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JazzBulletin   -   jeudi 16 août 2018 au vendredi 31 août 2018

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Étant donné que sortiesJAZZnights.com est consacré au millieu du jazz du Québec, nous nous concentrons sur les CD jazz d'artistes du Québec ou qui sont présents sur la scène du jazz au Québec sans toutefois exclure les artistes internationaux.


Les commentaires de Christophe Rodriguez sont indépendants de la rédaction et n'ont pas de lien avec les activités commerciales entre l'artiste et sortiesJAZZnights.com.

Pour communiquer directement avec Christophe : rod.chris@hotmail.com
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 Alex Lefaivre - YUL

9 août 2018

Mardi le 14 août prochain au Dièse Onze dans le cadre d’un joyeux 6 à 8, le jeune bassiste et contrebassiste Alex Lefaivre, fondateur du Parc X Trio, nous convie au lancement de son nouveau disque YUL. Comme son titre l’indique (YUL est le code de l'aéroport de Mtl), c’est une invitation au voyage non pas dans des contrées lointaines, mais bien au cœur de Montréal. Dans la petite missive écrite à la main qui accompagnait cette nouveauté, l’instrumentiste nous mentionne que «  YUL puise son inspiration dans la ville où j’ai grandi, et où je choisis encore de vivre. J’ai passé plusieurs années à marcher dans ses sentiers, à voyager dans ses métros et autobus, à rechercher ma muse dans ses places publiques et des recoins ».

Si YUL ne porte pas les noms de rues ou d’emplacements, nous reconnaitrons dans ce travail plusieurs aspects de la vie montréalaise. Autour de compositions très personnelles, dont les titres relèvent parfois du cinéma : Halloween (une reprise de la trame sonore du film de John Carpenter) ou de romans policiers tels The Juggernaut ainsi que Nostalgia, Alex Lefaivre tisse une très belle toile sur fond de modernité. Accompagné du batteur Mark Nelson, du guitariste Nicolas Ferron et du saxophoniste alto Erik Hove, Alex Lefaivre distille au fil des plages, une poésie urbaine, tout comme la sonorité du quartet. À travers ce que nous qualifierons d’entente parfaite, Alex Lefaivre et des complices tracent de très belles lignes mélodiques, résolument dans l’air du temps. Ce langage commun qui se démarque d’une écriture de studio vous permettra de découvrir le talent d’un compositeur, ainsi que d’un bassiste qui sait très bien faire passer le fil de ses émotions.

The Righteous / Halloween / Estelle / The Juggernaut / Nostalgia / Skyline / Cascade / YUL

Alex Lefaivre, basse et compositions
Erik Hove, sax alto
Nicolas Ferron, guitare
Mark Nelson, batterie

Pour voir deux teasers, c'est ici et ici

Pour voir la vidéo de Cascade, c'est ici

Pour l'écouter et acheter : iTunes, Google, Amazon

Lancement YUL : Mardi le 14 août 19h @ Dièse Onze

Le lancement du 14 août sur FB, c'est ici

Alex Lefaivre sur FB, c'est ici

alexlefaivre.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Rémi-Jean LeBlanc - Déductions

26 juillet 2018

D’un bout à l’autre de Montréal, choisissez la boite de jazz que vous voulez et d’un accompagnement à un autre, il est certain que vous allez croiser la route du jeune contrebassiste Rémi-Jean LeBlanc. Parmi les nouvelles «  étoiles  » qui donnent à la note bleue d’ici, du poids et des arguments, nous pouvons assurément compter sur cet instrumentiste talentueux. Comme nous l’avons raté lors de son récent passage au Festival International de Jazz de Montréal, il est toujours temps de se rattraper. Pour ce nouvel album qui offre une palette très large de ce que peut concevoir et faire le contrebassiste, nous retrouvons à ses côtés, le brillant pianiste Rafael Zaldivar, le batteur Samuel Joly et le guitariste américain Nir Felder. En dix compositions tout à fait personnelles, encore une fois les standards sont évacués, et nous le regrettons un peu, Déductions s’avère une nouveauté protéiforme qui invite à la découverte, sans trop vouloir copier les prédécesseurs.

Au fil des plages, nous faisons connaissance avec des univers qui évoquent parfois Weather Report, le travail du guitariste John Scofield et cette  ambiance toute naturelle, à passer d’un monde à l’autre, tout en restant dans un modernisme de bon ton. Comme il n’est pas dans mes habitudes d’écouter un disque en commençant automatiquement avec la première plage, j’ai ouvert le bal avec le très joyeux et funky Guidoue, suivi de Talk Loud Not Soft et le très beau Shanghai. Avec ces trois premières écoutes soutenues , le ton était donné pour notre plus grand plaisir. Le propos est audacieux, soutenu par une approche collective qui multiplie la diversité des timbres et de l’inspiration du moment, où presque. À travers ses progressions d’échanges, Rémi-Jean LeBlanc évite le piège de la copie et fait preuve d’un réel talent de compositeur et maître du jeu d’ensemble.

Miniature no. 1 / Chanson pour cj / Déductions / Guidoue / Talk Loud Not Soft / Miniature no. 2 / Shanghai / You Do You /
Music Will Always Be Your Friend / Miniature no. 3

Rémi-Jean LeBlanc, basse
Nir Felder
, guitare
Rafael Zaldivar
, piano
Samuel Joly
, batterie

Pour voir notre vidéo de Guidoue captée au FIJM, c'est ici

Pour l'acheter : iTunes, Spotify, MusicMe

Rémi-Jean LeBlanc sur FB, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Alex Francoeur Group - Missing Element / Live at Upstairs

12 juillet 2018

Comme le disait si bien un philosophe bien connu : « le jazz, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place ». Dans cet état d’esprit, le saxophoniste ténor montréalais Alex Francoeur a choisi le Upstairs de rue Mackay comme lieu d’enregistrement de cette nouveauté qui sied parfaitement à cet endroit. Pour ce Missing Element, il a convié la pianiste Gentiane MG, le contrebassiste Levi Dover, le batteur Louis-Vincent Hamel, ainsi que le saxophoniste alto Chris Edmondson. Cette fine équipe qui articule son travail autour des compositions d’Alex Francoeur, soumet un jazz costaud, intelligent, parfois un peu trop près de la partition, mais c’est du bon comme disait si bien Lino Ventura dans Les tontons flingueurs.

Ne lésinant pas sur le temps, ni les chorus, tout un chacun trouve le moyen de s’exprimer, et plus encore, donner des couleurs à des pièces aussi poétiques que :  Tides, I Hear a Rhapsosy, Recovery ou Try. Comme toujours, et, parce qu’il y a absence de standards, un temps d’acclimatation s’impose et nous vous suggérons de commencer avec Tides, qui permet de saisir la symbiose qui unit les membres de cette formation. À deux voix, puisque les deux saxophonistes dialoguent, nous saisissons l’arrière-plan de travail et la synthèse musicale de la formation. Nous avons aussi accroché sur The Dirge qui met en vedette le saxophoniste Alex Francoeur et bien entendu, la pièce phare : Missing  Element. Voilà du beau travail.

Spark / The Dirge / Missing Element / Tides / I Hear a Rhapsody / Recovery / Xdf / Try / Spark - Reprise

Alex Francoeur, sax tenor
Chris Edmondson, sax alto
Gentiane MG, piano
Levi Dover, basse
Louis-Vincent Hamel, batterie

Pour en savoir plus : alexfrancoeur.com

Pour la vidéo de Tides, c'est ici

Alex Francoeur sur FB, c'est ici

Missing Element est disponible sur iTunes et Amazon

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Urban Science Brass Band - Live and Raw Vol 1.

21 juin 2018

Que voilà une nouveauté joyeuse et estivale. La plupart des festivaliers, surtout ceux du Festival International de Jazz de Montréal ont certainement déjà croisé et dansé au son du Urban Science Brass Band. Remontant aux origines du jazz, ainsi qu’aux bandas que l’on retrouve en Espagne et dans le sud de la France, cette équipe d'une douzaine de musiciens et danceurs sous la direction du saxophoniste Vincent Stephen-Ong plus 2 chanteurs/MC soutenus par quelques appareillages électroniques, connait bien la chanson pour reprendre une expression familière.

Si vous aimez le proverbe : comment faire du neuf, avec du vieux, et bien celui s’applique parfaitement à ce disque enregistré devant public un soir de 1ier janvier au Lion d'Or. Si c’est parfois « un peu tout croche » dans la prise de son, il serait bien malheureux de bouder son plaisir. Comme l’été s’installe avec son lot de réunions entre amis et autres BBQ bien arrosés, mais avec modération, il vous faudra danser!!! Tout est bon à consommer et musicalement, ces joyeux drilles tiennent la route. Si vous avez aimé Zebda avec Tomber la chemise, The Next Episode vous rappellera de bons souvenirs, tout comme Feels So Good qui n’a rien à voir avec la composition du bugliste Chuck Mangione . Sur cette lancée, nous trouverons le très funky No Problem, ainsi qu’une joyeuse reprise de Rapper’s Delight, pièce hautement festive.

Cette nouveauté très réussie ouvre avec beaucoup de clins d’œil et d’humour la saison des festivals!!!

Entendez les tous les jours au Festival International de Jazz de Montréal du 28 juin au 7 juillet @ 17h en mode déambulatoire, départ angle Sainte-Catherine et Saint-Urbain.

Intro / Humble / Rapper's Delight / No Problem / Get Ur Freak On / Bad and Boujee / The Message / Feels So Good
Alright / Crazy in Love / Pass the Courvoisier / The Next Episode / Apache

Urban Science Brass Band
Vincent Stephen-Ong (sax alto et chef d'orchestre)
K.O.F (MC)
Scynikal (MC)
Lex French (trompette)
Andy King (trompette)
Isaac Gesse (trompette)
Christopher Vincent (trombone)
Julie Richard (sousaphone)
T-Cup (batterie)
Anthony Pageot (batterie)
Krypto (dance)
Abnormal (dance)
mettant en vedette : Don Mescal (hôte)

Pour voir un échantillon vidéo, c'est ici

Pour la page Facebook, c'est ici

Pour en savoir plus : Urban Science Brass Band

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Gilles Bernard Quartet - Fréquence 119

7 juin 2018

Il n’y a pas qu’à Montréal que le jazz se défend. Du côté de Québec, les souffleurs et pianistes sont bien présents, comme le sympathique pianiste Gilles Bernard. Autour de cette Fréquence 119, la note bleue a du muscle et de l’imagination avec un quartet particulièrement bien rodé et plus qu’efficace. À la contrebasse, nous retrouvons Pierre Côté, à la batterie Louis-Vincent Hamel et au saxophone ténor, un inconnu pour votre signataire : Thiago Ferté. Pour évaluer le travail de nos hôtes, le pianiste Gilles Bernard nous a donné un espace-temps confortable qui se décline en 5 pièces toutes aussi inventives les unes que les autres.

Plus que l’art du trio, c’est un ménage à quatre qui se décline, avec un saxophoniste puissant qui me fait beaucoup penser dans son approche à notre ami André Leroux. Au cœur de cette nouveauté, nous retrouvons donc le pianiste Gilles Bernard qui insuffle beaucoup d’énergie, avec une approche multisensorielle et efficace et qui n’est pas sans rappeler Phineas Newborn ainsi que Jaki Byard. Comme toujours, les cinq plages proposées offrent une vision personnelle, poétique qui s’inscrit dans le courant actuel du jazz.

Saluons une fois de plus, le travail de composition et l’intensité du propos.

Le Cambrigor / Insertions / Constance / Requiem pour Colette / Via

www.gillesbernardjazz.com

Pour écouter Le Cambrigor sur YouTube, c'est ici

Voyez-les en concert de lancement  jeudi le 12 juillet au Théâtre Petit Champlain de Québec, pour en savoir plus, c'est ici

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Nouvelle R - Sénescence

24 mai 2018

Entre l’homme et la planète, quels liens tissons-nous ? À cette question métaphorique, et ce n’est pas la première fois en jazz, souvenons-nous des aventures de Sun Ra avec son Arkestra, le trio Nouvelle R essaie tant bien que mal de répondre à cette interrogation. Jamais spatial, et particulièrement intéressant, autant sur le fond que la forme, ce trio offre un jazz costaud qui oscille souvent entre des inflexions rock et certains passages vers la note bleue. Crée en 2015 le guitariste Sylvain St-Onge, le bassiste électrique Carl Mayotte et le batteur/percussionniste Olivier Bussières ouvrirent donc leurs horizons et, nous firent partager leurs interrogations.

Sans être une sonorité nouvelle, nous songeons entre autres à John Abercrombie, Pat Metheney et Stanley Jordan, les compositions s’adressent à un large public, sans jamais tomber dans la guimauve industrielle. Il faut bien entendu parler de textures, d’atmosphères et d’ambiance, soutenues par les chatoyantes lignes de basse de Carl Mayotte, certainement l’un des éléments clés de cette nouveauté. Même si nous sentons un peu le travail de studio, tout le reste est plus que passionnant. À ce trio soudé qui invite le poète en vous à imaginer un monde meilleur, nous ajouterons, que Le Pourquoi Du Comment, Alchimie Anamorphique et À Qui De Droit méritent vraiment le détour.

Alchimie Anamorphique / Sendionek Mastro / Absence / Asthénie / Fugitifs / À Qui De Droit / Le Pourquoi Du Comment / Nostalgie d’Été / Conjoncture Post - Apocalyptique

Nouvelle R sur Facebook, c'est ici

Pour écouter Sénescence, c'est ici

Voyez-les a leur concert de lancement montréalais mercredi le 30 mai 19h30 au Upstairs.

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Les Royal Pickles - Jouer dans l’trafic

10 mai 2018

On croyait le genre Dixieland disparu, mais non! Avec ce deuxième disque qui est tout sauf des reprises, l’imposante formation Les Royal Pickles (quel joli nom), ouvre en quelque sorte la saison estivale. Comme le titre l’indique, Jouer dans l’trafic signifie que nous devons quitter nos tablettes et autres écrans, pour aller nous dégourdir les jambes et danser. Si les programmateurs du Festival de jazz ont du flair, ils feraient bien de donner petit coup de pouce à cette équipe chaleureuse qui cultive l’humour et le swing.

Autour de la chanteuse et violoniste Mélisande Archambault, viennent se greffer 5 musiciens plus une pléthore d’instrumentistes invités. Faisant écho à la Fanfare Pourpour, Les Royal Pickles se font les poètes du quotidien avec des titres qui portent à sourire. De La femme à barbe à À contresens, et du très réel Quand les nids de poules auront des dents à Février ou Rhapsodie dans l'trafic, la musique est aussi présente que les textes. En plus de saisir comme il le faut tous les codes du Dixieland et/ou jazz dit de la Nouvelle-Orléans, ces joyeux drilles offre un disque ensoleillé, revigorant et « tripatif ».  

Février (Rhapsodie dans le trafic) / L'air d'un fou / Perdre le nord / Calcul d'itinéraire / Lévrier / La Somnambule / Une roue de secours / Quand les nids de poules auront des dents / Capharnaüm / Les bancs d'école / La femme à barbe / À contresens

Mélisande Archambault : chant, violon, chœurs, percussions
Alex Bouchard : trombone, claquettes, chœurs
Christian Leclerc : tuba, grosse caisse, thérémine, guimbarde, percussions, chœurs
Louis Levesque : chant, banjo, mandoline
Jeffrey Moseley : guitares électriques, lap steel, mandoline, résonateur
Aurélien Tomasi : saxophone ténor et soprano, clarinette, chœurs, claviers, percussions

Les Royal Pickles sur Facebook, c'est ici

Ils seront en concert samedi le 19 mai 21h30 au Baril Roulant de Val David.

Pour en savoir plus, écouter et acheter Jouer dans l'trafic :

www.royalpickles.com

https://lesroyalpickles.bandcamp.com/

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Lisa Lorenzino Quartet - Evocação (avec Carlos Jiménez)

26 avril 2018

Comme le soleil commence à pointer le bout de son nez et que nous rêvons ardemment aux terrasses ainsi qu’aux différents festivals de jazz et autres, Evocação tombe à point. Dans le cercle des musiciens montréalais, l’utilisation de la flûte traversière en tant qu’instrument premier est quasiment absente du paysage, exception faite de l’ami François Richard.

Professeure à l’Université Mc Gill depuis 9 ans, et originaire d’Edmonton, Lisa Lorenzino dirige donc son quartet de jazz avec un autre mandat, celui d’avoir fondé le Sommet de la flûte jazz à Montréal, avec les souffleurs et souffleuses Frank Lozano, Jennifer Bell et Dave Gossage. Pour ce « souffle estival », nous sommes en plein dans l’univers brésilien, un peu comme Obélix quand il tomba dans la marmite. Comme c’est un genre que nous côtoyons peu sous nos tropiques et pour cause, les références vont facilement se trouver, au Portugal et au Brésil sans oublier certaines architectures du saxophoniste ténor Stan Getz et du pianiste et chanteur Antonio Carlos Jobim. Sans être de la bossa-nova pure et dure, Lisa Lorenzino respecte les codes avec beaucoup d’acuité. Si la sonorité est moins «  ronde  » que celle du flûtiste François Richard, nous percevons beaucoup d’habileté, un sens du rythme impeccable qui se traduit bien évidemment, par une certaine joie de vivre.

En plus de sa formation qui inclut le bassiste Fraser Hollins et le batteur Greg Ritchie, elle a fait appel au guitariste Carlos Jiménez (Gente Humilde, Palhaço, Mingus Samba, Constance, Cine Baronesa), et au percussioniste Aquiles Melo (Baião Blues, Mingus Samba, O Ovo, Brasileirinho) qui apportent une touche à ce Evocação qu’il fait bon de découvrir.

Baião Blues / Gente Humilde / Samba Do Avião / Palhaço / Evocação / Mingus Samba / Anjinho / Constance / O Ovo / Cine Baronesa / Brasileirinho

Voyez la vidéo de Mingus Samba capté au Biddle's Jr. mercredi le 25 avril, ici

Obrigado!


Pour en savoir plus, écouter et acheter Evocação :


www.lisalorenzino.com


https://store.cdbaby.com

https://itunes.apple.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Dominique Fils-Aimé - Nameless

12 avril 2018

Demi-finaliste de La Voix et faisant partie de l’équipe du chanteur Pierre Lapointe, la chanteuse montréalaise Dominique Fils-Aimé vient de réussir un joli coup d’envoi avec ce Nameless. Après deux écoutes, nous pouvons d’ores et déjà considérer qu’il faudra compter avec elle dans les prochaines années, avec cette voix gorgée de soul qui ne sent pas le trafiqué. Puisant aux sources de la musique afro-américaine des années 60 et 70, sans toutefois vouloir faire revivre le genre, cette jeune dame a beaucoup de potentiel. Que vous aimiez Billie Holliday, les Staple Singers, les Supremes, tout cela avec plusieurs louches de modernité, bien le pari est gagné. Tout d’abord, retenons le grain de la voix juste assez puissante et sensuelle, la modulation, qui donne tout son cachet à chaque composition et bien entendu, l’esprit ou si vous préférez : avoir de l’âme.

Pour vous convaincre du bien-fondé de nos écrits jubilatoires, écoutez Rise. Trois minutes et quelques de bonheur tout simplement envoyé avec cette petite voix qui vient lentement vous chercher. Courageuse aussi, Dominique Fils-Aimé ouvre avec Strange Fruit, LA pièce si nous pouvons nous exprimer ainsi. De cet hymne au combat qui valut à la chanteuse Billie Holliday bien des problèmes, puisqu’elle dénonçait en termes voilés les lynchages, notre chanteuse se l’approprie tout en gardant le message, particulièrement direct et puissant. En fermeture, elle annonce le retour de Nina Simone avec l’incontournable Feeling Good. Là encore, nous sommes en mesure de découvrir l’intelligence de Dominique Fils-Aimé qui joue ce classique sur un mode a capella, qui déconstruit un peu la pièce, sans oblitérer toute l’essence du message.

Bravo!

Strange Fruit / Birds / Home / Sleepy / Nameless / Rise / Unstated / Feeling Good

Pour écouter Rise, c'est ici

Pour écouter l'EPK de Nameless, c'est ici

Pour écouter et acheter, www.domiofficial.com et bandcamp


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Rémi Bolduc Jazz Ensemble - Sax Zenith : Live at the Yardbird Suite

29 mars 2018

Il est difficile de ne pas aimer le saxophoniste alto Rémi Bolduc. En plus d’être professeur à plein temps à l'École de musique Schulich de l'Université McGill, il a multiplié au cours des dernières années de très beaux projets. Nous songeons à celui qui faisait un clin d’œil à notre enfance en reprenant des thèmes de séries télévisées (Cote d'écoute), et bien entendu, ses hommages bien sentis à Oscar Peterson (Swingin' with Oscar) et Dave Brubeck .

Ce pilier du jazz montréalais/québécois se retrouve cette fois-ci, à la tête d’une phalange de saxophonistes, et pas n’importe laquelle. Pour ce Sax Zenith enregistré devant public au Yardbird Suite d'Edmonton (son 10ième opus), il a recruté les meilleurs dont l’altiste P.J. Perry, les saxophonistes ténors Phil Dwyer, Kirk McDonald et Kelly Jefferson - sans oublier les fidèles Fraser Hollins à la basse et Dave Laing à la batterie - pour une nouveauté au potentiel imposant. Le philosophe Jean-Paul Sartre disait : «  Le jazz, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place ». Nous lui donnerons amplement raison, avec ce disque roboratif, gorgé de swing qui rappelle les belles années Blue Note. Suivant un canevas bien établi et autour de sept compositions originales, Rémi Bolduc et ses complices s’en donnent à cœur joie.  Dans un esprit très libre, mais pas free jazz, mais ou tout un chacun ne se limite pas à un simple chorus, la dynamique du groupe est un modèle de swing qui en réjouira plusieurs. Point n’est besoin d’être un passionné «  pointu » pour comprendre que le jazz se vit maintenant, comme dans The Mentor, Someone in Love et le très beau Sax Zenith.

Nous souhaitons ardemment qu’un festival de jazz ouvre sa scène à cette super équipe qui rend heureux. Entretemps vous pouvez voir le Rémi Bolduc Jazz Ensemble qui presenter Swingin' with Oscar au Centre culturel de Beloeil vendredi le 15 juin, pour savoir plus, c'est ici

Someone in Love / Clavardage / The Mentor / Salsa Saxophono / Sax Zenith / Things You Usual-Lee Are / The Revellers

Pour écouter et acheter, remibolduc.com et cdbaby

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Ensemble Gaudreault Turgeon - Jonctions

15 mars 2018

Avouons que nous sommes gâtés en ce moment. Après le disque magnifique du flûtiste François Richard, le tandem composé du guitariste Samuel Gaudreault et du pianiste Jonathan Turgeon se met lui aussi de la partie avec Jonctions. J’ai souvent reproché, au cours des dernières chroniques de CDJazz le manque de swing, l’apport abstrait des compositions aussi intelligentes soient-elles, mais tout droit sortie de l’usine universitaire, et bien dans le cas présent, la question ne se pose même pas. Ces deux jeunes musiciens en connaissent un long bout sur l’histoire du jazz, et nous retrouvons, en essence, le mélange des Jazz Messengers et du Modern Jazz Quartet.

Prenons pour exemple la pièce d’ouverture : La maison de verre. Le message passe bien, l’unité fait corps et toutes nos félicitations au soyeux contrebassiste Alex Le Blanc qui nous raconte une belle histoire. Tiens, si nous parlions du guitariste Samuel Gaudreault. Je suis certain que notre homme a écouté plus d’une fois Jim Hall et dans une moindre mesure, un autre géant : Joe Pass. Dans Novembre, il introduit avec une infinie douceur le thème, puis la communion se fait avec les autres membres du groupe. Au hasard des plages, vous allez entendre les trompettistes Lex French et Christopher Kerr-Barr, le saxophoniste Alex Dodier, toute la finesse du batteur Eric Maillet, sans oublier le pianiste Jonathan Turgeon, certainement l’un des plus brillants de cette jeune génération. Comme toujours, les standards sont absents, mais ne nous plaignons pas puisque nous découvrons des compositions conçues comme de fins mécanismes d’horlogerie tels : La forge, On verra, ou L’homme plante. Bravo.

La maison de verre / Novembre / Truyard pt.1 / Truyard pt.2 / L'homme plante / Pièce à géométrie variable / La forge / On verra /

Compositions : Samuel Gaudreault et Jonathan Turgeon

Pour écouter et acheter, ensemblegaudturg.bandcamp.com et iTunes

Jonctions
  sera lancé à Québec : mercredi le 28 mars @ 17h, au District St-Joseph, l'événement sur Facebook, c'est ici


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 François Richard Quartet - Libération

1 mars 2018

Ils ne sont pas légion dans le monde du jazz, les musiciens qui ont choisi la flûte traversière. Homme discret, mais oh, combien brillant, François Richard est en quelque sorte notre secret bien gardé. Improvisateur redoutable, compositeur aux idées parfois aventureuses, mais toujours avec un sens du travail bien fait et de l’exploration, son nouvel opus va dans ce sens-là. Comme toujours, Libération fait appel à des compositions personnelles, dont le maître mot est sans contredit le sens du swing. Parce que l’hiver est encore bien présent malgré le redoux, choisissez Winter Blues. Ah ça monsieur, c’est du jazz qui déménage avec ce petit battement qui met aussi en vedette le jeune pianiste Guillaume Martineau, la contrebassiste métronomique de Rémi-Jean LeBlanc et la pulsation du batteur Martin Auguste.

Au cœur  de ce blues hivernal, notre ami François Richard offre de belles envolées qui évoquent parfois Yussef Latteef et Frank Wess. Fin comme un renard, horloger de la note bleue, François Richard agence ses compositions comme un artisan de la plus belle heure. De la flûte alto et celles en do et en sol, tout étudiant devrait écouter attentivement les changements de ton ainsi que la finesse des architectures. Au sein de ce quartette, tout un chacun est libre de s’exprimer, de se renvoyer la balle, comme nous pouvons le constater dans : Dark Waltz, Libération, et De 7 à 8. C’est probablement l’un des plus beaux disques de cette jeune saison.

Ponctuation / Winter Blues / Libération / Une Tempête / De 7 à 8 / Dark Waltz / La Bossa à Casa Nova / Balade 2017

Pour écouter/acheter su iTunes, c'est ici

Pour en savoir plus, francoisrichard.net


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Suzi Silva - Fad'Azz

15 février 2018

En cette période où le manque de soleil se fait sentir, rien ne vaut la chaleur du fado combiné aux accents du jazz. Disons que pour une belle surprise, c’en est toute une. Ne connaissant pas la jeune chanteuse Suzi Silva, ce Fad’Azz vous aidera très certainement à passer ce qu’il reste d’hiver. Tout d’abord, ce qui nous frappe est la voix. Riche, avec beaucoup d’amplitude et juste ce qu’il faut de tendresse pour se laisser bercer par ces rythmes venus du continent européen, mais aussi avec des essences sud-américaines. Pour une fois, le choix des titres tombe sous le sens et la première pièce Fado Mestiço - Amanhã, donne le ton, et point de déception à l’horizon.

Au swing inhérent, nous rajouterons la qualité exceptionnelle des musiciens qui entourent cette jeune dame, en commençant par l’accordéoniste Sergiu Popa. Dans la veine du grand Richard Galliano, le jeu est souple et avec ce petit soupçon de légèreté qui donne des ailes aux paroles de ce fado, pas toujours triste. Parmi les compagnons de route, nous soulignerons le jeu à l’archet du contrebassiste Olivier Babaz et les petites touches rock du guitariste Ivan Garzon qui évoque parfois le jeu de Carlos Santana (O Meu Amor). Continuons sur notre lancée avec le pianiste Yannick Anctil qui offre plus qu’un accompagnement costaud. Et n'oublions pas Bruno Roy à la batterie/percussions, Liberto Medeiros à la guitare portugaise et Paulo Bottas au piano sur certaines pièces. Montréalaise bien établie, Suzi Silva offre aux montréalais un bien joli poème, mi-chanté, mi-dicté (Chanson pour une Ville) qui est une invitation à redécouvrir nos rues...une fois qu’elles seront déneigées !

Fado Mestiço - Amanhã / Ce coeur que je Garde - Fado Menor / Fado Tango Afro-Cubano / O Meu Amor Não Gosta de Fado
Chanson pour une Ville / Fleurs Silencieuses / Acreditar


Pour voir la vidéo de Fado Mestiço - Amanhã, c'est ici

Pour écouter et acheter : https://suzi-silva.bandcamp.com/album/fadazz

Pour en savoir plus : http://suzi-silva.com


Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Quatuor André Lachance - The Orange Challenge

1 février 2018

Au cours des derniers mois, il a été peu question de guitaristes, alors corrigons le tir. De Vancouver, mais originalement de Lévis, je découvre un artiste des cordes, André Lachance.  Sous le titre The Orange Challenge, nous sommes en présence d’un jazz très fusionnel, nettement inspiré par les expériences du grand Pat Metheney. Autour de rythmes parfois légers, mais jamais simples, André Lachance au centre du débat fait preuve d’un don certain pour les lignes mélodiques épurées, tout cela en symbiose avec les membres de son équipe.  S’il est question d’improvisation, parfois dans un univers clos (nous sentons le travail soigné des compositions), The Orange Challenge demande une écoute très attentive.

Marquant le pas, le batteur Joe Poole épaule de façon intelligente le claviériste et pianiste Brad Turner ainsi que le bassiste Chris Gestrin, qui n’est pas sans évoquer les effluves lointains du défunt groupe Genesis. En neuf plages, nous sommes en présence de contextes musicaux différents, tous marqués par l’empreinte du guitariste, bien que Claude (plage 4) - un hommage au regretté batteur Claude Ranger - nous rapporte non pas à Pat Metheny, mais bien à John McLaughlin dans Electric Guitarist. Malgré toutes les qualités du disque, je cherche encore ce petit moment qui nous fera vibrer, ce doux parfum de swing enlevant. La méthode, c’est une chose, mais faut-il encore faire battre le cœur.

Solstice / El Gecko's Dilemma / Pavane / Claude / Life Cycle / The Orange Challenge / Vert / Critter Wonderland / Saint-Laurent

Pour écouter et acheter : https://store.cdbaby.com/cd/quatuorandrelachance

Pour en savoir plus, andrelachance.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Min Rager - Train of Thought

18 janvier 2018

Si je connais bien le pianiste Josh Rager, avouons que je connais un peu moins sa femme, la pianiste Min Rager. Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, cette nouveauté tourne depuis une semaine dans mon lecteur, et c’est une belle surprise. Pour qui aime le jazz dynamique, soutenu, sans temps mort, l’occasion fait le larron pour ainsi dire. En huit plages et comme toujours avec des compositions originales, la jeune interprète tisse habilement la toile d’une note bleue, qui fait appel autant au passé qu’au présent.

Mais, il n’y a pas que cela. Si Min Rager est la cheville ouvrière de Train Of Thought qui ouvre avec force des méandres insoupçonnés, nous devons aussi souligner le travail du saxophoniste ténor Kenji Omae, ainsi que celui du contrebassiste Fraser Hollins et du batteur Dave Laing. En écoutant la piste 3, I Never Felt This Way, un très joli duo avec le saxophoniste, j’ai songé à un moment au tandem Kenny Barron/Stan Getz. Si le saxophoniste mord un peu plus dans la note, Min Rager par son approche articulée et sensible me fit inévitablement penser à Kenny Barron, que nous devons absolument redécouvrir.

Parlant de swing, cette nouveauté en regorge. Prenons au hasard, le Let’s Be Cool, un petit joyau ou la pianiste exprime tout son amour pour le blues, un peu comme Duke Jordan mais avec moins d’empreintes que Bobby Timmons, tandis que dans Say What You Mean, elle déroule avec élégance les potins de swing qui remonte aussi loin que Jess Stacy et Count Basie. Par ces temps où il fait parfois bon rester au coin du feu, trois belles ballades vous attendent. Vous aurez compris que nous sommes contents et, longue vie à cette brillante pianiste.

Train of Thought / Beautiful Journey / I Never Felt This Way / Say What You Mean / Dedicated to you / I Wish I Was There / Moonlight Dance / Let's Be Cool

Pour écouter et acheter : https://minragerquartet.bandcamp.com/releases

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


 Annie Dominique Quintet - Rue Langevin

4 janvier 2018

Saxophoniste ténor et parfois à la clarinette basse, la dame de jazz Annie Dominique offre un jazz singulier empreint de poésie toute montréalaise. Après un premier disque en 2015 intitulé Tout autour, elle fait paraître Rue Langevin, entourée d’une solide équipe de jeunes loups. Dans l’alignement de ce quintette, nous reconnaissons, le joueur de trombone Jean-Nicolas Trottier, le pianiste Jonathan Cayer, le contrebassiste Sébastien Pellerin et le batteur Alain Bourgeois. Avec cette nouveauté particulièrement «  tripative » comme disait si bien l’animateur Jacques Languirand, cette voix de femme qui s’inscrit dans le jazz montréalais est porteur d’espoir.

Faisant appel à des compositions originales, Annie Dominique développe un langage poétique qui n’est pas sans évoquer l’empreinte du défunt saxophoniste ténor Michael Brecker. Cultivant avec l’intelligence l’art de l’ensemble, elle donne libre cours sans que toutefois cela ne sombre dans la cacophonie, ni le compte-rendu scolaire. Au fil des plages, les poètes et autres voyageurs que nous sommes acclimatons notre oreille aux différentes harmonies qui émanent de Rue Langevin, telles la pièce phare Rue Langevin, Unami et Cinquième dimension. De la profondeur il y a, tout comme la recherche d’idées à travers la suite Yosémite. Sans prendre les plages une par une à bras le corps, Rue Langevin demande une écoute attentive et parfois soutenue. Nous voilà heureux alors encouragez cette jeune dame!

Rue Langevin / Cinquième dimension / Yosemite, Pt. 1 / Yosemite, Pt. 2 / Yosemite, Pt. 3 / Yosemite, Pt. 4 / Light Touch / Quelque part sur Mars / Umami

Elle sera en concert vendredi le 30 janvier 21h à la Casa del Popolo dans le cadre du Multiple Chord Music HIEMS Festival 2018

Pour écouter et acheter : https://itunes.apple.com/us/album/rue-langevin/id1271418205

Pour en savoir plus, anniedominique.com

Christophe Rodriguez est également chroniqueur/blogueur jazz, classique et livres au Journal de Montréal


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