vient à l’esprit; séduction.

Dans un format très souple combiné au jeu aérien du saxophoniste Masashi Usui qui évoque indubitablement Stan Getz, notre jeune interprète qui ne cherche pas à « réinventer la roue », joue la carte de la passion et du lyrisme. Improvisant avec finesse et laissant assez souvent le champ libre à ses partenaires, elle revisite avec un infini bonheur Exactly Like You, Three Little Words ainsi que Beautiful Friendship, superbe pièce, qui montre de quel bois elle peut se chauffer, sur un tempo swing de bon gout. Une idée du jazz conçu avec cœur et un je ne sais quoi de séduisant. Allez, bonnes gens, vous ne serez pas déçus!

A Beautiful Friendship / Change Partners / Easy Way Out / Spring Can Really Hang You up the Most / Imagination /
I've Got Just About Everything / June's a Word / I'm Glad There Is You / Dearly Beloved / Exactly Like You / Three Little Words


Laura Anglade, voix
Masashi Usui, sax tenor et flûte
Sam Kirmayer, guitare
Jonathan Chapman, basse
Valérie Lacombe, batterie


Pour voir la vidéo de Social Call, c'est ici


Sa page Facebook, c'est ici

Pour en savoir plus, https://lauraanglade.bandzoogle.com

Christophe Rodriguez (rod.chris@hotmail.com)


 Jacques Kuba Séguin - Migrations

20 juin 2019

Si vous espériez un disque de jazz consistant, muri comme un bon vin avec des influences et beaucoup de tanin, faites confiance au trompettiste Jacques Kuba Séguin et ce Migrations. Jeudi le 27 juin au Festival International de Jazz de Montréal et vendredi le 28 juin a Québec Jazz en Juin, on se rincera l’oreille et partirons en voyage. Comme toujours, le trompettiste a fouillé, échangé avec des gens, pris le pouls de certaines influences et souvenirs de connaissances ou amis comme le romancier David Homel, l’homme de radio, de jazz et écrivain Stanley Péan, la communicatrice et ancienne dame de radio Marie Lamoureux, etc. De ce matériau est sorti Migrations, une nouveauté aux parcours multiples. Pour arrimer le tout, le trompettiste s’est entouré d’une très solide équipe composée du pianiste Jean-Michel Pilc, du saxophoniste ténor Yannick Rieu, du batteur Kevin Warren, du contrebassiste Adrian Vedady et, surprise, du vibraphoniste Oliver Salazar.

En sept plages, vous aurez amplement de quoi satisfaire votre curiosité autour de la note bleue. Après plusieurs écoutes, j’ai eu le net sentiment de me retrouver dans un club de jazz comme en fait foi la pièce Hymne avec les contributions du jeune vibraphoniste Olivier Salazar qui évoque parfois Bobby Hutcherson ou Gary Burton, le pianiste Jean-Michel Pilc, homme de jazz qui connait ses classiques et qui rend, à mon humble avis, un très bel hommage à Red Garland, et notre ami Kuba Séguin oscillant entre Miles Davis et Chet Baker, soutenu par un Yannick Rieu impérial avec comme compagnon l’âme de John Coltrane. C’est beau et avouons que cela ouvre bien le bal.

Dans I Remember Marie In April, c’est dynamique et « up tempo », truffée de belles citations musicales (oh qu’il est coquin encore une fois le pianiste) et le trompettiste fait un sacré beau clin d’œil à Freddie Hubbard. Il ne faudrait oublier le vibraphoniste, virtuose comme pas un qui lui aussi fait un autre beau clin d’œil au regretté maitre des mailloches : Lionel Hampton. Pour L’Écrivain, belle référence à notre ami Stanley Péan, pensons à l’univers du Blue Note, avec comme toile de fond, le Miles Davis des années 50.

Pour la vidéo EPK de L'Écrivain, c'est ici

Pour la vidéo de Origine que nous avons capté à Salle d'Youville du Palais Montcalm le 28 juin à Québec Jazz en Juin 2019, c'est ici

Allez, on ne vous en dit pas plus, c’est tellement beau et une grande réussite.

Hymne / Origine / L'Écrivain / Première Neige (You're Not Alone) / Choucoune / I Remember Marie In April / Mosaïques

Jacques Kuba Séguin (direction musicale, composition et trompette), Yannick Rieu (saxophone ténor), Jean-Michel Pilc (piano),  Olivier Salazar (vibraphone), Adrian Vedady (contrebasse) et Kevin Warren (batterie).

Jacques Kuba Séguin - Migrations était présenté jeudi le 27 juin (18h) à l'Astral dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal et vendredi le 28 juin (20h30) au Palais Montcalm dans le cadre du festival Québec Jazz en Juin.

Christophe Rodriguez (rod.chris@hotmail.com)


 Yves Léveillé Quintette - Phare

6 juin 2019

Parfois, nous évoquons une douce poésie quand nous parlons de jazz. Avec le temps gris qui plombe nos humours, mais ne nous décourageons pas car la chaleur arrivera bien un jour, nous vous conseillons fortement le nouveau disque du pianiste Yves Léveillé. Depuis plus de vingt ans, nous suivons la carrière de cet homme du jazz qui niche justement au cœur de ses compositions, une bonne dose de poésie qui incite à la rêverie et au voyage. 

Avec ce Phare  - qui est certainement celui de Pointe-au-Père (Rimouski) - il a convié des complices et pas des moindres :  Jacques Kuba Séguin, trompette, Yannick Rieu, saxophone soprano, Guy Boisvert, contrebasse et Kevin Warren, batterie à retrousser leurs manches. Pourquoi donc justement ?  Parce que les huit plages proposées s’adressent à des gens de métier, qui ont du cœur au ventre et disons-le, une connaissance approfondie du travail de groupe. L’univers du pianiste qui se confond aisément avec celui du romancier ainsi que celui du voyageur au long cours  et est composé de climats oniriques qui juxtaposent de longues plages rêveuses faisant  appel à tous nos sens. Avec ce quintette, il ouvre la porte à ses musiciens qui s’expriment à travers de longs chorus, nous songeons bien entendu à Jacques Kuba Séguin et l’indispensable Yannick Rieu.

Ne lésinant pas sur le temps, puisque les pièces oscillent entre 6 et 9 minutes, tout un chacun  « apporte sa voix  » à la pièce titre : Phare, ainsi que sur Gestation, Toujours Est-il, Eau Trouble et Gratitude. Sans être un musicien fougueux,  Yves Léveillé expose les thèmes, relance des complices et finalement, nous prend par la main pour le beau des voyages. Un intarissable discours poétique mené de main de maitre, par un interprète dont nous saluons la présence et la faculté d’émouvoir !

Phare / Sang-Froid / Gestation / Centaure / Toujours Est-il / Eau Trouble / La Lune dans sa Bulle / Gratitude

Yves Léveillé Quintette avec Yves Léveillé au piano, Yannick Rieu au saxophone, Jacques Kuba Séguin à la trompette, Guy Boisvert à la contrebasse et Kevin Warren à la batterie.


www.yvesleveille.ca


Pour contacter Christophe Rodriguez : rod.chris@hotmail.com


 Gentiane MG Trio - Wonderland

23 mai 2019

Révélation Radio-Canada jazz 2018-2019, le trio de Gentiane MG poursuit son petit bonhomme de chemin. Autant le premier disque m’avait laissé sur ma faim, autant le trio a franchi un pas qualitatif avec Wonderland. Autour de la pianiste Gentiane Michaud-Gagnon s’articulent le contrebassiste Levi Dover et le batteur Louis-Vincent-Hamel, dans une osmose parfaite. Empreint de tendresse et de poésie, il faut écouter le tout à oreille reposée et nous songeons évidemment au Bill Evans des belles années ainsi qu’Ahmad Jamal sur Live at The Pershing.

Si c’est l’unité qui fait le tout, considérons d’ores et déjà que le pari est gagné. Autour de ce disque oh combien sublime, soutenu par treize compositions personnelles, l’art de la ballade est omniprésent comme le swing qui faisait défaut lors du premier opus. En plus de développer d’élégantes lignes mélodiques, la pianiste dialogue avec ses complices et nous pouvons facilement évoquer le nom de Scott LaFaro quand il est question du contrebassiste. Il souligne, fait des appels du pied et ultimement, renvoie « la balle » si vous me passez l’expression, à la soliste.

Pour donner un peu plus de poids à nos affirmations, écoutez bien : Blue - Noir - Sol ainsi que Road To Nowhere. Parce que nous parlions de Bill Evans, mais nous pourrions aussi citer Randy Weston et dans une moindre mesure Michel Petrucciani, la pianiste-compositrice pose au cœur de cette nouveauté, la tendresse et la pudeur. Les plages 7, 8, 9 qui forme la matrice Wonderland reflète l’émotion au plus haut point, avec ce subtil mélange de contrechamps et de délicatesse.

En de pareilles circonstances, nous disons bravo à ce trio qui vous fera, sans contredit, rêver.


Opening : Forgiveness / Erased Self / Blue - Noir - Sol / Road To Nowhere / Empty Canvas / Heavy Weight /
Wonderland - 1e partie : Comeback / Wonderland - 2e partie : Shadows / Wonderland - 3e partie : Unbearable / Interlude : Sanctuary /  L’Heure du Thé / Fool's Gold / Repentance


gentianemg.com

Gentiane MG sur Facebook, c'est ici

Le Gentiane MG Trio sera en concert extérieur gratuit jeudi le 4 juillet dans la toute nouvelle programmation du 1er
Festival International de Jazz de Verdun
, un nouveau site du FIJM! Cliquez ici pour toute la programmation.

Pour contacter Christophe Rodriguez : rod.chris@hotmail.com


 AFJP - Post Bop Pawn Shop

9 mai 2019

Professeur de guitare depuis 15 ans au Cégep de Sherbrooke et frère du cinéaste très connu Kim Nguyen, le guitariste et compositeur Annam Nguyen cultive donc la bosse des arts et du jazz. Pour cette nouvelle mouture d'AFJP (diminutif de Annam’s Family Jazz Project), 4 ans après Dim Sun Jazz, il offre avec ses complices une version plus ou moins moderne du bop. Loin de Grant Green ou Joe Pass, évoquant Fred Frith, ainsi que Nguyên Lê dans son jeu, ce Post Bop Pawn Shop est roboratif, piquant avec juste ce qu’il faut pour titiller notre oreille. Comme souvent c'est le cas, les standards sont mis de côté au profit de compositions personnelles qui démontrent le travail accompli, aussi bien par le jeu que l’écriture.

Entouré du batteur Simon Bergeron, du bassiste Jonathan Boudreau, du saxophoniste Thiago Ferté et des invités « surprises », comme la  trompettiste Rachel Therrien et le claviériste Gabriel Vinuela Pelletier, notre tour de pistes peut commencer. À travers un univers singulier, parfois un peu scolaire, le guitariste revisite avec justesse l’essence du jazz : Nicky’s Reggae Groove, la chaleur de la bossa-nova sur Used To Be Bossa qui met en vedette la trompettiste Rachel Therrien, qui est une première rencontre sur disque. Dans un régistre qui oscille entre le rock léger et le jazz, Hot Babe, la pièce d’ouverture est une belle entrée en matière. Nous sommes en présence d’un jazz aux accents rock, typiquement contemporain qui met en vedette le guitariste, sans toutefois oublier ses complices.

C’est du beau travail soudé, imaginatif avec de judicieux espaces poétiques. Bravo !

Hot Babe / Almost There / Post Bop Pawn Shop / Frigid-Air / Nicky's Reggae Groove / Out of Credit /
Used to Be a Bossa / Gossip / Juju / Winter's Coming


afjp.ca


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Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal

 

 


 Montreal Guitar Trio - California Guitar Trio - In a Landscape

25 avril 2019

Si la guitare n’est pas mon instrument favori, je peux reconnaitre le talent des gens d’ici et d’ailleurs. Ayant toutefois une faiblesse pour le grand Wes Montgomery, du côte rock Stevie Ray Vaughan ainsi que Carlos Santana, il faut se tenir au courant des nouveautés. Si de jeunes musiciens ou ensembles ont besoin d’un petit coup de pouce, notre travail devient encore plus qu’essentiel. Du Montréal Guitare Trio, nous avons que de bons mots et la formation composée de Sébastien Dufour, Glenn Lévesque et Marc Morin en connait un rayon en la matière. Sans être véritablement du jazz au sens strict du terme, bien que nous supposions que nos artilleurs aient écouté Joe Pass ainsi que Pat Metheny, le travail est impressionnant de bout en bout.

Pour ce voyage « dans la nature  », ils ont retrouvé leurs complices du California Guitar Trio composé de Bert Lams, Paul Richards et Hideyo Mriya. De cette réunion entre amis qui est tout sauf un concours de qui jouera le plus rapidement, les amateurs et passionnés de six cordes trouveront amplement de quoi satisfaire leur passion, évidemment. Entre des compositions personnelles et la relecture de Weird Fishes (Nirvana), Space Oddity (David Bowie) et l’énigmatique In a Landscape de John Cage, que d’émois. Que vous aimiez ou non la guitare, cette nouveauté est un vrai bijou qui s’adresse au plus grand nombre.

Félicitons ces artisans qui peaufinent leur art avec cœur.

New Horizons / Weird Fishes / Magneto / In a Landscape / Fortune Island / Glass Tango / Space Oddity / First Steps / Perpetuum Mobile - Live in Atlanta

Pour écouter In a Landscape, c'est ici

Montreal Guitare Trio : Sébastien Dufour, Glenn Lévesque et Marc Morin

California Guitar Trio : Bert Lams, Paul Richards et Hideyo Moriya


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 UZEB - R3UNION Live

11 avril 2019

La sortie de ce UZEB R3UNION Live dépasse largement le cadre du jazz. Pendant quinze ans, ce formidable trio qui s’est inspiré du défunt groupe Weather Report aura donné au jazz-rock montréalais et du Québec ses lettres de noblesse. Parti de rien, ou presque, le trio composé de Michel Cusson à la guitare, Alain Caron à la basse, Paul Brochu à la batterie, sans oublier les claviéristes Jean-St-Jacques et Michel Cyr auront faut vibrer les foules sur tous les continents. UZEB, ce fut une école et des virtuoses. Qui ne se souvient pas des riffs incendiaires de Michel Cusson, des chorus de basse d’Alain Caron, jamais de mauvais goût et toujours chatoyants, et les pulsations de Paul Brochu, le sourire aux lèvres.

Oui nous étions présents lors du Grand Événement Extérieur au FIJM en 1992 et encore à la Place des Arts en 2017, lors de leur concert R3UNION pour ce même festival. Nous y étions jeunes et moins jeunes, avec cette idée bien précise pour les uns de se remémorer une époque, tandis que pour les autres de découvrir ces artilleurs de luxe, UZEB n’avait pas failli à la tâche. Pour donner un peu plus de mordant au concert de 2017, une rutilante section de cuivres soufflait le chaud lors du mémorable concert. Prenant le taureau par les cornes, parce que les compagnies de disque n’ont pas vu le potentiel présent, c’est le bassiste Alain Caron sous l’étiquette Norac qui a décidé de coucher ces instants précieux. Lors d’une série de tournées en 2017 qui comprenait le Canada évidemment, mais aussi le continent européen, la machine UZEB fit bien des flammèches.

Traduisant l’état d’esprit avec applaudissements à l’appui, les neuf plages qui nous sont offertes vous feront rapidement oublier les désagréments de mère Nature de ce mois d'avril. Plus que du bon, c’est inespéré, joyeux et gorgé de swing. Pour les audiophiles, sachez qu’un doublé sort en vinyle, du solide 180 grammes, un disque compact, et bien entendu, sur toutes les plateformes de téléchargement. Avec des arrangements légèrement retravaillés et parfois la présence des cuivres, c’est une seconde vie pour ce trio qui n’a rien perdu de sa magie. Tout est là avec : Junk Funk, l’inoubliable Perrier Citron qui côtoie si bien 60, rue des Lombards, Cool It bien entendu et le très beau GoodBye Pork Pie Hat, hommage de Charles Mingus au légendaire Lester Young.

Un vrai cadeau!

Loose / Cool It / Junk Funk / Slinky / Goodbye Pork Pie Hat / Perrier Citron / R3UNION Suite (Mr Bill / Wake up call / Funkaleon) / 60, rue des Lombards / Brass Lic

Disponible sur Spotify, iTunes, Amazon, en double vinyle sur Renaud-Bray

Pour notre extrait vidéo de New Hit capté au FIJM 2017, c'est ici

UZEB sur Facebook


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Michel Berthiaume Quartet - Uncompromised

28 mars 2019

Professeur de batterie à l’école de musique Vincent d’Indy et musicien très actif de la scène montréalaise et du Québec, Michel Berthiaume nous invite à découvrir sept plages de compositions personnelles qui touchent à tous les styles. C’est surtout un disque soudé qui fait écho au travail incessant de ces jeunes musiciens qui «  écartent  » depuis très longtemps la relecture de standards. Si nous trouvons cela un peu dommage, cela permet très souvent de comparer, puis d’entendre le jeu du batteur avec certains maitres, puisque «  toutte est dans toutte » comme disait si bien Raoul Duguay, nous donnons la chance au coureur.

Contrairement à la présentation du disque sur CDBaby, le swing est peu apparent et nous sommes en présence d’un vrai disque de free jazz qui parfois tourne en rond. Après deux écoutes serrées, nous avons essayé de trouver une ligne directrice qui faisait naitre l’émotion, mais ce ne fut pas le cas. Si nous reconnaissons le travail d’écriture et la cohésion du groupe, avouons que les pièces 180, Cynical Buddhist ou Randomiser se ressemblent étrangement. Bien que loin d’être inintéressantes, les compositions du batteur souffrent de pesanteur, ainsi, que d’un trop-plein d’écriture. Un petit appel d’air comme dans Shifting Moods, nous aurait fait taper du pied plus souvent.

Uncooperative / 180 / Cynical Buddhist / Randomiser / Evidence / Sambain't / Shifting Moods


Pour Uncompromised sur sur CDBaby, c'est ici

Pour la page Facebook professionnelle de Michel Berthiaume, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Rafael Zaldivar - Consecration

14 mars 2019

Professeur de jazz et de piano à l’Université Laval, musicien bien connu du tout Montréal et du Québec, Rafael Zaldivar signe un album majestueux. Au cœur de cette nouveauté qui fera certainement l’objet d’un concert ou d’une tournée, espérons-le, nous retrouvons l'âme de la musique cubaine avec tout ce que cela peut apporter de variantes. Pour comprendre la genèse de ce travail, lisons ce que dit le pianiste dans les notes introductives : « Cet album est né avec ma Consecration dans la main afro-cubaine d’Orula. La main d’Orula est une immersion spirituelle dans la pensée éternelle de la création à travers la connaissance de l’énergie et sa manifestation dans la matière ». N’ayez crainte, nous sommes loin d’un disque de spiritisme, mais plutôt en présence de forces conjointes musicales particulièrement dynamiques.

Allez, plongez avec votre fidèle chroniqueur et vous ne serez pas déçus. L’offrande cubaine décolle avec un Rock Con Leche aux accents futuristes où se conjugue la superposition du piano et du synthétiseur, suivi d’un roboratif Arara. Si le jazz est bien présent, je soupçonne le pianiste d’avoir écouté Erik Satie en cachette, puisque Manifested Creation évoque les Gymnopédies. Au cœur de la ville, certainement très tard, le Afro-Cuban Warriors a comme ingrédient cette petite touche de modernité, propre aux temps qui changent. Au détour, un clin d’œil au pianiste et chanteur Nat King Cole, avec une relecture d’Unforgettable sous forme de boléro. Vous dire que c’est beau relève de l’euphémisme, sensuelle à souhait, elle fleure bon le printemps.  Consecration est aussi un travail d’équipe et nous retrouvons :  les contrebassistes Rémi-Jean LeBlanc et David Gagné, les percussionnistes Eugenio Osorio et Amado Dedeu Jr, le batteur Michel Medrano et la chanteuse Mireille Boily. Le travail est accompli, à vous de juger !

A Rock Con Leche / Arara / Manifested Creation / Rezos / Afro-Cuban Warriors / When I Think of You / Obatala /
Eternel Creation / Congo / Simple Talking / Unforgettable / Te Récordaré / Aché (Through The Consecration)


Rafael Zaldiver sur Facebook

Consecration sur Amazon, Spotify et iTunes

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Samuel Bonnet : Oriental Blue

28 février 2019

Pour oublier les contraintes de l’hiver qui sont nombreuses, voici une échappatoire tout à fait de circonstance. Sous le titre Oriental Blue se cache plusieurs voyages qui évoqueront aux vieux routiers ce que fit à une époque le joueur de oud Rabih Abou Khalil en tandem avec le saxophoniste ténor Charlie Mariano (Blue Camel/Enja). Né à Haïfa en Israël, ayant vécu à Paris, le guitariste Samuel Bonnet a choisi Montréal comme terre d’accueil. Son complice, le saxophoniste Mathias Wallerand, à la fois arménien et libanais est actuellement professeur au Conservatoire César Franck à Paris. Cooptant le jazz et les musiques du monde, Oriental Blue se définit justement à travers ces différentes influences et le travail touchera sans contredit un très large public.

Loin d’être un disque d’ambiance, nous découvrons deux interprètes plus que talentueux. Fin guitariste dont la formation classique ne fait aucun doute, Samuel Bonnet  offre un jeu nuancé, une approche sereine du dialogue, et plus encore, un choix de couleurs aux harmonies délicates. Entre le regretté Barney Wilen et le vétéran Wayne Shorter, Mathias Wallerand offre un langage singulier aux visions oniriques. Que ce soit au ténor ou au soprano, certainement sa plus grande force, son discours est en parfaite symbiose avec son complice guitariste. Il nous fait presque deviner les étendues désertiques et les quelques fleurs sauvages. Pour vous convaincre, nous vous suggérons de commencer par Oriental Blue, suivi de Tabash et Paco, certainement un hommage bien mérité au grand Paco De Lucia.

Prélude / Haïfa / Oriental Blue / Tabash / Amigo / Paco / Lapis-lazuli / Heitor / Mah Tovu

Pour l'écoute sur Soundcloud et Spotify

Youtube

samuelbonnetguitar.com

mathiaswallerand.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal

 


 Josh Rager - Dreams and Other Stories

14 février 2019

Pour qui suit un peu la scène du jazz à Montréal et Toronto, le nom du pianiste Josh Rager fait partie des incontournables. Autant classique que «moderne», cet interprète caméléon peut aisément se mouler à tous les styles, avec une grande précision ainsi qu’une sensibilité peu commune. De Tadd Dameron à Hank Jones en passant parfois par le swing d’Oscar Peterson et du sous-estimé Jess Stacy (réécoutez le concert de Benny Goodman au Carnegie Hall en 1938), vous aurez une très bonne idée des capacités du pianiste Josh Rager.

Sous le titre de cette nouveauté : Dreams and Other Stories, se cache des merveilles d’interprétations, toutes aussi séduisantes les unes que les autres. En compagnie du contrebassiste Fraser Hollins, du batteur Dave Laing et des saxophonistes ténors et altos Kenji Omae / Donny Kennedy, le pianiste, tisse une somptueuse toile bleue. Que ce soit autour de standard Spring is Here, un « belle pièce d’horlogerie » du tandem Rodgers and Hart en passant par In A Dream, une ballade toute personnelle qui met en valeur les talents de compositeur du pianiste comme son jeu d’interprète, le travail est plus que consistant. À cela, nous ajouterons le dialogue des saxophonistes qui évoquent souvent la mémoire de Joe Henderson comme celle de Mickael Brecker.

Nous tenons là un disque remarquable.

Spring Is Here / Twinkle Toes / Those Who Came Before / New Waltz / In A Dream / Max's Facts / O Sacrum Convivium

Pour la vidéo EPK : https://www.youtube.com/watch?v=LW2cam4PzcI

Pour l'écouter : https://www.joshrager.com/dreams-and-other-stories/

Pour l'acheter : https://store.cdbaby.com/cd/joshrager2

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal

 


 Elizabeth Shepherd - MONTRÉAL

31 janvier 2019

C’est samedi le 9 février au Ministère (St-Laurent/Mont-Royal) qu'était lancé le projet MONTRÉAL de la chanteuse et compositrice Elizabeth Sheperd. Depuis 4 ans, elle travaille sur son MONTRÉAL et l’aventure mérite une explication. Conjuguant à la fois disque et connotations multimédias, elle a rencontré des Montréalais et tissés des liens. Au fil des histoires et en onze plages elle chante donc ce Montréal des quartiers où les gens vivent pour leur communauté. En attendant de voir le projet des projections multimédias en avril, cette nouveauté bien intrigante se situe aux confins du jazz et de la vague électronique.

Imaginez un instant que lors d’une promenade, vous engagiez la conversation avec un passant et le résultat en musique comme en paroles est plus que satisfaisant. Donnant la part à l’imaginaire, Elizabeth Sheperd sculpte des idées avec Tiotake, tandis que Reine du monde est une autre histoire qui se conclue par « ainsi soit-il ». Au hasard des plages, nous nous demanderons qui se cache derrière Our Lady, funky à souhait, tandis que La Boxe, résolument cuivrée vous donnera des ailes. De ce disque gigogne, nous conclurons que c’est un concept audacieux qui a de beaux jours devant lui.

Tiotake / Reine du monde / Suits And Ties / The Terminal / C'est le temps / Ainsi / Jedlika / Our Lady /
La boxe / Good Lord's Work / Beau voyage


Pour voir les vidéos qui racontent l'histoire de chaque pièce, c'est ici

Elizabeth Sheperd lance MONTRÉAL, samedi le 9 février 20h :

Le Ministère
4521 St-Laurent
514-666-2326

elizabethsheperd.com


Pour l'événement sur Facebook, c'est ici
Pour les billets, c'est ici

Pour la page Facebook d'Elizabeth Shepherd, c'est ici

Elle lancera également MONTRÉAL à l'Église de Val-David samedi le 2 février à 19h30, pour en savoir plus, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Jazzlab Orchestra - Quintessence

17 janvier 2019

Il y a 15 ans, le contrebassiste et fondateur du label québécois Effendi, Alain Bédard, mettait sur pied le Jazzlab Orchestra. Pour souligner cet exploit le pianiste Félix Stüssi a composé neuf pièces qui illustrent un peu le parcours de cette formation. Incontournable dans le paysage montréalais et du Québec, marqué au fil des ans par des compositions personnelles, le Jazzlab offre un jazz roboratif qui évoque autant le travail des années 50-60 du regretté Art Blakey avec ses Jazz Messengers que le modernisme, mais taillées dans le bon goût. Alain Bédard et ses complices, puisqu’il est question d’un laboratoire à idées, ne font pas dans la demi-mesure. Sans jamais choquer l’oreille et faisant preuve d’une certaine aventure dans les orchestrations, Quintessence souligne autant le travail du compositeur que les artisans musiciens.

Au fil des plages, vous allez reconnaître le Blues Malcommodes particulièrement vivifiant, et plus encore, le costaud Blüüsli für Gügi, un véritable tour de force qui évoque le travail du jazz de la côte ouest, tel que pouvait le concevoir Bill Hollman. Véritable carte de visite pour le pianiste et compositeur Félix Stüssi (redoutable d’inventivité), cette nouveauté nous ouvre de beaux horizons, tout en restant ancrée dans une certaine tradition. Pour le poète musical qui sommeille en vous, le Jazzlab nous offre un langage émotionnel, une vision de la musique soutenue par des artistes de premier plan. Cultivant l’unité, le contrebassiste Alain Bédard conduit habilement ses troupes, laissant aux solistes : Mario Allard, saxophone alto, Alex Francoeur, saxophone ténor, Samuel Blais, saxophone baryton, Jacques Kuba Séguin, trompette, Thomas Morelli-Bernard, trombone, Louis-Vincent Hamel, batterie, et Félix Stüssi, piano, toute la latitude voulue.

Blüüsli für Gügi / E-migrations / Altered Ego / Nébuleuse / Quintessence / Blues Malcommodes / Abyss / Last Chance Dance / Subsub's Blues

Pour la vidéo de la pièce-titre, Quintessence, c'est ici

Pour l'EPK et en savoir plus, c'est ici

Le Jazzlab Orchestra présentera Quintessence à L'Astral jeudi le 15 mars, 2019.

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Michel Dubeau - Moving Clouds

3 janvier 2019

Et si nous commencions l’année jazz 2019 par une nouveauté toute particulière que vous pourrez découvrir samedi le 19 janvier au Dièse Onze ?

Artiste multidisciplinaire et saxophoniste de formation, Michel Dubeau fait partie du paysage jazz depuis quelques décennies. De son travail auprès du regretté Guy Nadon, sans oublier Oliver Jones et Michel Cusson, plus quelques formations assez dynamiques, son travail au sein de la galaxie jazz est impressionnant.  Après une bourse du Conseil des arts du Canada au Japon, il étudie donc le Shakuhachi, sorte de flûte ainsi que les différents environnements musicaux qui découlèrent de son travail/étude. Avec Moving Clouds, nous sommes véritablement au cœur du sujet, et avouons que le sujet est ambitieux.

Loin de l’habituelle note bleue qui est notre lot quotidien, l’écoute doit être serrée et attentive. Sans jamais virevolter dans tous les sens, et proche de ce qui fit un Pharoah Sanders dans les années 60, tout comme Yussef Lateef, Michel Dubeau et ses comparses explorent de façon séduisante, des mondes inconnus pour le commun des mortels. Alliant synergie et sens du rythme qui flirte avec une poésie bien sentie, nous levons notre chapeau à cette fine équipe qui comprend Julien Maugis au Fender Rhodes, synthétiseur, basse et effets sonores et Alain Plouffe, à la batterie et aux percussions. Du très beau travail qui touchera sans contredit, un large public pour qui découvertes de nouveaux horizons et aventures se conjuguent.

Yuki No Shita / Akita Obako / Moving Clouds / In The Cave / Wandering Monks / Thunder And Rain / Moments

Pour écouter Yuki No Shita et acheter Moving Clouds, c'est ici

Pour en savoir plus, https://movingcloudsproject.com/

Michel Dubeau (Shakuhachi, tenkan et effets sonores)
Julien Maugis (Fender Rhodes, synth bass et effets)
Alain Plouffe (batterie et percussions)

Jeudi le 19 janvier 18h
Michel Dubeau - Moving Clouds
Dièse Onze
4115A St-Denis   
514-223-3543

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


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