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JazzBulletin   -   jeudi 20 juillet 2017 au mercredi 26 juillet 2017

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Nous ne pouvons vous garantir que votre CD sera écouté et commenté pour des raisons éditoriales et de temps
Étant donné que sortiesJAZZnights.com est consacré au millieu du jazz du Québec, nous nous concentrons sur les CD jazz d'artistes du Québec ou qui sont présents sur la scène du jazz au Québec sans toutefois exclure les artistes internationaux.


Les commentaires de Christophe Rodriguez sont indépendants de la rédaction et n'ont pas de lien avec les activités commerciales entre l'artiste et sortiesJAZZnights.com.

Pour communiquer directement avec Christophe : rod.chris@hotmail.com
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 Sam Kirmayer - Opening Statement

13 juillet 2017

Avec le soleil qui refuse obstinément de montrer convenablement le bout de son nez, restons au chaud en attendant mieux. Si vous aimez la guitare, cette petite nouveauté vous conviendra parfaitement, en compagnie d’un livre et pourquoi pas, d’un mojito bien frappé. Ne connaissant pas le guitariste Sam Kirmayer c’est avec un grand plaisir que je découvre un honnête artisan qui n’essaie pas de nous en mettre plein les oreilles. Entre Jim Hall et Joe Pass, ce qui est déjà beaucoup,  cette nouveauté fleure bon le classicisme, sans toutefois tomber dans la musique légère.

Soliste intelligent, parfois nourri de quelques accents blues - la matrice du jazz ne l’oublions pas - Sam Kirmayer sculpte les mélodies, improvise subtilement For All We Know et bien entendu, la pièce titre : Opening Statement, composition du regretté Booker Little. Nous retiendrons aussi l’unité avec ses musiciens, dont le très fin pianiste Sean Fyfe qui évoque parfois Jess Stacy, le batteur Dave Laing et le contrebassiste Mike De Masi. Jamais rigide dans son approche, il cultive un peu la complexité et se fait chatoyant avec le matériel harmonique, surtout dans ses compositions telles : One Fort Pete et Jiro’s Dream. Du très beau travail qui s’écoute doucement, juste pour savourer le plaisir.

samkirmayer.com


Vous pouvez voir et entendre Sam au St-Henri jams sessions du Pub Epoxy tous les dimanches soirs.

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Lucioles - Théâtre magique

29 juin 2017

Pour sortir un peu, et même beaucoup, des sentiers battus, faites confiance au pianiste Guillaume Martineau. Celui qui fut Révélation Jazz 2015-2016  lors du concours de Radio-Canada, s’est lancé dans une drôle d’aventure. Comme son titre l’indique, c’est bien un théâtre magique, exploratoire à mi-chemin entre des particules de jazz, de la musique traditionnelle et quelques envoutements. Vous pourrez découvrir le tout, mardi 4 juillet à l’Astral pendant le Festival International de Jazz de Montréal et ce, avec dix musiciens, mais voici nos premières impressions.

Sous le format de dix plages originales avec des titres aussi poétiques que : Exode, Prélude rustique, Chemin du retour ou Garde-fou, nous sommes en présence d’un concept ou plutôt d’un « travail en devenir  ». Puisant autant dans la culture d’ici, que le jazz et ses formes plus ou moins avant-gardistes, le résultat est surprenant, parfois déroutant. Pour arriver à ses fins, l’ami Martineau, toujours aussi solide s’est entouré d’une très solide équipe.

À la batterie et scie musicale, nous retrouvons Robbie Kuster, François Jalbert aux guitares synthétiseurs, Simon Pagé à la contrebasse, basse électrique et theremin (!), ainsi que Érika Angel et Mélanie Bélair qui signent les arrangements pour cordes. Vous comprendrez qu’avec autant de monde et d’instruments, le concept saisit beaucoup de choses et fait naître des atmosphères, sans tomber dans la mouvance ésotérique. Il sera très intéressant d’entendre cette nouveauté en concert pour voir comment le tout va se traduire...affaire à suivre!

guillaumemartineau.com

Pour voir notre vidéo de Garde-fou en formule quartet, capté au Quai des brumes le 5 juin, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Janis Steprans Quintet - Ajivtal

15 juin 2017

Cela fait plus de 25 ans que je suis la carrière du saxophoniste alto Janis Steprans. Pupitre essentiel du grand orchestre de Vic Vogel à une époque, cet interprète qui peut jouer dans tous les styles est un trésor bien gardé. Au-delà des modes et du passage du temps, son style toujours en finesse signifie une approche du jazz qui devrait satisfaire le plus grand nombre. Pour ce Ajivtal qui fait référence au pays de ses ancêtres, les neuf plages ci-présentes sont autant de pépites qu’une certaine leçon autour de la note bleue.

Écoutons pour se faire l’oreille Shades of White, tout en finesse, l’homme exprime des sentiments à travers un jeu fluide et fortement nuancé. Le sachant altiste, nous le découvrons, saxophoniste soprano avec des intonations Coltrane dans Luna’s Tune, qui là encore, reste un joli modèle de travail. Il fait dire que Janis sait s’entourer, avec le pianiste Geoff Lapp, le contrebassiste Adrian Vedady, les batteurs André White/Kenton Mail et le surprenant guitariste Gabriel Hamel.

Maitre des ballades, Chambre No. 5 est un canevas parfait pour exprimer dans différentes tonalités tout ce que peut faire un saxophoniste dont la science de la note juste tombe à point. Sans toutefois tomber dans la musique du monde, Suite de thèmes lettons est aussi un bel exercice à l’alto qui offre des phrases concises, plutôt que des discours verbeux. Nous vous le répétons, c’est du très beau!


janisstreprans.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Gentiane MG Trio - Eternal Cycle

1 juin 2017

Avec la saison des festivals qui approche, les sorties de disques suivent le courant. Sortant de l’Université McGill avec une maitrise dans sa poche, la pianiste Gentiane MG fait son entrée sur la scène montréalaise avec un premier disque, Eternal Cycle. Après avoir tourné avec Jim Doxas, Frank Lozano et Dave Laing, elle nous invite à découvrir une partie de sa pensée musicale. En 8 plages solides, marquées par un fort sentiment intérieur, et c’est du sérieux, elle distille un jazz pensif. À mille lieues d’un Ahmad Jamal et encore plus d’Erroll Garner, son approche tout en douceur fait aussi une large part à l’art du trio. Ce jazz intimiste qui demande une attention soutenue se caractérise par d’élégantes lignes mélodiques, le tout en fusion avec ses complices : le contrebassiste Levi Dover et le batteur Louis-Vincent Hamel.

Un peu dans l’esprit de ce que réalise le pianiste Jérôme Beaulieu, ainsi que cette note bleue qui vient de Suède, la dynamique se trouve dans les interstices. Creusant le sillon, approfondissant parfois les dissonances, sans toutefois lorgner du côté de Monk, elle offre une vision singulière qui n’est toutefois pas la mienne. Si je reconnais le travail accompli parfois un peu scolaire, l’absence de swing (et ne parlons pas de temps anciens) nuit à l’écoute qui s’avère linéaire.

Gentiane MG Trio présente trois concerts de lancement pour Eternal Cycle.

Vendredi le 2 juin 20h30 au Conservatoire de musique du Saguenay (Chicoutimi)
Jeudi le 8 juin 20h au Upstairs (Montreal)
Mercredi le 14 juin 20h au Maelstrom Saint-Roch (Québec)

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Steve Amirault - Hold On, Let Go

18 mai 2017

Bien connu du public montréalais et surtout du monde du jazz, le pianiste/chanteur Steve Amirault - parti à Toronto depuis deux ans - a plus d’un tour dans son sac . Avec ce Hold On, Let Go qui évoque certainement le temps jadis, nous entrons de plain-pied dans le monde des standards qui ont fait cette époque. Est-ce l’âge ou l’époque qui invite l’ami Amirault à revisiter Moon River, Embraceable You, et Lullaby Of Birdland ? Peut-être pas, puisque si nous lisons attentivement les notes du livret, la figure de sa mère se cache dans Just Believe

Dans une certaine mesure, le pianiste/chanteur a choisi la voie de la simplicité, pour exprimer des sentiments, mais aussi croyons-nous, pour rendre hommage à certaines pièces qui sont devenues des socles pour tous les musiciens. Si la chaleur peut enfin arriver et que l’envie de tendresse/volupté vous prends, courez chez votre disquaire ou commandez directement ce petit bijou sur steveamirault.com

Lentement mais sûrement, il faut à tout prix prendre son temps, car nous pénétrons dans l’univers de Steve Amirault. Mais oui, il sait nous charmer comme émouvoir avec What A Wonderful World, Embraceable You ou l’incontournable Lullaby Of Birdland qui fit les belles heures de la grande Sarah Vaughan. Connaissant à fond les trucs du métier, il joue sur les accords comme dans All Of Me, tout en se faisant crooner de charme et de très bon goût. Oh, une autre surprise avec le Pennies From Heaven, qui nous rappelle à quel point les pianistes Art Tatum et Errol Garner furent essentiels . Je ne sais plus quel chanteur nous offrait le plus beau des voyages, mais avec Steve Amirault, la ballade est aussi réjouissante que nostalgique. Bravo !

steveamirault.bandcamp.com
steveamirault.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Jonathan Turgeon Trio et Frank Lozano - Les rêves errants

4 mai 2017

Encore une fois, nous ferons place à des petits nouveaux, et en l’occurrence, c’est le pianiste Jonathan Turgeon et son trio. Comme son premier, il signe un disque personnel avec huit plages originales qui mettent en vedette le très coltranien saxophoniste ténor Frank Lozano, en alternance. Si nous commençons par le maître des lieux qui s’avère un fin mélodiste, Les rêves errants vous donnera une très bonne idée ce que ce monsieur de la note bleue est capable. Jonathan Turgeon trace de superbes lignes mélodiques qui renouent avec l’esprit Bill Evans, on n’y coupe pas, tandis que le contrebassiste évoque chez votre chroniqueur le grand Elliot Zigmund, tout en finesse et en douceur.

Connaissant de çi et là le saxophoniste Frank Lozano à travers divers enregistrements, il faut convenir que cette nouveauté est une très bonne carte de visite pour ce souffleur, qui bien qu’influencé par John Coltrane n’est pas très loin d’un autre grand, soit David Murray.  Au fil des plages, vous découvrirez et surtout entendrez l’esprit véloce qui se dégage de ses interventions, soutenu comme il le faut par l’ami Jonathan et ses complices Hugo Blouin à la basse et Jean-Philippe Godbout à la batterie.

Si la composition Métamorphose pt. 1 n’est pas la meilleure idée pour ouvrir cette nouveauté, il fait se rattraper avec Barrage qui démontre tout le talent de cette fine équipe. Les plages 6 - Le compteur et 7 - Silence radio qui sont de nouveau consacrées à l’art du pianiste et son trio nous font espérer le meilleur, sans que toutefois cela renouvelle le genre. Si, comme le veut le proverbe « dans les petits pots, les meilleurs onguents », eh bien, nous sommes servis.

Jonathan Turgeon, piano
Hugo Blouin
, basse
Jean-Philippe Godbout, batterie
Frank Lozano, sax tenor

Leur page bandcamp, c'est ici

www.jonathanturgeon.com

Ils seront en concert vendredi le 5 mai au Café Frida à Trois-Rivières, samedi le 13 mai La Petite Boite Noire à Sherbrooke et au Bar Ste-Angèle de Québec les 25-26 mai à Québec, pour en savoir plus, consultez notre calendrier Extérieur de Mtl ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Parc-X Trio - Dream

20 avril 2017

À l’heure où nous écrivons ces lignes, la jeune formation Parc-X Trio est en tournée européenne. Depuis ses débuts, nous suivons ce trio qui souffle dix bougies d’existence et un 7ième disque : Dream. Amoureux du jazz et des sonorités nouvelles sans toutefois aller à l’encontre d’une certaine tradition, Parc-X est à notre humble avis un trio revigorant qui fait le pont entre un certain classicisme et une modernité qui touche sans contredit un public plus jeune. Pour les avoir vus et entendus au moins quatre fois lors de différents festivals, le travail accompli est toujours à la hauteur, sans jamais tomber dans la veine commerciale et plus encore, le laisser-faire.

Avec Dream, le pianiste/claviériste Gabriel Vinuela, le contrebassiste Alex Lefaivre et le batteur Alain Bourgeois poursuivent donc cette quête, qui a des sonorités bien estivales. Est-ce l’utilisation du Fender Rhodes, les compositions chatoyantes ou l’alliance de ces trois artistes, mais toujours est-il que la réussite est une nouvelle fois au rendez-vous. On écoute avec attention et, hop, nous tombons sur NGU. Certes il y a des essences du style Chick Corea avec La Fiesta, mais nos trois garnements utilisent à plein l’art du trio. Sur le thème des questions-réponses, le batteur à la frappe athlétique dynamise les chatoyantes lignes de contrebasse, tandis que le claviériste survole tout en douceur les enchevêtrements harmoniques pour le moins rayonnants. À la plage 3, nous sautons à pieds joints dans un Swan Lake (Tchaïkovski) pour le moins rock métal, tandis que Dream, pièce phare, veut tout dire. Comme nous parlions d’été, Sun vous donnera des ailes et avec un peu d’oreille, et encore une fois, il est certain que Parc-X Trio a écouté La Fiesta de Chick. Il ne manque plus que les cuivres ! Voilà l’une des belles surprises de ce printemps.

Pour voir l'EPK du projet, c'est ici

http://parcxtrio.com/

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Félix Stüssi et Les Malcommodes invitent...

6 avril 2017

Les 24 et 25 septembre 2016 à la Chapelle Historique du Bon-Pasteur, le trio des gentils Malcommodes : Félix Stüssi, pianiste, Daniel Lessard, contrebassiste, et le batteur Pierre Tanguay avaient convié quelques amis. Cette invitation qu’il était difficile de refuser fut enregistrée pour crée cet album et le résultat est particulièrement surprenant. Fin pianiste dans la lignée de Bill Evans avec certaines intonations à la Erroll Garner, Félix Stüssi est aussi un fidèle compagnon de route qui cultive l’art du trio. Dans le cas présent, nous retrouvons ses valeureux corsaires et quelques amis, certainement parmi la fine fleur du jazz montréalais. Aux hanches, et à la flûte, ce sont les saxophonistes André Leroux et Jean Derome, au trombone, l’invité américain Ray Anderson (fabuleux personnage), le trompettiste Jacques Kuba Séguin et la chanteuse Sonia Johnson pour qui le scat et la verve de la grande Ella n’ont plus de secrets.

Pour cette rencontre, le maitre des lieux avait taillé sur mesure 11 plages revigorantes et toutes aussi différentes les unes que les autres. Comme dans le cas de bien des aventures musicales, il fallait laisser la chance au coureur, et chacun trouva une place de choix. Au cœur de cet écrin de messieurs, la chanteuse Sonia Johnson est virevoltante (Bley On!), fait usage d’un jazz en français qui se distingue (Debout au bout du Bout-du-Banc), ou se fait résolument bop swing (Don’t You Ever Give Up Playing Be-Bop!). Pour l’ascendance note bleue, Félix et ses comparses n’ont pas lésiné sur le temps et l’architecture des compositions. Lentement mais surement, vous allez céder, et taper du pied avec la pièce introductive Fore-Bley, admirer l’aisance du flûtiste Jean Derome et tout l’art du  tromboniste Ray Anderson, maitre incontesté du « plunger  ». Souhaitons de tout cœur les entendre lors d’un Festival près de chez nous !

Pour voir l'EPK du projet, c'est ici

Pour voir Don't You Ever Give Up That Be-Bop, c'est ici

felixstussi.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Éric St-Jean - Résilience

23 mars 2017

Oh, que voilà une belle surprise, pour nous faire penser qu’un jour, le printemps va arriver. Inconnu dans mon livre, et pourtant, il a une longue feuille de route, le pianiste Éric St-Jean est un artisan avec un talent certain. Après 5 ans de durs labeurs, il fait son entrée sur la scène avec Résilience. Comme je ne l’ai jamais entendu, à moins que ma mémoire fasse défaut, cette nouveauté contient de précieuses pépites qu’il convient de déguster lentement. En six plages qui totalisent un peu plus de 40 minutes, il exprime autant son jeu pianistique que l’art du trio. Soutenu par de puissants complices au discours inventif, soit le batteur Martin Auguste et le contrebassiste Simon Pagé, la machine se rôde au quart de tour.

Entre le jeu un peu Bill Evans, un peu Keith Jarrett des beaux jours, songeons à Now He Sings, Now He Sobs (Blue Note), Éric St-Jean offre en plus un discours des plus personnels qui se traduit par six de ses compositions. Nous comprenons très bien qu’à travers Résilience, il raconte certainement l’histoire de sa vie et plus encore, celle de la vie de musicien. Avec Atterrissage qui ouvre la boite de pandore, nous sommes en face d’un style concret, virevoltant, appuyé par une solide main droite qui trace de superbes lignes mélodiques, tout cela en interaction avec des musiciens, et disons-le, les superbes lignes de basse de Simon Pagé. Bienvenue dans le spleen se passe de commentaires, puisque nous imaginons très bien les hauts et les bas d’une vie pas toujours facile, tandis qu’avec The Wheel, l’apport du Fender Rhodes apporte une petite touche qui évoque l’univers fusion des années 70. Vous aurez vite compris que cette nouveauté est un p’tit joyau, tout comme le pianiste.

Pour sa page Facebook, c'est ici

Pour voir Éric jouant Sunny, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Rémi Bolduc Jazz Ensemble - Swingin' With Oscar

9 mars 2017

Après son hommage bien senti au pianiste Dave Brubeck ainsi qu’à sa musique, le saxophoniste alto Rémi Bolduc revisite l’univers du géant canadien, le pianiste Oscar Peterson. Découvert par le puissant producteur américain Norman Granz en faisant une course dans un taxi à la fin des années 40, Oscar Peterson devint le pianiste maison de l’imposante compagnie de disques Verve. Après cette rencontre capitale, il côtoya pendant cinq décennies le gotha du jazz. Influencé par Erroll Garner, le petit gars de Saint-Henri représentait la quintessence d’un jazz stylé gorgé de swing, naviguant comme il le voulait entre le swing et le be-bop.

Connaissant Rémi Bolduc et son travail rigoriste quand vient le temps de se lancer dans un projet, l’affaire Peterson touchera sans contredit, un très large public. Chatoyante, d’une plage à l’autre, gorgée de swing comme dans les beaux jours (c’est l’aspect nostalgique du chroniqueur) cette nouveauté a de beaux jours devant elle. Entouré d’une solide équipe qui comprend l’étonnant pianiste Taurey Butler, le contrebassiste Fraser Hollins, le batteur Dave Laing, et la saxophoniste ténor Chantal de Villiers pour une plage, soit The Count, la machine est particulièrement bien rodée. À go, nous sommes partis pour un voyage au pays d’Oscar où les standards sont légion. Plus «  Parkérien  »  que jamais, l’ami Bolduc nous offre un beau jam session comme dans les années 50, où nous sentons que les musiciens en terre de connaissance ont un réel plaisir à partager ces matériaux qui ont véritablement passé la barrière du temps. Sans copier, mais avec un véritable clin d’œil à ce maitre du piano, nous réécoutons avec un bonheur indéfinissable : Place St-Henri, The Touch Of Your Lips, Bossa Beguine, I’Ve Never Been In Love Before ou la méconnue Laurentide Waltz.

Si cette équipe passe près de chez vous, courez et personne ne regrettera sa soirée.

Et justement, ils seront en concert mercredi le 12 avril à la Maison de la culture de Gatineau.

Pour voir Riff Blues, c'est ici

remibolduc.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Bélanger & Bisson - Conversations

23 février 2017

Il y a bien longtemps et dans une autre vie, la chanteuse et pianiste Anne Bisson fut comédienne. Reconvertie dans le domaine du jazz, elle a bien réussi à tirer son épingle du jeu, voyageant sur tous les continents. Sur des modes qui oscillent entre la chanson, la musique d’atmosphère et le jazz bien entendu, elle nous offre ces Conversations avec le violoncelliste Vincent Bélanger, ainsi que sur certaines pièces, les contrebassistes Jean-Bertrand Carbou et Jacques Roy, la chanteuse Charlotte Bélanger et la harpiste Isabelle Corriveau. Comme nous sommes en face d’une multitude de sonorités et d’ambiances, il est bien difficile de catégoriser son approche. Loin du fourre-tout, puisque c’est très bien réalisé, nous entrons dans un monde qui touche bien évidemment un très large public.

Songeons un instant à la composition Fly Away aux accents populaires ou Rêverie sentimentale qui met en vedette la sonorité profonde du violoncelliste. Exploitant aussi la musique de chambre, nous trouvons au détour le Dédéthoven du pianiste et compositeur André Gagnon, ainsi que l’étrange Fantasia For Morel. Pour l’accent blues/funk, le très sympathique Wake Up viendra donner quelques couleurs à votre hiver. Au fil des plages, Anne Bisson se révèle être une vocaliste et pianiste agréable, avec de jolis accents swing et une influence majeure, l’univers de Michel Legrand.  Sans être une curiosité, Conversations vise plusieurs types de mélomanes sans vraiment arriver à séduire.

annebisson.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Carlos Jiménez Michel Héroux - Voices

9 février 2017

Cette nouveauté s’adresse à ceux et celles qui ne peuvent aller se dorer sous un palmier en ce début de février glacial. En tandem, nous retrouvons donc les guitaristes Carlos Jiménez et Michel Héroux, professeurs tous les deux, qui nous dévoilent, avec Voices, une partie de leur travail et surtout leur savoir-faire!  Si nous trouvons plusieurs accents jazz, nous conviendrons que ce nouvel opus se glissera plus facilement dans la catégorie musique latine et / ou du monde, un peu comme le firent à une époque le trio d’Al Di Meola, John McLaughlin et Paco de Lucia. Plus encore, les onze plages proposées sont un matériau pour ceux d’entre vous qui auraient l’idée d’avoir l’avis musical des maîtres en la question.

Sans prétention et avec beaucoup de douceur, nos artilleurs de luxe s’immiscent dans votre subconscient, vous faisant oublier un tant soit peu les rigueurs de l’hiver. Sans être un grand spécialiste de la guitare, on a aimé Voices, mais sans succomber aux charmes de ces œuvres au caractère exotique. Classique tout de même dans la facture, mais qui mérite toute notre attention. Dans un ordre indistinct, il faut saisir toutes les subtilités de Samba, Bobby, Waltz for Kenny ou la pièce introductive : Atravès do Tempo. Ces as de la corde nous donnent le sentiment de partir en voyage, et plus encore, ou faire le plein de ces rythmes que nous attendons peu, de ce côté-ci de l’Hémisphère nord.

Poir voir Blues For Jim filmé lors du lancement montréalais, c'est ici

www.carlosjimenezmusic.com

www.michelheroux.net

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Christine Jensen Ingrid Jensen - Infinitude

26 janvier 2017

Dans les notes introductives, le critique de jazz James Hale se réfère au sentiment de nordicité, cher au pianiste Glenn Gould. En un sens, il a parfaitement raison, puisque les sœurs Jensen : Christine Jensen, saxophoniste alto, et sa sœur Ingrid Jensen, trompettiste à part entière, sont héritières d’un jazz canadien qui va de Vancouver à Montréal, sans oublier New York. Faisant aussi hommage à quelques géants d’ici, dont le pianiste Paul Bley et le guitariste Sonny Greenwich, vous avez une très bonne idée de ce Infinitude, un disque consacré à la note bleue, avec tout cela que cela requiert de savoir-faire et de travail sur le long terme.

Pour injecter un peu plus de puissance évocatrice dans ces paysages sonores, les deux sœurs ont fait appel au guitariste Ben Monder, ainsi qu’au contrebassiste Fraser Hollins et au batteur John Wikan. Comme il est question de pôle parfois magnétique, Christine Jensen insuffle, surtout au soprano, des accents de modernité qui évoque sans contredit  Wayne Shorter.  Pour ce qui est de Ben Monder, disons tout de suite qu’il dialogue avec force, et que sa présence est loin d’être inutile. Prenant très souvent des accents rock, je songe immédiatement à Robert Fripp (King Crimson), l’alliance se fait de communes mesures. Ne lésinant pas sur les moyens, Ingrid trouve rapidement sa place avec des accents électrifiés, dans la lignée de Miles Davis, sans jamais sacrifier une tonalité assez envoutante, presque métaphorique. Pour faire une analogie sportive, nous pouvons affirmer que cette nouveauté doit être écoutée sur la longueur et jamais d’une oreille passive, puisque le travail proposé s’adresse quand même à des oreilles averties. Faisons le pari que nous les entendrons au FIJM.

Liste des pièces:

1 - Blue Yonder (C. Jensen)
2 - Swirlaround (C. Jensen)
3 - Echolalia (B. Monder)
4 - Octofolk (C. Jensen)
5 - Duo Space (I. Jensen)
6 - Old Time (K. Wheeler)
7 - Hopes Trail (I. Jensen)
8 - Trio - Garden Hour (C. Jensen)
9 - Margareta (C. Jensen)
10 - Dots And Braids (I. Jensen)

Mais entretemps, Infinitude sera lancé au Jazz Gallery de NY, vendredi le 17 février (19h30)

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Cerbère Jazz - Entêté

12 janvier 2017

En ces temps où la musique se dématérialise de plus en plus, et, où il très difficile d’émerger, de jeunes loups se lancent dans l’arène. Quand ce chroniqueur reçoit un mot gentil de la part d’une formation au nom prédestiné : Cerbère Jazz (gardien en mythologie grecque), il fait une écoute attentive. Composé de Mäiko Dubuc au piano, Rémi Morissette à la guitare, Christian Pamerleau à la batterie et Sébastien Pellerin à la contrebasse, ce jeune quartet lançait en octobre dernier Entêté. Comme assez souvent, il n’y a point de standards à l’horizon, mais bien 11 plages personnelles aux accents poétiques, finement jouées. Très Bill Evans dans l’âme, avec un soupçon d’Hank Jones, sans oublier le Chick Corea des beaux jours (Now He Sings, Now He Sobs).

C’est à notre humble avis le pianiste Maïko Dubuc qui remporte la palme, avec un jeu fluide et constant, sans jamais oublier ses comparses. f Son jeu, sans toutefois innover en matière harmonique, offre une sonorité brillante et un toucher bien à lui, comme nous pouvons le constater avec la pièce-phare Entêté, ainsi que dans Mouvement perpétuel. À bien y penser, nous trouvons aussi dans cette formation, une filiation avec le trio MISC, soit celui du pianiste Jérôme Beaulieu. Se reposant aussi sur ses accompagnateurs, les phrases respirent et témoignent de l’intelligence du propos.

Si l’art du trio fut souvent évalué, nous pouvons affirmer que ces quatre musiciens ont de beaux jours devant eux, pourvu que vous leur donniez votre appui, coup de pouce nécessaire à l’éclosion de nouveaux talents d’ici, précisons-le.

Et pourquoi pas le faire à leur prochain concert, dimanche le 29 janvier prochain à 15h @ Centre Culturel de Pointe-Claire, 176 Chemin du Bord-du-Lac  514-630-1220

www.cerberejazz.com



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