Sortiesjazznights.com

English

Annoncez | Contact

TOUTE L'ACTUALITÉ JAZZ DU QuÉBEC DEPUIS 2003

JazzBulletin   -   jeudi 16 novembre 2017 au jeudi 30 novembre 2017

Recevez gratuitement le JazzBulletin par courriel ou rss chaque jeudi!

Tous les événements jazz du QC dans les clubs, restos, concerts, bars, cafés et festivals !

RSS

Bulletin SJNPRO

Pour les musiciens
et professionnels
du jazz

Vous aimeriez soumettre votre CD à notre chroniqueur Christophe Rodriguez?

Pour soumettre un CD jazz à Christophe Rodriguez, s.v.p. acheminez deux copies de votre CD ainsi qu'un dossier de presse à :

sortiesJAZZnights.com
3839, rue Berri
Montréal, QC
H2L 4H2

Nous ne pouvons vous garantir que votre CD sera écouté et commenté pour des raisons éditoriales et de temps
Étant donné que sortiesJAZZnights.com est consacré au millieu du jazz du Québec, nous nous concentrons sur les CD jazz d'artistes du Québec ou qui sont présents sur la scène du jazz au Québec sans toutefois exclure les artistes internationaux.


Les commentaires de Christophe Rodriguez sont indépendants de la rédaction et n'ont pas de lien avec les activités commerciales entre l'artiste et sortiesJAZZnights.com.

Pour communiquer directement avec Christophe : rod.chris@hotmail.com
Pour en savoir plus, contactez :

Claude Thibault
Éditeur - développement des affaires
sortiesJAZZnights.com
claude.thibault@sortiesjazznights.com
514-815-6104



 Simon Legault Quartet - Hypnagogia Polis

16 novembre 2017

Comme Noël approche à grands pas et qu’il faut absolument soutenir nos interprètes d’ici, le nouveau disque du guitariste Simon Legault s’invite à vous. Du titre Hypnagogia Polis que nous pourrions considérer comme étrange mais qui se résume à l'état entre le sommeil et l'éveil, la musique fait appel à un jazz soudé, brillant, et entrecoupé de solides interventions. Comme très souvent, les grands standards de jazz ne sont pas de la partie, donc, il vous faudra une oreille plus avertie pour parfois décoder le message. Autour du guitariste, nous retrouvons le très polyvalent contrebassiste Adrian Vedady, le saxophoniste alto Jules Payette, le pianiste Andrew Boudreau et le batteur Louis-Vincent Hamel.

De ce disque particulièrement consistant nous retiendrons Nimzowitsch Defense. Cette composition en hommage au célèbre joueur d’échecs et pédagogue Aaron Nimzowitsch, est une jolie ballade qui met en valeur tous les instrumentistes. Sur Hypnagogia Polis Simon Legault est dans un mode très intérieur et tire un doux phrasé exploratoire, non dénué de sensibilité. La mécanique quantique n'étant pas à la portée de tous, le titre de Quantum Mechanicians illustre peut-être les aléas de la composition et de ses infinies multitudes. Cet album est une très belle carte de visite pour le saxophoniste Jules Payette, digné hértier de Rémi Bolduc et d'un peu de Jackie McLean. Parfois un peu académique et manquant de « sourire », cette nouvelle pierre au jazz montréalais est salutaire par le temps qui courent.

Aethereal spheres (Soundcloud) / Nimzowitsch Defense / The Space Between two Hearts (Soundcloud) / Isms /
The Universe would remain much the Same / Euphemized Blues / Wistful / Quantum Mechanicians


Pour écouter et acheter : iTunes, Spotify, Amazon, Archambault

Pour en savoir plus, simonlegault.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Emie R Roussel Trio - Intersections

2 novembre 2017

Depuis ses débuts nous encourageons et suivons la carrière de la jeune pianiste originaire de Rimouski : Emie R Roussel. Formée aux meilleures écoles, sans oublier le coup de pouce essentiel du papa Martin, qui est aussi un pianiste de talent, elle cultive la note bleue avec charme. Très influencée par le pianiste Bill Evans, avec un brin d’Ahmad Jamal pour l’apport percussif, elle a construit un monde poétique qui reflète souvent son coin de pays.

Présente sur toutes les scènes de jazz elle tourne avec Intersections une nouvelle page à son univers jazz. Comme le firent bien des pianistes avant elle, Emie R Roussel cultive avec précision l’art du trio, tout y ajoutant avec Intersections, un «  gros plus ». Comme le titre l’indique, nous voyons apparaître dans cette configuration des approches différentes que ce soit avec le contrebassiste Norman Lachapelle, le trompettiste Alex French et la chanteuse Malika Tirolien.

Entourée de ses inséparables musiciens, que sont le batteur Dominic Cartier et le contrebassiste Nicolas Bédard, la pianiste Emie R Roussel sculpte de splendides dialogues. Que ce soit dans Tout Le Monde Ensemble avec le contrebassiste Norman Lachapelle, De Tadousac à Auckland, terre natale du trompettiste Alex French ou Troisième Vague, elle dessine d’élégantes lignes mélodiques, tout en insufflant des univers oh combien poétiques. Comme le bon vin, la pianiste se bonifie avec les ans, et ce malgré son jeune âge. Aux âmes chagrines qui pensent que le jazz n’évolue pas, cette nouveauté est un véritable bonheur qui contredit ces « patenteux de mauvaises aventures ».

Troisième Vague / Nulla Regula Sine Exceptione / Away / Aroma d'Aosta / De Tadousac à Auckland / Les Sens À Sens Unique /
Tout Le Monde Ensemble / 'Til Late /  Vingt-Troisième Étage / All the Things You Want in a Bowl

Pour voir la vidéo promo d'Intersections avec ses invités spéciaux, c'est ici

Pour en savoir plus emierroussel.com

L'Emie R Roussel Trio est en concert ce vendredi le 3 novembre au Palais Montcalm de Québec et jeudi le 16 novembre à la salle Desjardins-Telus de Rimouski. Pour en savoir plus sur ces concerts, consultez notre calendrier Extérieur de Mtl ici


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Leaf - Leaf

19 octobre 2017

Et nous poursuivons notre quête du jazz montréalais/québécois avec un quartette de petits nouveaux. Lancé à la mi-septembre, Leaf, qui est aussi le titre éponyme du disque qui sied bien avec les feuilles d’automne. Pour une fois point de musiciens interchangeable, entendons d’un groupe à l’autre, mais quatre jeunes qui ont décidé de faire connaître leur compositions. Dans l’ordre, vous allez découvrir le guitariste Olivier–Grenier Bédard, le pianiste/claviériste Éric Kappauf, le bassiste électrique Jonathan Arseneau et le batteur Dave Croteau. Pour cette première incursion dans le monde la note bleue, les quatre compères de Leaf ont fait preuve d’un certain minimaliste.

Comme la guitare sert de point d’ancrage au tout, nous sommes en présence d’un jazz mûrement réfléchi qui sent un peu trop l’étude ou la confection. Oubliant parfois ce que veut dire le mot swing, réécoutons Joe Pass ou Jim Hall, l’architecture de Leaf demande réflexion ainsi qu’une écoute à haute dose. Avec le gris qui s’installe à l’extérieur, c’est tout trouvé. Comme nous le disions, les huit plages originales installent des climats, sans toutefois véritablement évoluer vers quelque chose qui nous ferait un peu taper du pied. Sans être un pensum - ne tuons pas dans l’œuf la créativité - ces artisans auraient dû « injecter » une petite dose de nitroglycérine dans le corpus proposé. Au fil des plages, nous découvrons un talent certain qui va murir, espérons-le.

Fields / Petit Rocher / Lunes / 456 / Nuit Étoilée / He Dreams of Peace / Rush Hour / Des Racines et des Ailes

Olivier-Grenier Bedard, guitare
Éric Kappauf, piano
Jonathan Arseneau, basse
Dave Croteau, batterie


https://www.leafmusique.com/


https://www.facebook.com/leafmusique/

Pour voir la vidéo sur l'album, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Mario Allard - Diaporama

5 octobre 2017

Plus les semaines se suivent et plus les lancements de disques se succèdent. En cette semaine de L’OFF Jazz où le jazz d’ici est célébré sous toutes ses coutures, le saxophoniste alto Mario Allard nous invite à découvrir son tout nouveau Diaporama. Sous ce très joli titre, comme la pochette d’ailleurs, se cachent des compositions personnelles très travaillées, avec un interprète aux idées larges. Ce jazz musclé, parfois vindicatif et qui rappelle les explorations du défunt saxophoniste alto Jackie McLean fait autant dans la modernité, sans toutefois que ce soit du free-jazz. Autour du principal intéressé, nous retrouvons le trompettiste David Carbonneau, le pianiste et claviériste Charles Trudel, le contrebassiste Sébastien Pellerin et le batteur Alain Bourgeois. Cette solide équipe qui n’a pas froid aux yeux se meut dans un environnement où la rythmique compte autant que le swing.

Sans jamais tourner en rond, explorant à fond le couplage saxophone/trompette, cette nouveauté s’inscrit parfaitement dans le paysage d’un jazz qui regarde aussi bien en arrière, merci aux ainés, qu’à une tendance où les standards font place a quelque chose de plus personnel. Lentement, nous avons pris possession des œuvres, et cela donne un résultat plus que satisfaisant. Si nous sentons une certaine jeunesse dans l’approche, parfois un peu académique, Mario Allard sait très bien quel sens donner à des idées. Ça cogne sec, c’est roboratif, parfois enlevant avec cette petite part de risque. De l’admiration, nous en avons pour ce jeune homme qui ose!

Snowden / Blizzard / Restart / Filature / Mirages / Street Business / Bherens / Pneumonia

Mario Allard, saxophone tenor
David Carbonneau, trompette
Charles Trudel, piano
Sébastien Pellerin, contrebasse
Alain Bourgeois, batterie

pour écouter des extraits : https://soundcloud.com/mario-allard

participez au lancement de Diaporama, dimanche le 8 octobre 19h30 au Upstairs dans le cadre de L’OFF Jazz.

pour l'événement du 8 octobre sur FB, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Charles Trudel - Fruit

21 septembre 2017

Riche sera l’automne 2017 avec la qualité des disques et des interprètes qui sollicitent notre oreille. Depuis quelques jours j’écoute attentivement Fruit, le dernier-né du pianiste Charles Trudel, et croyez-en votre chroniqueur, c’est du solide. Comme le veut la coutume les standards de jazz sont absents, mais nous trouvons - pour notre plus grande joie - les reflets d’une époque pas si révolue. Autour de ce brillant pianiste qui évoque parfois Ahmad Jamal et Red Garland, ce qui est déjà un très bon début, nous trouvons le saxophoniste alto Benjamin Deschamps, le saxophoniste tenor Mario Allard, le trompettiste Nicolas Boulay, le contrebassiste Sébastien Pellerin et le batteur Alain Bourgeois.

Ces artisans qui ne sont pas nés de la dernière pluie, malgré leurs jeunes années, connaissent fort bien l’histoire du jazz. En me fermant les yeux, j’ai nettement eu l’impression de faire une plongée au cœur de la compagnie de disques Blue Note, version années 50/60. Connaissant bien, le style du saxophoniste alto Benjamin Deschamps, il est stupéfiant dans F pour Facile. Trouvant des tonalités véritablement « parkériennes »,  l’ami Deschamps nous invite à un passage historique succulent. Encore plus de plaisir nous trouvons avec Home Made Rabbit, ou le pianiste Charles Trudel déroule un chapelet de notes, dont aurait certainement été fier le grand Erroll Garner, tout comme le trompettiste Lee Morgan par rapport à Nicolas Boulay ainsi que le saxophoniste Phil Woods, là encore, l’altiste Deschamps, monte au créneau.

Pourquoi est-ce un très beau disque ? Justement parce que ce sextet voyage entre le passé et le présent, sans nous offrir une prise de tête insondable, dont nous sommes parfois victimes. Comme nous essayons de vous convaincre encore plus, écoutez la beauté du geste dans la pièce Nouvelle Direction. L’art du trio, c’est beau et ça se cultive. Donc, nous voilà très heureux et si ces oiseaux de bonheur passent près de chez vous, allez–y d’un pas ferme et guilleret.

Fruit / Home Made Rabbit / Six Têtes / Nouvelle Direction / Regarde en Avant (quand tu marches...) / Sourire à Deux Côtés / F Pour Facile / Interlude / Tropical Monkey / Conclusion

Charles Trudel, piano
Benjamin Deschamps, saxophone alto
Mario Allard, saxophone tenor
Nicolas Boulay, trompette
Sébastien Pellerin, contrebasse
Alain Bourgeois, batterie

Pour voir notre captation vidéo de la pièce Tropical Monkey qu'ils ont joué en 1ière partie d'UZEB dimanche le 3 septembre 2017 au Festi Jazz international de Rimouski , c'est ici

pour en savoir plus et ses concerts à venir : www.charlestrudel.com/

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Frédéric Alarie - In The Spirit of Scott LaFaro

7 septembre 2017

Bien connu du public par ses multiples concerts en sol jazz ou autres, le contrebassiste Frédéric Alarie s’est lancé dans un projet ambitieux. En 2015 sur l’invitation du contrebassiste Mark Dresser, il donna une série de concerts et de conférences à l’International Society of Bassists, puis par la même occasion il eut accès à la contrebasse du légendaire instrumentiste Scott LaFaro. Trop tôt disparu à l’âge de 25 ans dans un accident d’automobile, un peu comme le trompettiste Clifford Brown, LaFaro fut le complice des premières années du grand pianiste Bill Evans. Comme le fit Jimmy Blanton (Duke Ellington), ainsi que Charles Mingus, il devint malgré ses jeunes années, un maitre pour le moins incontournable. Du dialogue à la conception rythmique, Scott LaFaro est au cœur du travail de tous les contrebassistes.

Dans cet esprit, Frédéric Alarie lui rends donc un hommage très touchant, et surtout pour les amateurs de contrebasse, à cette comète du jazz. En huit plages bien senties, Frédéric Alarie combine en doublé sa contrebasse et celle de LaFaro (ce qui est plus qu’un test comparatif), pour une vraie leçon de contrebasse. Vous comprendrez qu’il faut du temps pour assimiler la douceur, le pointillé du jeu et les finesses successives. Avec par une prise de son particulièrement chaude et ronde, nous vous recommandons fortement : Advance Confidently et Love Begin. Cette mise en bouche, un peu comme un grand vin se déguste lentement, ce qui est rare de nos jours. En plus des compositions personnelles, vous reconnaitrez aussi Lonnie's Lament (John Coltrane) et le très beau Leaving de Richie Beirach avec John Roney au piano et Ron Di Lauro à la trompette. Affirmons-le, c’est un disque important qui s’adresse à tout un chacun.

Advance Confidently / Lonnie's Lament / Love Begin / Enjoy / WiseOne / Leaving / You Don't know / G.A.

Pour en savoir plus sur le contrebassiste Frédéric Alarie : https://faprodutionszone.com/

Pour écouter et acheter In the Spirit of Scott LaFaro sur Bandcamp : https://fredericalarie.bandcamp.com/

Pour la page de Facebook de Frédéric Alarie, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Rachel Therrien Quintet - Why Don't You Try

24 août 2017

Elle en fait du chemin, la trompettiste et bugliste Rachel Therrien depuis notre première découverte au Festi Jazz de Rimouski en 2011. Après le Festival International de jazz de Montréal 2015 qui la couronnait avec son Grand Prix Jazz TD fut la musique latine et plusieurs virées dans la Grosse Pomme (NY).  Qu’elle soit avec sa formation ou expérimentant différents projets, elle se lance à l’ouvrage avec fierté, et toujours, cette envie de découvrir. Mardi le 29 août prochain au Upstairs @17h, elle ouvrira le bal jazz de la saison automnale avec Why You Don’t You Try, un joyeux disque avec du muscle, qui réunit de solides musiciens montréalais, tous de la « jeune génération ».

Nous songeons évidemment au saxophoniste alto Benjamin Deschamps qui fait bien parler de lui, au bassiste Simon Pagé, au batteur Alain Bourgeois et au pianiste Charles Trudel. Ce quintette nous offre un jazz dynamique, parfois funky, telle la composition phare Why You Don’t You Try. Immédiatement, c’est à Art Blakey et ses légendaires Messengers qui nous viennent à l’esprit, puisque Rachel Therrien évoque dans son jeu Lee Morgan pour les traits incisifs et plus encore Freddie Hubbard. Cette remarque ne date pas d’aujourd’hui, puisqu’à l’époque, votre journaliste se faisait le même commentaire. Ayant muri son savoir, notre jeune trompettiste utilise l’unité pour faire passer son message, soit celui d’un jazz vivant, flirtant parfois avec des accents de modernisme, mais sans jamais oublier la grande histoire de la note bleue. De Adirondack Jump, à Spectrum, elle imprime sa marque, tout en laissant à ses complices le soin de signer de bien belles œuvrescomme Demi-Nuit du saxophoniste Benjamin Deschamps ou le Rocket Launch du pianiste Charles Trudel. On peut dire que la saison musicale d'automne commence sur une très bonne note.

Spectrum / Why Don't You Try / Demi-Nuit / Adirondack Jump / Hayde Santamaria / CRS / Omelette Coleman / I Am Alone / Tomber En Cinq / Rocket Launch / Miro+® /

Rachel Therrien - trompette et compositions
Benjamin Deschamps - sax
Charles Trudel - piano
Simon Page - basse
Alain Bourgeois - batterie

http://racheltherrien.com/

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Ethan Cohn - Plastic Waste

10 août 2017

En ce début du mois d’août, le petit monde du jazz de Montréal et du QC fourmille de nouveautés. Plutôt que d’attendre la rentrée officielle, le jeune bassiste et compositeur Ethan Cohn a décidé de se lancer dans l’arène avant tout le monde. Sans être une surprise, disons que ce premier envoi est plein comme œuf, avec pas loin de douze musiciens, musiciennes et chanteuses. Comme souvent c'est le cas, les standards ont été occultés et nous naviguons à travers 7 plages originales. Donc, il faut bien commencer par quelque chose et trouvez certains repères.

Pour le guitariste Matt Schultz, j’ai immédiatement songé au pilier John Scofield, tandis que, les deux saxophonistes Chris Edmondson et Claire Devin trouvent leur inspiration chez Coltrane (on ne se refait pas!). De Ethan Cohn, son jeu à la basse relève plus de celui d’un guitariste rock que d’un Jaco Pastorius. Dans l’ensemble, tout se tient et les pistes suggèrent plusieurs parcelles d’originalité, avec le sentiment que ce travail sonne parfois un peu académique.

Il faudrait dire un jour à ces jeunes gens, sans vouloir passer pour un vieux crouton, qu’un peu de swing ne fait jamais de mal. À contrario et pour se faire l’avocat du diable, les sonorités proches aussi de ce que peut faire le pianiste Robert Glasper vont certainement attirer une clientèle qui aime le mélange des genres. Résumons. C’est une bonne première avec une écriture fouillée, qui donne foi en l’avenir.

Ligo / Da Vinci Virtual / Corner of My Eye / Native Son / Marifa / The Morning After / Sail Away

Ethan Cohn : basse, guitare, voix et compositions / Chris Edmondson : sax alto
Claire Devlin : sax tenor / Matt Schultz : guitare
Will Kjeer : piano / John Buck : batterie
Sarah Rossy : voix / Roman Munoz-Bueno : guitare
Daniel Arthur : piano / Eric Maillet : batterie

https://ethancohn.bandcamp.com/album/plastic-waste


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Fuat Tuaç - Late Bloomer

27 juillet 2017

En recevant cette nouveauté, je pensais que les crooners avaient disparu, bien non! Habitué du Upstairs, Fuat Tuaç offre un condensé de plusieurs standards sans grand orchestre, qui évoque une période révolue…pour l’instant. En français, en anglais et en italien, il explore donc plusieurs immortels, et c’est loin d’être désagréable. Pour ceux et celles d’entre vous qui voudraient encourager un artiste de la scène montréalaise, avant de passer aux piliers que furent Frank Sinatra, Mel Torme, Ella Fitzgerald ou Julie London, l’occasion est toute trouvée. Soyons honnêtes, il n’a pas la voix suave de Mel Tormé, ni la phrasé légendaire de Frank Sinatra, mais avec un peu de travail, il pourra raisonnablement défendre sa parcelle de terrain dans pas trop longtemps.

Avec le pianiste Paul Schrofel, le contrebassiste Karl Suprenant et le batteur Rich Irwin, Fuat Tuaç déploie dans un style tout cabaret, les compositions du Great Americain Songbook. De jolies réussites il y a, en commençant par Estate en italien, Que reste-t-il de nos amours ?, Outra Vez ou Never Let Me Go. S’il peut juste baisser un peu le ton de sa voix, moins allez chercher les aigus, ce jeune homme gagnera en finesse, ainsi qu’en intensité. Pour une première, c’est déjà beaucoup.

Lancement le 23 août au Upstairs.


fuattuac.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Sam Kirmayer - Opening Statement

13 juillet 2017

Avec le soleil qui refuse obstinément de montrer convenablement le bout de son nez, restons au chaud en attendant mieux. Si vous aimez la guitare, cette petite nouveauté vous conviendra parfaitement, en compagnie d’un livre et pourquoi pas, d’un mojito bien frappé. Ne connaissant pas le guitariste Sam Kirmayer c’est avec un grand plaisir que je découvre un honnête artisan qui n’essaie pas de nous en mettre plein les oreilles. Entre Jim Hall et Joe Pass, ce qui est déjà beaucoup,  cette nouveauté fleure bon le classicisme, sans toutefois tomber dans la musique légère.

Soliste intelligent, parfois nourri de quelques accents blues - la matrice du jazz ne l’oublions pas - Sam Kirmayer sculpte les mélodies, improvise subtilement For All We Know et bien entendu, la pièce titre : Opening Statement, composition du regretté Booker Little. Nous retiendrons aussi l’unité avec ses musiciens, dont le très fin pianiste Sean Fyfe qui évoque parfois Jess Stacy, le batteur Dave Laing et le contrebassiste Mike De Masi. Jamais rigide dans son approche, il cultive un peu la complexité et se fait chatoyant avec le matériel harmonique, surtout dans ses compositions telles : One Fort Pete et Jiro’s Dream. Du très beau travail qui s’écoute doucement, juste pour savourer le plaisir.

samkirmayer.com


Vous pouvez voir et entendre Sam au St-Henri jams sessions du Pub Epoxy tous les dimanches soirs.

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Lucioles - Théâtre magique

29 juin 2017

Pour sortir un peu, et même beaucoup, des sentiers battus, faites confiance au pianiste Guillaume Martineau. Celui qui fut Révélation Jazz 2015-2016  lors du concours de Radio-Canada, s’est lancé dans une drôle d’aventure. Comme son titre l’indique, c’est bien un théâtre magique, exploratoire à mi-chemin entre des particules de jazz, de la musique traditionnelle et quelques envoutements. Vous pourrez découvrir le tout, mardi 4 juillet à l’Astral pendant le Festival International de Jazz de Montréal et ce, avec dix musiciens, mais voici nos premières impressions.

Sous le format de dix plages originales avec des titres aussi poétiques que : Exode, Prélude rustique, Chemin du retour ou Garde-fou, nous sommes en présence d’un concept ou plutôt d’un « travail en devenir  ». Puisant autant dans la culture d’ici, que le jazz et ses formes plus ou moins avant-gardistes, le résultat est surprenant, parfois déroutant. Pour arriver à ses fins, l’ami Martineau, toujours aussi solide s’est entouré d’une très solide équipe.

À la batterie et scie musicale, nous retrouvons Robbie Kuster, François Jalbert aux guitares synthétiseurs, Simon Pagé à la contrebasse, basse électrique et theremin (!), ainsi que Érika Angel et Mélanie Bélair qui signent les arrangements pour cordes. Vous comprendrez qu’avec autant de monde et d’instruments, le concept saisit beaucoup de choses et fait naître des atmosphères, sans tomber dans la mouvance ésotérique. Il sera très intéressant d’entendre cette nouveauté en concert pour voir comment le tout va se traduire...affaire à suivre!

guillaumemartineau.com

Pour voir notre vidéo de Garde-fou en formule quartet, capté au Quai des brumes le 5 juin, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Janis Steprans Quintet - Ajivtal

15 juin 2017

Cela fait plus de 25 ans que je suis la carrière du saxophoniste alto Janis Steprans. Pupitre essentiel du grand orchestre de Vic Vogel à une époque, cet interprète qui peut jouer dans tous les styles est un trésor bien gardé. Au-delà des modes et du passage du temps, son style toujours en finesse signifie une approche du jazz qui devrait satisfaire le plus grand nombre. Pour ce Ajivtal qui fait référence au pays de ses ancêtres, les neuf plages ci-présentes sont autant de pépites qu’une certaine leçon autour de la note bleue.

Écoutons pour se faire l’oreille Shades of White, tout en finesse, l’homme exprime des sentiments à travers un jeu fluide et fortement nuancé. Le sachant altiste, nous le découvrons, saxophoniste soprano avec des intonations Coltrane dans Luna’s Tune, qui là encore, reste un joli modèle de travail. Il fait dire que Janis sait s’entourer, avec le pianiste Geoff Lapp, le contrebassiste Adrian Vedady, les batteurs André White/Kenton Mail et le surprenant guitariste Gabriel Hamel.

Maitre des ballades, Chambre No. 5 est un canevas parfait pour exprimer dans différentes tonalités tout ce que peut faire un saxophoniste dont la science de la note juste tombe à point. Sans toutefois tomber dans la musique du monde, Suite de thèmes lettons est aussi un bel exercice à l’alto qui offre des phrases concises, plutôt que des discours verbeux. Nous vous le répétons, c’est du très beau!


janisstreprans.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Gentiane MG Trio - Eternal Cycle

1 juin 2017

Avec la saison des festivals qui approche, les sorties de disques suivent le courant. Sortant de l’Université McGill avec une maitrise dans sa poche, la pianiste Gentiane MG fait son entrée sur la scène montréalaise avec un premier disque, Eternal Cycle. Après avoir tourné avec Jim Doxas, Frank Lozano et Dave Laing, elle nous invite à découvrir une partie de sa pensée musicale. En 8 plages solides, marquées par un fort sentiment intérieur, et c’est du sérieux, elle distille un jazz pensif. À mille lieues d’un Ahmad Jamal et encore plus d’Erroll Garner, son approche tout en douceur fait aussi une large part à l’art du trio. Ce jazz intimiste qui demande une attention soutenue se caractérise par d’élégantes lignes mélodiques, le tout en fusion avec ses complices : le contrebassiste Levi Dover et le batteur Louis-Vincent Hamel.

Un peu dans l’esprit de ce que réalise le pianiste Jérôme Beaulieu, ainsi que cette note bleue qui vient de Suède, la dynamique se trouve dans les interstices. Creusant le sillon, approfondissant parfois les dissonances, sans toutefois lorgner du côté de Monk, elle offre une vision singulière qui n’est toutefois pas la mienne. Si je reconnais le travail accompli parfois un peu scolaire, l’absence de swing (et ne parlons pas de temps anciens) nuit à l’écoute qui s’avère linéaire.

Gentiane MG Trio présente trois concerts de lancement pour Eternal Cycle.

Vendredi le 2 juin 20h30 au Conservatoire de musique du Saguenay (Chicoutimi)
Jeudi le 8 juin 20h au Upstairs (Montreal)
Mercredi le 14 juin 20h au Maelstrom Saint-Roch (Québec)

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Steve Amirault - Hold On, Let Go

18 mai 2017

Bien connu du public montréalais et surtout du monde du jazz, le pianiste/chanteur Steve Amirault - parti à Toronto depuis deux ans - a plus d’un tour dans son sac . Avec ce Hold On, Let Go qui évoque certainement le temps jadis, nous entrons de plain-pied dans le monde des standards qui ont fait cette époque. Est-ce l’âge ou l’époque qui invite l’ami Amirault à revisiter Moon River, Embraceable You, et Lullaby Of Birdland ? Peut-être pas, puisque si nous lisons attentivement les notes du livret, la figure de sa mère se cache dans Just Believe

Dans une certaine mesure, le pianiste/chanteur a choisi la voie de la simplicité, pour exprimer des sentiments, mais aussi croyons-nous, pour rendre hommage à certaines pièces qui sont devenues des socles pour tous les musiciens. Si la chaleur peut enfin arriver et que l’envie de tendresse/volupté vous prends, courez chez votre disquaire ou commandez directement ce petit bijou sur steveamirault.com

Lentement mais sûrement, il faut à tout prix prendre son temps, car nous pénétrons dans l’univers de Steve Amirault. Mais oui, il sait nous charmer comme émouvoir avec What A Wonderful World, Embraceable You ou l’incontournable Lullaby Of Birdland qui fit les belles heures de la grande Sarah Vaughan. Connaissant à fond les trucs du métier, il joue sur les accords comme dans All Of Me, tout en se faisant crooner de charme et de très bon goût. Oh, une autre surprise avec le Pennies From Heaven, qui nous rappelle à quel point les pianistes Art Tatum et Errol Garner furent essentiels . Je ne sais plus quel chanteur nous offrait le plus beau des voyages, mais avec Steve Amirault, la ballade est aussi réjouissante que nostalgique. Bravo !

steveamirault.bandcamp.com
steveamirault.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Jonathan Turgeon Trio et Frank Lozano - Les rêves errants

4 mai 2017

Encore une fois, nous ferons place à des petits nouveaux, et en l’occurrence, c’est le pianiste Jonathan Turgeon et son trio. Comme son premier, il signe un disque personnel avec huit plages originales qui mettent en vedette le très coltranien saxophoniste ténor Frank Lozano, en alternance. Si nous commençons par le maître des lieux qui s’avère un fin mélodiste, Les rêves errants vous donnera une très bonne idée ce que ce monsieur de la note bleue est capable. Jonathan Turgeon trace de superbes lignes mélodiques qui renouent avec l’esprit Bill Evans, on n’y coupe pas, tandis que le contrebassiste évoque chez votre chroniqueur le grand Elliot Zigmund, tout en finesse et en douceur.

Connaissant de çi et là le saxophoniste Frank Lozano à travers divers enregistrements, il faut convenir que cette nouveauté est une très bonne carte de visite pour ce souffleur, qui bien qu’influencé par John Coltrane n’est pas très loin d’un autre grand, soit David Murray.  Au fil des plages, vous découvrirez et surtout entendrez l’esprit véloce qui se dégage de ses interventions, soutenu comme il le faut par l’ami Jonathan et ses complices Hugo Blouin à la basse et Jean-Philippe Godbout à la batterie.

Si la composition Métamorphose pt. 1 n’est pas la meilleure idée pour ouvrir cette nouveauté, il fait se rattraper avec Barrage qui démontre tout le talent de cette fine équipe. Les plages 6 - Le compteur et 7 - Silence radio qui sont de nouveau consacrées à l’art du pianiste et son trio nous font espérer le meilleur, sans que toutefois cela renouvelle le genre. Si, comme le veut le proverbe « dans les petits pots, les meilleurs onguents », eh bien, nous sommes servis.

Jonathan Turgeon, piano
Hugo Blouin
, basse
Jean-Philippe Godbout, batterie
Frank Lozano, sax tenor

Leur page bandcamp, c'est ici

www.jonathanturgeon.com

Ils seront en concert vendredi le 5 mai au Café Frida à Trois-Rivières, samedi le 13 mai La Petite Boite Noire à Sherbrooke et au Bar Ste-Angèle de Québec les 25-26 mai à Québec, pour en savoir plus, consultez notre calendrier Extérieur de Mtl ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Parc-X Trio - Dream

20 avril 2017

À l’heure où nous écrivons ces lignes, la jeune formation Parc-X Trio est en tournée européenne. Depuis ses débuts, nous suivons ce trio qui souffle dix bougies d’existence et un 7ième disque : Dream. Amoureux du jazz et des sonorités nouvelles sans toutefois aller à l’encontre d’une certaine tradition, Parc-X est à notre humble avis un trio revigorant qui fait le pont entre un certain classicisme et une modernité qui touche sans contredit un public plus jeune. Pour les avoir vus et entendus au moins quatre fois lors de différents festivals, le travail accompli est toujours à la hauteur, sans jamais tomber dans la veine commerciale et plus encore, le laisser-faire.

Avec Dream, le pianiste/claviériste Gabriel Vinuela, le contrebassiste Alex Lefaivre et le batteur Alain Bourgeois poursuivent donc cette quête, qui a des sonorités bien estivales. Est-ce l’utilisation du Fender Rhodes, les compositions chatoyantes ou l’alliance de ces trois artistes, mais toujours est-il que la réussite est une nouvelle fois au rendez-vous. On écoute avec attention et, hop, nous tombons sur NGU. Certes il y a des essences du style Chick Corea avec La Fiesta, mais nos trois garnements utilisent à plein l’art du trio. Sur le thème des questions-réponses, le batteur à la frappe athlétique dynamise les chatoyantes lignes de contrebasse, tandis que le claviériste survole tout en douceur les enchevêtrements harmoniques pour le moins rayonnants. À la plage 3, nous sautons à pieds joints dans un Swan Lake (Tchaïkovski) pour le moins rock métal, tandis que Dream, pièce phare, veut tout dire. Comme nous parlions d’été, Sun vous donnera des ailes et avec un peu d’oreille, et encore une fois, il est certain que Parc-X Trio a écouté La Fiesta de Chick. Il ne manque plus que les cuivres ! Voilà l’une des belles surprises de ce printemps.

Pour voir l'EPK du projet, c'est ici

http://parcxtrio.com/

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Félix Stüssi et Les Malcommodes invitent...

6 avril 2017

Les 24 et 25 septembre 2016 à la Chapelle Historique du Bon-Pasteur, le trio des gentils Malcommodes : Félix Stüssi, pianiste, Daniel Lessard, contrebassiste, et le batteur Pierre Tanguay avaient convié quelques amis. Cette invitation qu’il était difficile de refuser fut enregistrée pour crée cet album et le résultat est particulièrement surprenant. Fin pianiste dans la lignée de Bill Evans avec certaines intonations à la Erroll Garner, Félix Stüssi est aussi un fidèle compagnon de route qui cultive l’art du trio. Dans le cas présent, nous retrouvons ses valeureux corsaires et quelques amis, certainement parmi la fine fleur du jazz montréalais. Aux hanches, et à la flûte, ce sont les saxophonistes André Leroux et Jean Derome, au trombone, l’invité américain Ray Anderson (fabuleux personnage), le trompettiste Jacques Kuba Séguin et la chanteuse Sonia Johnson pour qui le scat et la verve de la grande Ella n’ont plus de secrets.

Pour cette rencontre, le maitre des lieux avait taillé sur mesure 11 plages revigorantes et toutes aussi différentes les unes que les autres. Comme dans le cas de bien des aventures musicales, il fallait laisser la chance au coureur, et chacun trouva une place de choix. Au cœur de cet écrin de messieurs, la chanteuse Sonia Johnson est virevoltante (Bley On!), fait usage d’un jazz en français qui se distingue (Debout au bout du Bout-du-Banc), ou se fait résolument bop swing (Don’t You Ever Give Up Playing Be-Bop!). Pour l’ascendance note bleue, Félix et ses comparses n’ont pas lésiné sur le temps et l’architecture des compositions. Lentement mais surement, vous allez céder, et taper du pied avec la pièce introductive Fore-Bley, admirer l’aisance du flûtiste Jean Derome et tout l’art du  tromboniste Ray Anderson, maitre incontesté du « plunger  ». Souhaitons de tout cœur les entendre lors d’un Festival près de chez nous !

Pour voir l'EPK du projet, c'est ici

Pour voir Don't You Ever Give Up That Be-Bop, c'est ici

felixstussi.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Éric St-Jean - Résilience

23 mars 2017

Oh, que voilà une belle surprise, pour nous faire penser qu’un jour, le printemps va arriver. Inconnu dans mon livre, et pourtant, il a une longue feuille de route, le pianiste Éric St-Jean est un artisan avec un talent certain. Après 5 ans de durs labeurs, il fait son entrée sur la scène avec Résilience. Comme je ne l’ai jamais entendu, à moins que ma mémoire fasse défaut, cette nouveauté contient de précieuses pépites qu’il convient de déguster lentement. En six plages qui totalisent un peu plus de 40 minutes, il exprime autant son jeu pianistique que l’art du trio. Soutenu par de puissants complices au discours inventif, soit le batteur Martin Auguste et le contrebassiste Simon Pagé, la machine se rôde au quart de tour.

Entre le jeu un peu Bill Evans, un peu Keith Jarrett des beaux jours, songeons à Now He Sings, Now He Sobs (Blue Note), Éric St-Jean offre en plus un discours des plus personnels qui se traduit par six de ses compositions. Nous comprenons très bien qu’à travers Résilience, il raconte certainement l’histoire de sa vie et plus encore, celle de la vie de musicien. Avec Atterrissage qui ouvre la boite de pandore, nous sommes en face d’un style concret, virevoltant, appuyé par une solide main droite qui trace de superbes lignes mélodiques, tout cela en interaction avec des musiciens, et disons-le, les superbes lignes de basse de Simon Pagé. Bienvenue dans le spleen se passe de commentaires, puisque nous imaginons très bien les hauts et les bas d’une vie pas toujours facile, tandis qu’avec The Wheel, l’apport du Fender Rhodes apporte une petite touche qui évoque l’univers fusion des années 70. Vous aurez vite compris que cette nouveauté est un p’tit joyau, tout comme le pianiste.

Pour sa page Facebook, c'est ici

Pour voir Éric jouant Sunny, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Rémi Bolduc Jazz Ensemble - Swingin' With Oscar

9 mars 2017

Après son hommage bien senti au pianiste Dave Brubeck ainsi qu’à sa musique, le saxophoniste alto Rémi Bolduc revisite l’univers du géant canadien, le pianiste Oscar Peterson. Découvert par le puissant producteur américain Norman Granz en faisant une course dans un taxi à la fin des années 40, Oscar Peterson devint le pianiste maison de l’imposante compagnie de disques Verve. Après cette rencontre capitale, il côtoya pendant cinq décennies le gotha du jazz. Influencé par Erroll Garner, le petit gars de Saint-Henri représentait la quintessence d’un jazz stylé gorgé de swing, naviguant comme il le voulait entre le swing et le be-bop.

Connaissant Rémi Bolduc et son travail rigoriste quand vient le temps de se lancer dans un projet, l’affaire Peterson touchera sans contredit, un très large public. Chatoyante, d’une plage à l’autre, gorgée de swing comme dans les beaux jours (c’est l’aspect nostalgique du chroniqueur) cette nouveauté a de beaux jours devant elle. Entouré d’une solide équipe qui comprend l’étonnant pianiste Taurey Butler, le contrebassiste Fraser Hollins, le batteur Dave Laing, et la saxophoniste ténor Chantal de Villiers pour une plage, soit The Count, la machine est particulièrement bien rodée. À go, nous sommes partis pour un voyage au pays d’Oscar où les standards sont légion. Plus «  Parkérien  »  que jamais, l’ami Bolduc nous offre un beau jam session comme dans les années 50, où nous sentons que les musiciens en terre de connaissance ont un réel plaisir à partager ces matériaux qui ont véritablement passé la barrière du temps. Sans copier, mais avec un véritable clin d’œil à ce maitre du piano, nous réécoutons avec un bonheur indéfinissable : Place St-Henri, The Touch Of Your Lips, Bossa Beguine, I’Ve Never Been In Love Before ou la méconnue Laurentide Waltz.

Si cette équipe passe près de chez vous, courez et personne ne regrettera sa soirée.

Et justement, ils seront en concert mercredi le 12 avril à la Maison de la culture de Gatineau.

Pour voir Riff Blues, c'est ici

remibolduc.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Bélanger & Bisson - Conversations

23 février 2017

Il y a bien longtemps et dans une autre vie, la chanteuse et pianiste Anne Bisson fut comédienne. Reconvertie dans le domaine du jazz, elle a bien réussi à tirer son épingle du jeu, voyageant sur tous les continents. Sur des modes qui oscillent entre la chanson, la musique d’atmosphère et le jazz bien entendu, elle nous offre ces Conversations avec le violoncelliste Vincent Bélanger, ainsi que sur certaines pièces, les contrebassistes Jean-Bertrand Carbou et Jacques Roy, la chanteuse Charlotte Bélanger et la harpiste Isabelle Corriveau. Comme nous sommes en face d’une multitude de sonorités et d’ambiances, il est bien difficile de catégoriser son approche. Loin du fourre-tout, puisque c’est très bien réalisé, nous entrons dans un monde qui touche bien évidemment un très large public.

Songeons un instant à la composition Fly Away aux accents populaires ou Rêverie sentimentale qui met en vedette la sonorité profonde du violoncelliste. Exploitant aussi la musique de chambre, nous trouvons au détour le Dédéthoven du pianiste et compositeur André Gagnon, ainsi que l’étrange Fantasia For Morel. Pour l’accent blues/funk, le très sympathique Wake Up viendra donner quelques couleurs à votre hiver. Au fil des plages, Anne Bisson se révèle être une vocaliste et pianiste agréable, avec de jolis accents swing et une influence majeure, l’univers de Michel Legrand.  Sans être une curiosité, Conversations vise plusieurs types de mélomanes sans vraiment arriver à séduire.

annebisson.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Carlos Jiménez Michel Héroux - Voices

9 février 2017

Cette nouveauté s’adresse à ceux et celles qui ne peuvent aller se dorer sous un palmier en ce début de février glacial. En tandem, nous retrouvons donc les guitaristes Carlos Jiménez et Michel Héroux, professeurs tous les deux, qui nous dévoilent, avec Voices, une partie de leur travail et surtout leur savoir-faire!  Si nous trouvons plusieurs accents jazz, nous conviendrons que ce nouvel opus se glissera plus facilement dans la catégorie musique latine et / ou du monde, un peu comme le firent à une époque le trio d’Al Di Meola, John McLaughlin et Paco de Lucia. Plus encore, les onze plages proposées sont un matériau pour ceux d’entre vous qui auraient l’idée d’avoir l’avis musical des maîtres en la question.

Sans prétention et avec beaucoup de douceur, nos artilleurs de luxe s’immiscent dans votre subconscient, vous faisant oublier un tant soit peu les rigueurs de l’hiver. Sans être un grand spécialiste de la guitare, on a aimé Voices, mais sans succomber aux charmes de ces œuvres au caractère exotique. Classique tout de même dans la facture, mais qui mérite toute notre attention. Dans un ordre indistinct, il faut saisir toutes les subtilités de Samba, Bobby, Waltz for Kenny ou la pièce introductive : Atravès do Tempo. Ces as de la corde nous donnent le sentiment de partir en voyage, et plus encore, ou faire le plein de ces rythmes que nous attendons peu, de ce côté-ci de l’Hémisphère nord.

Poir voir Blues For Jim filmé lors du lancement montréalais, c'est ici

www.carlosjimenezmusic.com

www.michelheroux.net

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Christine Jensen Ingrid Jensen - Infinitude

26 janvier 2017

Dans les notes introductives, le critique de jazz James Hale se réfère au sentiment de nordicité, cher au pianiste Glenn Gould. En un sens, il a parfaitement raison, puisque les sœurs Jensen : Christine Jensen, saxophoniste alto, et sa sœur Ingrid Jensen, trompettiste à part entière, sont héritières d’un jazz canadien qui va de Vancouver à Montréal, sans oublier New York. Faisant aussi hommage à quelques géants d’ici, dont le pianiste Paul Bley et le guitariste Sonny Greenwich, vous avez une très bonne idée de ce Infinitude, un disque consacré à la note bleue, avec tout cela que cela requiert de savoir-faire et de travail sur le long terme.

Pour injecter un peu plus de puissance évocatrice dans ces paysages sonores, les deux sœurs ont fait appel au guitariste Ben Monder, ainsi qu’au contrebassiste Fraser Hollins et au batteur John Wikan. Comme il est question de pôle parfois magnétique, Christine Jensen insuffle, surtout au soprano, des accents de modernité qui évoque sans contredit  Wayne Shorter.  Pour ce qui est de Ben Monder, disons tout de suite qu’il dialogue avec force, et que sa présence est loin d’être inutile. Prenant très souvent des accents rock, je songe immédiatement à Robert Fripp (King Crimson), l’alliance se fait de communes mesures. Ne lésinant pas sur les moyens, Ingrid trouve rapidement sa place avec des accents électrifiés, dans la lignée de Miles Davis, sans jamais sacrifier une tonalité assez envoutante, presque métaphorique. Pour faire une analogie sportive, nous pouvons affirmer que cette nouveauté doit être écoutée sur la longueur et jamais d’une oreille passive, puisque le travail proposé s’adresse quand même à des oreilles averties. Faisons le pari que nous les entendrons au FIJM.

Liste des pièces:

1 - Blue Yonder (C. Jensen)
2 - Swirlaround (C. Jensen)
3 - Echolalia (B. Monder)
4 - Octofolk (C. Jensen)
5 - Duo Space (I. Jensen)
6 - Old Time (K. Wheeler)
7 - Hopes Trail (I. Jensen)
8 - Trio - Garden Hour (C. Jensen)
9 - Margareta (C. Jensen)
10 - Dots And Braids (I. Jensen)

Mais entretemps, Infinitude sera lancé au Jazz Gallery de NY, vendredi le 17 février (19h30)

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Cerbère Jazz - Entêté

12 janvier 2017

En ces temps où la musique se dématérialise de plus en plus, et, où il très difficile d’émerger, de jeunes loups se lancent dans l’arène. Quand ce chroniqueur reçoit un mot gentil de la part d’une formation au nom prédestiné : Cerbère Jazz (gardien en mythologie grecque), il fait une écoute attentive. Composé de Mäiko Dubuc au piano, Rémi Morissette à la guitare, Christian Pamerleau à la batterie et Sébastien Pellerin à la contrebasse, ce jeune quartet lançait en octobre dernier Entêté. Comme assez souvent, il n’y a point de standards à l’horizon, mais bien 11 plages personnelles aux accents poétiques, finement jouées. Très Bill Evans dans l’âme, avec un soupçon d’Hank Jones, sans oublier le Chick Corea des beaux jours (Now He Sings, Now He Sobs).

C’est à notre humble avis le pianiste Maïko Dubuc qui remporte la palme, avec un jeu fluide et constant, sans jamais oublier ses comparses. f Son jeu, sans toutefois innover en matière harmonique, offre une sonorité brillante et un toucher bien à lui, comme nous pouvons le constater avec la pièce-phare Entêté, ainsi que dans Mouvement perpétuel. À bien y penser, nous trouvons aussi dans cette formation, une filiation avec le trio MISC, soit celui du pianiste Jérôme Beaulieu. Se reposant aussi sur ses accompagnateurs, les phrases respirent et témoignent de l’intelligence du propos.

Si l’art du trio fut souvent évalué, nous pouvons affirmer que ces quatre musiciens ont de beaux jours devant eux, pourvu que vous leur donniez votre appui, coup de pouce nécessaire à l’éclosion de nouveaux talents d’ici, précisons-le.

Et pourquoi pas le faire à leur prochain concert, dimanche le 29 janvier prochain à 15h @ Centre Culturel de Pointe-Claire, 176 Chemin du Bord-du-Lac  514-630-1220

www.cerberejazz.com



Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


Facebook Twitter Youtube