Nous avons vu les 23 concerts de ces artistes, avec, dans certains cas, des entrevues et extraits vidéos à l'appui...
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Anat Cohen
Battle of The Bands
China Moses
Dee Dee Bridgewater
Diane Reeves Angélique Kidjo Lizz Wright
George Wein
Erik Truffaz
Harold López-Nussa Trio
Hugh Masekela
Jaga Jazzist
Jean-Pierre Zanella
Jeremy Pelt + Wired
Jill Barber
Kenny Werner au Upstairs
Paco De Lucia
Richard Galliano/Gonzalo Rubalcaba
Robert Plant
Sly Johnson
Sophie Hunger
Stéphane Belmondo
The Jacob Fred Jazz Odyssey
Time Capsule/Kenny Garrett
Trombone Shorty
![]() Robert Plant |
![]() Paco de Lucia |
![]() Battle of the Big Bands |
![]() Kenny Garrett |
![]() George Wein |
![]() Dave Holland/Kenny Barron |
![]() Trombone Shorty/Bootsy Collins |
![]() Stéphane Belmondo |
![]() Richard Galliano / Gonzalo Rubalcaba |
![]() Jean-Pierre Zanella |
![]() Grace Kelly/Phil Woods |
![]() Jill Barber |
![]() Sly Johnson |
![]() Anat Cohen |
![]() Dee Dee Bridgewater |
![]() The Jacob Fred Jazz Odyssey |
![]() Afrodizz |
![]() China Moses/Rafaël Lemmonier |
Erik Truffak Quartet (Gesù le 4 juillet)
J’étais installée, mon carnet de notes et stylo à la main, comme depuis le début du Festival, mais je n’ai quasiment rien écrit, je ne pouvais pas : j’étais occupée à recevoir la musique qui a enveloppé l’espace. Les yeux fermés, je flottais dans un autre univers...la musique des rêves. J’avais écouté l’album « In Between » à plusieurs reprises, mais jamais je n’aurais imaginé baigner paupières closes dans ce souffle de façon si profonde et si instantanée. Le Gesù est devenu une bulle de poésie nous protégeant du tumulte extérieur. Au fil du son, je sors de mes songes et prends mon carnet pour noter mes pièces préférées qui furent « In Between » et « Les gens du voyage ». « Let Me Go » et « Dirge » ont également été des moments poignants, amenant la chanteuse Sophie Hunger sur scène. Pendant le solo de Truffaz sur « Dirge », Hunger s’est mise face à lui, la tête et la poitrine levés vers le ciel comme pour recevoir l’esprit musical. Pardon, mais il faut dire qu’en jouant au Gesù, les métaphores religieuses sont allés bon train. Ce concert fut une gracieuse façon de clôturer le festival. Amen!
par Chrystelle Maechler
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Sophie Hunger « Juste vraie…» en ouverture d'Erik Truffak (Gesù le 4 juillet)
Dernière soirée au festival, j’étais au Gesù pour le concert d’Erik Truffaz avec en première partie Sophie Hunger. Je la connaissais peu et ne savais pas exactement à quoi m’attendre. Mais toutes mes considérations du genre « jazz ou pas » ont disparu, dès qu’elle a démarré, a capella, en suisse allemand. Elle a ensuite été rejointe par deux multi-instrumentistes. L’un alternant trombone, percussions sur carton, glockenspiel, voix et l’autre guitare, grosse caisse, voix et flûte traversière. Ensemble, ils ont créé cette atmosphère intime et à fleur de peau. Et certaines pièces m’ont émue aux larmes. Cette helvète, que ce soit au chant, au piano, à la guitare ou dans ces interventions, a l’air timide et humble. Sa musique tout comme sa voix est vulnérable et sensible, pourtant si pénétrante et si forte. Quand revient-elle à Montréal ? Une chanteuse belle, touchante et vraie.
par Chrystelle Maechler
China Moses « Bluesy China, on en redemande » (L'Astral le 3 juillet)
Robe sirène noire, foulard à la main, c’est en allure de « diva » que China Moses est apparue sur la scène de l’Astral. Tout en sourire, en anecdotes sur la vie de Dinah Washington, le public a pu découvrir sa belle voix grave empreinte de blues, un grain de voix qui se prête parfaitement au répertoire de la reine du blues Dinah. Celle qui déclarait hier soir que « le jazz, c’est la musique de la maman » (ndlr : Dee Dee Bridgewater) est plutôt pas mal dans ce genre, où toutes les subtilités de ses couleurs vocales nous ont été servies sur un plateau d’argent. Malgré une superbe interprétation des classiques de Dinah Washington, c’est sa composition « Dinah’s blues » qui est sortie du lot. J’y sentais une approche plus personnelle, intimiste, elle n’interprétait pas seulement, elle chantait avec abandon, intention et expression. Force est de constater que je ne suis pas la seule à y avoir réagi car le public a salué cette chanson dans un tonnerre d’applaudissements. Juste un bémol cependant, étant tombée en amour avec sa voix, je me serais souhaitée encore plus de chant, plus d’improvisation et moins d’anecdotes - une petite demande bien égoïste certes, mais une voix pareille, c’est tellement rare qu’on en n’a jamais assez !
par Chrystelle Maechler
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Jill Barber (Club Soda le 3 juillet)
Le Club Soda accueillait la chanteuse Jill Barber qui avec son dernier-né « Mischievous Moon » qui fait revivre les années 50/60. En un tour de main, de chant dirions-nous, cette jeune interprète a mis le public de son côté, sans trop de facéties. Épaulée par une solide équipe, elle a livré les secrets de l’amour d’une façon charmante qui évoquait Peggy Lee, James Bond et la série Mad Men. Il ne manquait plus que Don Draper!
par Christophe Rodriguez
Jean-Pierre Zanella (L'Astral le 3 juillet)
Il y avait du beau monde, dimanche le 3 juillet à l’Astral pour l’hommage au percussionniste américain Don Alias. Interprète de confiance : Miles Davis, ce n’est pas rien, Joni Mitchell, Michael Brecker, il a laissé une empreinte profonde dans le paysage montréalais, surtout auprès des percussionnistes. À la barre de ce « happening », le saxophoniste Jean-Pierre Zanella, prix Oscar-Peterson 2011 n’a pas fait mentir sa réputation. Solide dans l’interprétation, passant d’un style à l’autre avec une facilité déconcertante, il a en compagnie de ses collègues : Benoit Charest, guitare, Paul Brochu, batterie, Alain Labrosse, percussions, Gene Perla, basse électrique et compagnon de route de Don Alias dans Stoned Alliance, etc. Une heure solide, autre concert oblige, qui fit honneur à la puissance inventive des interprètes d’ici.
par Christophe Rodriguez
Jaga Jazzist - Ils sont fous ces norvégiens! (Club Soda le 1e juillet)
1er juillet, 23h - la file est longue à l’extérieur du Club Soda et la salle est pleine. On sent une effervescence, une impatience. Le public compte jeunes, vieux, hipsters et d’autres d’apparence plus conservatrices, buvant un verre, leurs yeux rivés vers la scène. Le fameux « warm festival welcome » est donc bien plus que chaleureux, lorsque le nonette monte sur scène, car Jaga Jazzist est attendu de pied ferme par les montréalais ou autres fans qui ont parcouru des centaines de kilomètres pour venir les voir. Il faut dire qu’ils n’ont pas foulé notre sol depuis 2004. Jaga Jazzist, c’est plus qu’un groupe, c’est un monde à part entière, une expérience sensorielle. Devant un mur tapissé de melons, de citrons et d’oranges, les neuf musiciens norvégiens unis par les liens sacrés de la musique, des hommes et de la technologie nous ont injecté une bonne dose d’électro. Une section de cuivres, une batterie, des musiciens multi-instrumentistes, ils sont difficiles à suivre, on pourrait jouer au quizz de qui joue quoi. Leur musique est rythmée, planante, fantaisiste, délurée, mais il s’agit bel et bien d’une affaire de précision technologique extrêmement bien dosée. Le public fut totalement électrisé par leur performance. « Ils sont fous ces norvégiens, mais ça fait du bien! »
par Chrystelle Maechler
The Jacob Fred Jazz Odyssey (JFJO) - une épopée (L'Astral le 1e juillet)
Ce quartet de jazz expérimental tout droit venu d’Oklahoma nous a conté en musique l’émeute raciale de Tulsa en 1921, un événement important de l’histoire des États-Unis qui fut longtemps occulté. Leur album Race Riot Suite sortira fin août 2011. Avec ce contexte historique en tête, les compositions n’en étaient que plus poignantes. La pièce « Grandfathers Gun » m’a tenu agrippée à mon siège : la nature même de la pièce combinée aux effets sur la guitare lapsteel a créé une tension psychologique digne des meilleurs thrillers : le climat était inquiétant, mais c’était du pur génie. La combinaison musicale est très riche, on sent l’influence de classique, de ragtime, de jazz, un côté « saloon » rejoignant un climat éthéré profond obtenu grâce à la lapsteel. Les deux dernières pièces étaient littéralement démentes, leur dramaturgie complexe associée à la vitesse de frappe du pianiste Brian Haas a atteint un degré de tension tel que j’ai cru à cinq reprises que c’était la fin du morceau. Et d’un coup, comme un BANG, une autre surprise musicale agit comme une bombe, ce jeu d’intensité a finalement atteint son paroxysme pour descendre de façon vertigineuse, me laissant haletante. JFJO, une épopée, un message musical et une mémoire de l’histoire pour ne pas oublier.
par Chrystelle Maechler
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Dee Dee Bridgewater - encore et toujours un bijou ! (Place des Arts le 1e juillet)
Arborant de longs cils dorés, une robe or et des chaussures à plateforme, c’est une Dee Dee d’une prestance extraordinaire qui a fait son apparition sur la scène du Théâtre Maisonneuve le 1er juillet. Une apparition tout en charisme et surtout en voix qui a démarré avec «Lady Sings the Blues » et a charmé le public lors de ces interventions pleines d’humour en anglais et, en français s.v.p.! Entourée de musiciens qui m’ont transporté dans l’époque des clubs de jazz enfumés, des hommes en complet et chapeau, d’un jazz qui a du « swag et du swing », elle a réussi sans conteste un bel hommage à Billie Holliday sans imitation, juste avec sa force d’interprétation unique et une joie, qui lui est si caractéristique. C’est dans un chuchotement voluptueux qu’elle a exécuté « My Mother’s Son in Law » flirtant avec à la fois avec contrebasse et contrebassiste. Et la cerise sur le gâteau fut son interprétation de la composition de Billie Holliday « God Bless the Child ». Dee Dee Bridgewater, c’est la personnification de l’élégance musicale décontractée en toute authenticité - un bijou !
par Chrystelle Maechler
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Gonzalo Rubalcaba Richard Galliano (Place des Arts le 1e juillet)
Plus qu’un concert, hier soir vendredi au Théâtre Maisonneuve, une véritable bénédiction. Dans un univers qui combinait certaines compositions d’Astor Piazolla, la nouvelle musette et quelques bribes de musique classique, l’accordéoniste Richard Galliano et le pianiste Gonzalo Rubalcaba ont livre une performance tout en simplicité, empreinte d’une franche camaraderie qui dépassait les frontières du jazz. Ce duo inédit, idée encore une fois du co-fondateur André Ménard, avait tout pour satisfaire les esprits curieux qui vouent une passion pour l’accordéon et le piano qui a trouvé un maitre en la présence d’un jeune pianiste qui allait au-déla de son travail habituel. Magistral.
par Christophe Rodriguez
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Jeremy Pelt et Wired (L'Astral le 30 juin)
Hier soir, jeudi 30 juin à l’Astral, nous attendions beaucoup du jeune trompettiste américain Jeremy Pelt. Parti avec de bonnes intentions, votre signataire a écouté religieusement ce jeune interprète qui tourne, avec plusieurs groupes. Loin du Live at Small’s et Men of Honor, avouons que le cocktail servi sentait le réchauffé. Dans un esprit très soixante-dix, Pelt a fait étalage d’une technique pas trop impressionnante (n’est pas Miles qui veut) et surtout d’un collage improvisé qui allait de Woody Shaw à Donald Byrd, sans toutefois en avoir l’émotion. Le trio, par contre, était à la hauteur, une chance pour nous. Seule bonne note, les ballades bien maitrisées, qui hélas ne rattrapaient vraiment le reste. Dommage.
par Christophe Rodriguez
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Kenny Werner (Upstairs le 28 et 29 juin)
Dans la quiétude du Upstairs (1254 Mackay), mardi soir le 28 juin, le pianiste Kenny Werner livrait les secrets d’un piano solo, oh combien méritoire. Ce géant du jazz (Archie Shepp, Charles Mingus, Michael Brecker), dont l’influence Bill Evans se fait immédiatement sentir ouvrait les portes de l’improvisation : Round Midnight, Balloons, etc) avec une intense maitrise. Une heure à écouter religieusement avant de partir pour un concert plus musclé du FIJM (Trombone Shorty).
par Christophe Rodriguez
Trombone Shorty (1e partie Bootsy Collins au Métropolis le 28 juin)
Dans un Métropolis presque surchauffé, le petit génie du trombone et de la trompette : Trombone Shorty ouvrait une soirée funk-rock, pas piquée des vers. Entouré de jeunes musiciens et sur un format qui oscillait entre le rock, appuyé par un puissant batteur et le funk; James Brown n’était pas bien loin, le « petit diablotin » a fait étalage d’une technique monstrueuse, mais aussi d’un sens du spectacle. Foi de signataire, l’année prochaine, il sera l’une des vedettes du grand spectacle extérieur.
par Christophe Rodriguez
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Stéphane Belmondo Quartet (Gesù le 27 juin)
À 22 h 30, dans l’intimité du Gesù, le trompettiste et bugliste Stéphane Belmondo faisait son entrée. Cette fine lame du cuivre qui a fréquenté toutes les grandes formations et les petites, avec son frère ou en tant que soliste a livré une performance remarquable. Techniquement impeccable, soudé dans le roc, ce concert valait amplement le détour. À la base : The Same As It Never Was Before, titre de son nouvel opus, ou se rejoignait : Kirk Lightsey, piano, Sylvain Romano, contrebasse et l’immense Billy Hart, batterie qui évoquait les années Philly Joe Jones/Elvin Jones. Entre le feu et la douceur, nous fûmes comblés.
par Christophe Rodriguez
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Hugh Masekela (Club Soda le 27 juin)
Il y avait comme une brise de bord de mer au Club Soda. Après quelques années d’absence, le trompettiste, chanteur et surtout bugliste Hugh Masekela (72 ans) faisait un retour attendu. Dans une salle bondée comme conquise, le toujours vert pilier d’un jazz sud-africain a livré la marchandise avec beaucoup d’humour, de la poésie qui couvrait le continent africain et une certaine forme de jazz dansant…qui avait quelquefois les allures d’un Club Med. À la musique cadencée et entrainante, notre esprit s’est égaré vers des souvenirs de Chuck Mangione, Gato Barbieri et la Côte d’Azur. Un concert parfait avec la température ambiante.
par Christophe Rodriguez
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George Wein (Prix Bruce-Lundvall 2011) et les Newport All Stars (Gesù le 26 juin)
Un monsieur de 85 ans, fondateur du premier de tout les festivals, le légendaire Newport, revenait pour recevoir entre autres, le prix Bruce-Lundvall. Au clin d’œil malicieux s’ajoutait un réel plaisir de jouer avec les Newport All Stars : Randy Brecker, trompette, Lew Tabackin, sax ténor, Howard Allen, guitare, Lewis Nash, batterie, Peter Washington, contrebasse et la jeune clarinettiste-saxophoniste Anet Cohen. Une réunion d’amis où les standards se ramassaient à la pelle : Chelsea Bridge, I Can’t Get Started, ‘S Wonderful. Du jazz toujours jeune et la recrue Anet Cohen, qui n’en revenait pas de jouer avec ces « monstres sacrés ». Le bonheur en somme.
par Christophe Rodriguez
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Time Capsule +Kenny Garrett : Hommage au saxophoniste montréalais Sayyd Abdul Al-Khabyyr (L'Astral le 26 juin)
À 18h, changement d’univers (après le Battle of the Bands!) avec le saxophoniste alto Kenny Garrett et le tromboniste Muhammad Abdul Al-Khabyr qui rendaient hommage à Sayyd Abdul Al-Khabyr, saxophoniste montréalais important qui fit les beaux jours du jazz montréalais. Du funk pur jus, musclé à souhait, jamais redondant et oh combien athlétique. Nous aurions aimé quelques mots sur cet hommage, réjouissons-nous de la qualité musicale des autres musiciens : Benoit Charest, guitare, Luc Beaugrand, claviers, Mathieu Cormier, basse et Abdul Al-Khabyr, batterie, redoutable et très Tony Williams dans l’âme. Une belle soirée.
par Christophe Rodriguez
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Battle of the Bands avec le Glenn Miller Orchestra et le Artie Shaw Orchestra (Place des Arts le 26 juin)
Il faut un début à tout. Après quatre ans d’existence, votre signataire a fait un retour dans le temps avec : Battle of the Bands, compétition amicale qui mettait en vedette les orchestres de Glenn Miller et Artie Shaw. Dans une salle Wilfrid-Pelletier comble, et pas uniquement, composées de « têtes grises », une autre époque du jazz, manière thé dansant, se déroulait devant nos yeux. L’atmosphère bon enfant était de rigueur, comme la qualité des instrumentistes qui interprétaient ces classiques : In The Mood, Stardust, Moonglow, Someone To Watch Over Me, de façon précise avec partitions originales. Du jazz bien coffré au swing irréprochable.
par Christophe Rodriguez
74, la version du soul de Sly Johnson ! (L'Astral le 26 juin)
Celui que j'avais découvert en tant que rappeur et beatboxer au sein du collectif français Saïan Supa Crew a une "voix" musicale qui vaut la peine d'être entendue. Car ses prouesses vocales sont phénoménales : à son chant soul, il intègre des samples de DJs, des scratchs, du rap (en français svp), des vibrations de sons en se frappant la poitrine, des effets de voix entrecoupés obtenus en faisant un balayage du micro devant sa bouche à intervalles réguliers. Alors lorsqu'il a chanté « I’m Calling You », appel ou non, il ne fait aucun doute que le public montréalais l’a entendu ! Cette première performance marque l’avènement musical d'un Sly Johnson qui a encore beaucoup à nous dire. See you soon soul brother!
par Chrystelle Maechler
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Anat Cohen « Let’s party! » (Gesù le 26 juin)
A peine montée sur scène, elle prend le micro, souriante et pétillante, et s’exclame « Let’s party !». Un soufflement plus tard et c’était… parti. Dès les premières secondes, elle ferme les yeux et danse avec son instrument. Dire qu’elle y a pris plaisir est un euphémisme! Elle est à la fois actrice principale en tant que leader du band et spectatrice enthousiaste de ses musiciens, criant des « wow » et des « yeah » comme une véritable supporter. Quant à son jeu de clarinette, c’est à mon tour de m’exclamer « Wow ». Anat Cohen en joue avec tellement de grâce et de légèreté qu’elle redonne du prestige à cet instrument délaissé par le jazz moderne. Son « Let’s party » du début a pris tout son sens avec « All Brothers » et « Searching » pour clôre la soirée sur une note joyeuse à l’image de cette musicienne éclatante. par Chrystelle Maechler
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L'Astral au pays des merveilles avec Harold López-Nussa (L'Astral le 25 juin)
Le pianiste cubain Harold López-Nussa entouré de Ruy Adrian López-Nussa à la batterie et de Felipe Cabrera à la contrebasse nous a offert de belles compositions qui stimulent l’imaginaire. La pièce phare de leur dernier album « El País de las Maravillas est propice au rêve. On ferme les yeux et on imagine la découverte, l’émerveillement, les peurs, les surprises. Cabrera chante la ligne du piano comme un hymne à l’imagination. Les notes du piano perlent comme des gouttes d’eau sur le sol. Et finalement, le voyage ultime intervient avec la dernière pièce : une déferlante de rythmes nous transportant dans un Cuba festif qui fait instantanément sourire. La réponse est immédiate : dès la dernière note, le public debout en réclame davantage.
Il était une fois… L’Astral transporté au « pays des merveilles ». A quand le prochain voyage ?
par Chrystelle Maechler
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Sing The Truth avec Diane Reeves, Angélique Kidjo et Lizz Wright (Place des Arts 25 juin)
Heureux festivaliers que nous sommes. Hier soir, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, les femmes comme leur histoire étaient à l’honneur avec trois grandes voix. Ce triplé qui avait de l’âme nous a livré plusieurs performances émouvantes, en soulignant le travail exceptionnel des grandes dames : Myrian Makeba, Odetta et Abbey Lincoln. S’il n’était facile de jouxter trois styles : Diane Reeves, jazz, Angelique Kidjo, voix d’Afrique et Lizz Wright, la plus jeune des trois est certainement la plus soul, le pari fut emporté haut la main. Du magnifique Both Sides (Joni Mitchell) à Bold Soul Sister, quelle puissance de feu, en passant par How I Got Over, Baby I Love You et l’explosif Saduva, la chaleur communicative des trois chanteuses a presque conjurée le mauvais temps.
par Christophe Rodriguez
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Le grand guitariste flamenco Paco De Lucia. en soirée d’ouverture (Place des Arts le 25 juin)
Pour la grande soirée d’ouverture du 32e FIJM, une salle Wilfrid-Pelletier comble avec le maître du flamenco : Paco De Lucia. Moments magiques, vous dites, plus que cela. Pour votre signataire qui a déjà entendu ces sonorités dans une Espagne alors sous le joug de Franco, cela ne nous rajeunit pas, les souvenirs affluaient comme l’intensité d’un art légendaire. Patron d'une musique qui se transmet de génération en génération, Paco ne faisait jamais d’esbroufe, s’en tenait à des solos précis et intenses, messieurs les guitaristes, à vos marques, le tout « enrobé » d’une équipe soudée qui a le métier chevillé au corps. À la fin d’un concert qui a duré deux heures et des poussières, nous avons traversé le temps avec un flamenco pur et dur, suivi de quelques échanges : guitare-harmonica (Antonio Serrano) et doublé plein cordes avec son neveu (Antonio Palomo), autre fine lame redoutable. Moment intense et plein de vigueur avec le danseur Antonio Montoya qui a certainement « donné » des frissons à la gent féminine bien présente. Un remarquable concert, intègre comme impétueux...
par Christophe Rodriguez
Rock'n'roll is here to stay and should it never die ! (Robert Plant à la Place des Arts vendredi le 24 juin)
Toute une préouverture, pour la 32e édition du Festival International de jazz de Montréal et une Saint-Jean qui sortait vraiment de l’ordinaire. En face du chroniqueur ébahi, Robert Plant, pilier du légendaire Led Zeppelin, voix fascinante et surtout incandescente qui a « enflammé » la salle Wilfrid-Pelletier. En vingt ans et des poussières, c’est la première fois que des effluves de substance « illicites » flottaient dans cette vénérable salle, pour un spectacle mémorable, trippatif comme dirait notre ami Languirand. Après avoir reçu avec une grande humilité le Montréal Jazz Spirit Award, l’ami Plant et son Band of Joy nous ont transportés sur les routes du Mississippi avec une incroyable puissance de feu, pour employer un terme militaire. Heureux comme des copains qui se retrouvaient pour une jam-session, The Band of Joy est composé d’une équipe de costauds qui savaient amplement donner le ton. Riffs électriques puissants, folk-blues de la plus belle heure et au milieu, Plant, rayonnant et utilisant son micro comme une « arme de séduction massive ». D’un Black Dog revisité à Angel Dance et de Falling In Love Again à Monkey ou The Only Sound That Matters, le bonheur était là!
Allélulia.
par Christophe Rodriguez






















