Yannick Rieu, MachiNations et autre chose que le jazz, Michael Jackson / Louis Cole, musique de films, ce qu’il aime le plus et le moins de la musique, le 17 octobre à l’Outremont, et plus…

Claude Thibault – J’ai lu qu’avec MachiNations tu voulais démontrer que le jazz ne tenais vraiment plus la route…

Yannick Rieu – Comme on m’a un peu catégorisé comme un jazzman « pur et dur » acoustique  – ça fait quand même quelques disques que j’ai fait qui sortent de ce cadre, comme Da-Li, Spectrum, même Non-Acoustic Project, etc, – mais sur MachiNations je vais encore plus loin dans tout ça. J’adore faire ça, c’est vraiment intéressant, j’avais la liberté totale d’utiliser les sons et les grooves que j’aime, une grande liberté.

Claude Thibault – Et comment t’est venu ce projet ?

Yannick Rieu – MachiNations a été enregistré dans 3 studios différents, le mien pour les 4 pièces solo, un autre pour transformer des pistes un peu particulières afin de transformer la batterie et la basse, car je voulais différent sons et un troisième pour les autre pièces. Sur l’album il y a des choses influencés par le cinema, comme Ennio Morricone, Coltrane bien sur, mais aussi par Michael Jackson et Louis Cole avec des grooves assez puissants et des synthés, mais il y a de la musique acoustique en trio. J’avais envie avec cet album de me sentir libre de toutes mes influences depuis que j’écoute de la musique, donc c’est très large.

Ça viens d’un projet solo que j’avais à l’origine, donc sur l’album il y 4 morceaux où c’est moi qui joue tout, c’est un projet que j’avais présenté seul au Musée des beaux-arts du Québec, avec les machines, les pédales et tout le tralala et j’ai pas trouvé super intéressant de jouer seul, même si j’étais bien entouré de plein d’affaires. J’ai donc pris ce projet-là en prenant ces morceaux, grosso modo, j’en avais d’autres aussi, en jouant avec des musiciens, en faisant de la musique ensemble, mais il y a quand même 4 morceaux sur l’album où je joue seul, enregistré dans mon studio du début à la fin, avec drums, pédales, saxophones transformés.

Claude Thibault – Et s’éloigner du jazz, c’était comment ?

Yannick Rieu – J’ai un peu de bouteille comme dit l’expression, ça fait une quarantaine d’années que je joue dans du « jazz » et j’avais des limites comment dire…psychologiques… que j’ai complètement éclaté. En bout de piste j’ai dit non à toutes ces barrières, et je fais ce que j’ai eu envie de faire. Comment ça va être reçu, je le sais pas, parce que comme je te dit il y a des influences de Michael Jackson et de Louis Cole, des sons et des grooves très puissants.

Claude Thibault – Mais toujours beaucoup de sax non ?

Yannick Rieu – Ah oui il y en en masse, mais des fois tu le sais pas que c’est un sax, comme le soprano qui sonne comme une guitare saturée. Je dirais qu’il y a plus de soprano que de tenor sur l’album.

Claude Thibault – Le titre MachiNations c’est pas nécessairement une référence a un complot machiavélique…

Yannick Rieu – Un p’ti peu. Sur la pochette j’ai une clé anglaise, il y avait une envie de déconstruire et de reconstruire la musique ce qui était ma démarche en studio. Même défaire des concepts que j’avais de ce que je pouvais et ne pouvais PAS faire. Là j’ai vraiment ouvert toute les portes, je fais ce que j’ai envie de faire et la seule limite est ce qui sera sur l’album. C’est plus un disque de compositeur, évidemment il y a du saxophone du début à la fin mais ça tourne pas autour du saxophone, ça tourne autour des influences diverses, la recherche dans les sons, les grooves, les atmosphères, avec beaucoup d’influences de musique de films.

Claude Thibault – Question « saxophoniste »…quels sont tes saxophones tenors et soprano…

Yannick Rieu – Mon tenor c’est un vieux Selmer des années 30 et le soprano c’est un modèle à mon nom et a ma signature qui a été fabriqué en Chine par une cie avec qui je collabore.

Claude Thibault – En écoutant Synthesis on est surpris par ce groove indescriptible…

Yannick Rieu – Encore une fois une influence de Louis Cole / Michael Jackson avec le saxophone transformé, les synthés, c’est une des pièces (Synthesis) que j’ai enregistré solo mais qu’on jouera pas le 17 octobre à l’Outremont. Avec aussi des influences de Weather Report / Joe Zawinul…des centaines d’heures de plaisir en studio.

Claude Thibault – Qu’est-ce que t’aimes le plus avec la musique ?

Yannick Rieu – La communication et le partage avec le public et les musiciens. Des fois je me demande c’est quoi ma contribution à la société, la société m’a beaucoup supporté, j’ai fait mes études au Conservatoire, j’ai eu beaucoup de support et d’aide des gens, j’ai reçu beaucoup comme avec les subventions, ben les subventions c’est le public qui paie des impots et moi je bénéficie de ça et je dois retourner quelque chose, pour moi c’est important et plus j’avance en âge plus je trouve ça important…donc partager avec le public, les musiciens et plus largement peut-être donner quelques minutes de bonheur, de satisfaction, de bien-être…en toute simplicité.

Claude Thibault – Qu’est-ce que tu aimes le moins de la musique ?

Yannick Rieu – Les gens qui se mettent devant la musique, c’est important pour moi que la musique soit au devant et c’est la raison pour laquelle je fait ça, c’est pas de l’auto-promotion pour moi, Yannick Rieu il viens après la musique et non le contraire.

Claude Thibault – Tu écoutes quoi comme musique ?

Yannick Rieu – A part la musique sur laquelle je travaille, pas grand chose. Mais aujourd’hui sur mon iPod il y avait Ahmad Jamal, une grande influence de Miles, qui utilises bien l’espace dans la musique, entre les notes, tout comme Miles qui jouait avec le silence par rapport au son.

Claude Thibault – En quelques mots comment décrirais-tu ce qui va se passer le 17 octobre à l’Outremont…

Yannick Rieu – Le concert va reprendre certains éléments de l’album mais pas tout, comme les 4 pièces solo de l’album que j’ai pas envie de faire avec le groupe. Certaines musiques vont être développés d’avantage, j’ai pris les éléments qui étaient les plus pertinents pour être joués en concert, j’ai aussi ajouté le percussioniste Philippe Beaudin (The Brooks) au band qui est Jérome Beaulieu au piano, François Jalbert à la guitare, Rémi-Jean LeBlanc à la basse et Kevin Warren à la batterie.

Claude Thibault – Merci Yannick !
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Pour écouter un extrait de Black Tree, c’est ici

Yannick Rieu lance MachiNations

Jeudi le 17 octobre 20h – pour l’événement sur Facebook

Yannick Rieu – sax tenor/soprano, compositions
Jérôme Beaulieu – piano
François Jalbert – guitare
Rémi-Jean LeBlanc – basse
Philippe Beaudin – percussions
Kevin Warren – batterie

Théâtre Outremont
1248 Bernard O
514-495-9444


Entrevue : Claude Thibault

 

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